« Quelque part avant l’enfer » de Niko Tackian (Scrinéo) – premier roman français à découvrir

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Recommandé par Franck Thilliez, rien que ça ! Soit, pourquoi pas…  après tout, un premier roman français, ça mérite probablement le détour ! Et pour le coup, ce premier essai est plutôt concluant et mérite qu’on s’y attarde.

Niko Tackian, scénariste, nous plonge dans l’univers très obscur de l’EMI, expérience de mort imminente ; souvent abordée dans la littérature, elle revêt ici une dimension hautement anxiogène puisqu’est le cadre de la rencontre d’Anna, mère de famille accidentée de la route et plongée dans le coma pendant une quinzaine de jours, et un homme mystérieux et menaçant qui lui annonce son prochain assassinat. Rien à voir donc avec ces rencontres d’un troisième type au cours desquelles des proches aimants nous accueillent ou des entités religieuses vous parlent. Anna aurait d’ailleurs préféré ces expériences plus classiques et réconfortantes. La voilà en effet renvoyée dans sa vie avec non seulement un corps malmené et un moral balbutiant mais également avec cette peur viscérale d’un inconnu qui semble la pourchasser et vouloir sa mort. Alors que cette parenthèse dans sa vie la force à regarder objectivement ce qu’elle en a fait et ce qu’elle en avait attendu s’opère une bascule : elle est désormais décidée à s’accorder tous les détours nécessaires pour redevenir elle-même, profiter de toutes les occasions qui s’offrent à elle ou encore reprendre le contrôle de son couple, de sa vie professionnelle, de celle qu’elle est. Par le biais de rêves dérangeants et d’intuitions, elle va de rencontres alarmantes en rencontres amicales et se plonge toujours plus profondément dans les méandres d’une affaire criminelle à laquelle elle semble être liée. Son retour à la vie est donc une véritable épreuve pour laquelle elle n’est pas armée et dans laquelle elle se débat tant bien que mal pour conserver son intégrité morale et protéger sa vie. Rapidement, on perçoit toute la maîtrise de l’auteur dans le développement d’une manipulation mentale. Le lecteur sent bien que les éléments ne sont pas ce qu’ils semblent être, sans pour autant parvenir à démêler le vrai du faux. Les fausses pistes se multiplient, les hypothèses s’accumulent, se contredisent, se recoupent, nous menant à chaque fois plus près d’une vérité dérangeante.

Niko Tackian est incontestablement maître dans l’art de créer et d’entretenir le suspense. L’EMI, sur laquelle il s’est visiblement documenté de façon très approfondie, devient le socle d’une intrigue navigant entre réalité et monde onirique, brouillant les pistes de l’enquête tout en en faisant émerger de nouvelles. Le lecteur accepte rapidement cette idée d’une expérience quasi surnaturelle qui influe ensuite sur la vie d’une jeune femme ordinaire, soudainement propulsée dans un monde régit par aucune règle préétablie. L’écriture, parfois hésitante, est pourtant prometteuse : très structurée, elle est rythmée par des chapitres brefs et des phrases courtes. Le vocabulaire est soigneusement choisi, très précis et pallie à quelques erreurs de narration (digressions ponctuellement nombreuses et peu utiles) et quelques fautes de compo (oublis réguliers de majuscules notamment dans les dialogues).

Sweetie

 

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