« 1, 2, 3, foulard » d’Eric Sanvoison (Gründ) – pour parler d’un jeu dangereux sans jugement et sans tabou

Charlotte est mal dans sa peau. Si ses parents adoptifs – enfin, ses parents, car elle ne fait pas la différence – sont adorables, présents et compréhensifs, son mal-être l’emprisonne. Et ce n’est pas son entrée au collège, avec son lot de stress, de challenges en termes d’apparences et d’appartenance et ses nouveaux codes qui va l’en libérer. Décidée à plaire à celui qui fait battre son cœur, elle va accepter, tout en sachant à quel point cela peut être dangereux, de se prêter au jeu des étoiles. Le but : une strangulation suffisamment prononcée pour faire perdre conscience et « décoller » et permettre de voyager dans les étoiles. En d’autres termes, le jeu du foulard, qui chaque année tue de nombreux jeunes, en laisse certains autres handicapés par de graves séquelles et qui pourtant continue à faire des adeptes.

Eric Savoisin, qui s’était notamment déjà fait connaitre avec Le Parloir, dans lequel il abordait le sujet très sensible de l’incarcération, revient cette fois pour parler, avec sensibilité et sans jugement, de cette « tendance » meurtrière qu’est ce jeu du foulard, et que sont plus généralement les jeux dangereux auxquels adhèrent les jeunes. Adeptes de sensations fortes, ils en oublient le danger et s’entrainent les uns les autres dans cette spirale infernale. Même les ados les mieux dans leur peau peuvent accepter de courir un tel risque uniquement pour ne pas être qualifiés de losers ou mis à l’écart. Eric Sanvoisin pose des motrs simples et forts sur les aspirations de cette ado qui cache à ses parents, pourtant aimants, à quel point elle met sa vie en danger pour côtoyer un garçon inconscient (ou pas d’ailleurs) des dangers qu’il fait courir à ses camarades. Sans apporter de solutions pour les proches, 1,2,3… Foulard permet de mettre le sujet sur la table, alors qu’il est souvent tabou. Il permet aussi de relancer le débat en prenant en considération aussi les motivations des adeptes de ce jeu : il ne s’agit pas de juger ni de condamner, mais bien de décrire avec objectivité les conséquences et risques de ce jeu. Peut-être aussi de leur fournir les arguments pour refuser d’y participer…

A nouveau, Eric Sanvoisin s’emploie par les mots et la littérature à apporter des réponses à ses jeunes lecteurs et à les confronter aux conséquences de leurs actes. Grandir n’est pas exempt de risques, et c’est souvent en étant conscient des conséquences de ses actes que l’on se préserve, et que l’on préserve ses amis. Une bien belle démarche que l’on ne peut que saluer et faire partager, pour que l’isolement et l’impression de solitude ne conduisent plus aux jeux dangereux, quels qu’ils soient.

Sweetie

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