« N’éteins pas la lumière » de Bernard Minier (Pocket) * glaçant

Pour la troisième fois, Bernard Minier met en scène le commissaire Martin Servaz, de la PJ de Toulouse. Avec les récentes enquêtes qu’il a menées (Glacé et Le Cercle), il est sans surprise psychologiquement affecté. Il a été placé dans un établissement de repos pour flics perturbés… En d’autres termes, il est tellement mal en point qu’il a besoin de prise en charge médicale et d’une surveillance (et ce même si elle émane d’un personnel plus ou moins sympathique et empathique !). Pour autant, on ne va pas contre sa nature, et sa récente notoriété acquise bien malgré lui dans les sordides affaires menées à bien les semaines et mois précédents. C’est pour cela que lorsqu’il reçoit une clé et des informations sur le lieu auquel elle correspond, et qu’il apprend qu’il y a un lien avec une affaire sordide remontant à une année, il ne peut résister à cette tentation de s’évader de ce quotidien pesant et sordide.

Parallèlement, Christine Steinmeyer, animatrice vedette d’une radio toulousaine et « fille de », voit sa vie lui échapper : depuis qu’elle a découvert dans sa boite aux lettres le soir de Noël un courrier qui ressemble bien à une lettre d’adieu, elle a mis le pied dans une spirale qui menace de la faire sombrer dans la folie. Disparition de son chien, découverte de médicaments dans ses affaires par son patron, infraction à son domicile, courriers électroniques et appels anonymes, … et si l’on ajoute à cela que son fiancé, effrayé par sa transformation, s’éloigne et semble avoir d’ores et déjà trouvé du réconfort ailleurs… Impossible pour elle de comprendre ce qui lui arrive, ce qui d’ailleurs est évidemment le but recherché. Ce n’est pourtant que le début : avec Bernard Minier, l’horreur n’est jamais loin et prend toujours des allures d’œuvre d’art.

Peut-être est-ce parce que nous commençons un peu à connaitre cet auteur à l’imagination dangereusement prolifique lorsqu’il s’agit d’infliger des tortures physiques et psychologiques à ses protagonistes, mais dès les premières pages, nous sommes assaillis par cette atmosphère si anxiogène qui nous avait déjà pris à la gorge dans ses précédents thrillers. La descente aux enfers de Christine fait tout à la fois peur et pitié, et nous nous demandons jusqu’où elle se poursuivra, et pourquoi. Lorsque l’horreur frappe à la porte de madame-tout-le-monde, elle est d’autant plus frappante et effrayante. Encore une fois, les personnages de Bernard Minier alternent entre résistance et abandon, entre résignation et combat, et petit à petit se confrontent au pire de ce que  l’homme peut imaginer et infliger à ses semblables. De quoi, encore une fois, regarder avec un œil ô combien suspicieux sur ces personnes tout à fait ordinaires qui gravitent autour de nous !

Âmes sensibles, s’abstenir de toute urgence. Un moment délectable et angoissant rare pour les autres, toujours servi par l’écriture imagée et précise de Bernard Minier, qui définitivement a trouvé sa place parmi les auteurs français à suivre absolument.

Sweetie

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