« Le dernier pape » de Luis Miguel Rocha (Editions de l’Aube) – Une chronique en forme d’hommage

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Luis Miguel Rocha a malheureusement occupé récemment l’actualité, puisque la directrice de la collection Aube noire a annoncé fin mars son décès, alors qu’il n’avait pas 40 ans. Premier auteur portugais à avoir fait partie des meilleures ventes du NY Times, il a notamment récemment vu publier son best-seller Le dernier pape en France ainsi que dans une vingtaine d’autres pays. Une chronique que je commence donc par un hommage à un auteur fauché dans la fleur de l’âge.

  1. Sarah rentre du Portugal où vit sa famille. Elle adore les y rejoindre, mais quel n’est pas son plaisir également de regagner à chaque fois Londres et son appartement. Pourtant, ce soir-là, tout dérape : après avoir constaté que sa valise a été fouillée à l’aéroport, elle découvre un courrier bien étrange dans sa boite aux lettres sur lequel est mentionné le nom de son père. Quelques minutes après, son père l’exhorte à fuir tandis qu’un inconnu tente de forcer sa porte. C’est le début pour elle d’une course-poursuite à travers Londres dans un premier temps, puis bien plus large, dans laquelle elle est secondée par le très mystérieux Rafael (ou quel que soit le nom qu’il se donne auprès de ses différents interlocuteurs). Elle plonge alors dans un complot au cœur duquel se dresse l’Eglise dans toute sa complexité et sa lourdeur hiérarchique, mais aussi ses manipulations, ses complots, ses secrets. Journaliste, elle en perd tout de même ses mots : la voilà bouc-émissaire et poursuivie pour des meurtres qu’elle n’a pas commis, au nom d’une organisation douteuse et redoutable résolues à préserver des secrets auxquels sont mêles les plus grands noms de ce monde. Et des gouvernements parmi les plus influents.

Luis Miguel Rocha alterne tout à la fois les formes de narration et les époques, construisant une intrigue dense et complexe sans jamais l’alourdir. Sur le modèle d’une « voix off », il nous permet dans certains passages de prendre du recul et toute la hauteur nécessaire pour comprendre une intrigue basée sur des siècles de traditions ecclésiastique et de complots dans les couloirs du Vatican. Autant dire des méandres insondables pour la plupart d’entre nous mais que l’auteur nous dévoile de la façon la plus simple possible, mêlant faits historiques et fiction. Tout comme Sarah, nous sommes assaillis par la complexité de la tourmente dans laquelle elle est plongée, mais au contraire d’elle, nous sommes aussi passionnés par ce qui lui arrive : décryptage de codes secrets, découvertes de complots impliquant l’Eglise et des figures de la politique mondiale, plongée dans les arcannes du pouvoir, courses-poursuites, changement d’identité, fusillades, … . Tous les éléments du thriller sont là (même si la première de couverture annonce un polar !). Quoiqu’il en soit, ce texte est passionnant et démontre une maitrise du suspense incontestable. On se passionne pour les aventures de Sarah et on ne peut manquer de remarquer le talent de narrateur de Luis Miguel Rocha qui parvient à tisser une intrigue remarquablement complexe et pourtant claire : il a cherché à nous offrir un texte de qualité et une intrigue intelligente, et y est parfaitement parvenu.

Malgré le décès de l’auteur, les éditions de l’Aube ont annoncé que trois autres titres de Luis Miguel Rocha seront prochainement publiés : La Balle sainte, Le Mensonge sacré et La Fille du pape. Et nous serons là pour vous en parler, avec on l’espère tout autant d’enthousiasme et de plaisir que pour Le dernier Pape.

Sweetie

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