Le facteur émotif, Denis Thériault, Anne Carrière

Bilodo a 27 ans. Un jeune homme tranquille, solitaire, sans histoires. Bilodo est facteur. Les téléphones et les mails ayant remplacés la correspondance par courrier, Bilodo a de moins en moins l’occasion de distribuer des correspondances par courrier. Lorsqu’il en trouve, il ne peut s’empêcher de les ramener chez lui, les ouvrir à la vapeur et en lire le contenu. Les reposer le lendemain, comme si de rien n’était. Son petit vice est devenu une habitude, un moyen de combler ses longs soirs de solitude. Un feuilleton qu’il suit.

Jusqu’à ce qu’il tombe sur les haïkus qu’une femme du nom de Ségolène envoie à un certain Gaston Grandpré, habitant le village. Plus il la lit, plus son amour pour Ségolène grandit. Puis un jour, un évènement va se produire et lui donner l’opportunité inattendue. Bilodo va devoir se surpasser, oser, sortir de sa timidité pour profiter de coup de pouce du destin…

Quelle idée originale ce roman ! Basé sur une correspondance épistolaire de haïkus, c’est l’occasion d’en apprendre énormément sur ces poèmes japonais, qui peuplent la lecture. Intriguante, touchante, l’histoire ne serait rien sans ce jeune Bilodo. Personnage surprenant, dont le début nous laisse songeur ; ce jeune homme qui, à 27 ans, au lieu de courir après la fille, vit sa vie par procuration à travers les écrits, les correspondances d’inconnus. Soit. Chacun s’occupe comme il veut. Plus l’histoire avance, plus notre opinion sur lui évolue. De la pitié, mais aussi de la peur, car sous ses allures tranquilles, il laisse rapidement la place à un homme aux allures de psychopathe. Mais que n’avons-nous jamais fait pour l’amour ?

On se demande d’ailleurs si on peut réellement parler d’amour ici. Une passion épistolaire ? De la folie ? Après tout, on dit bien aimer passionnément, aimer à la folie, aimer à en mourir… A vous de vous faire votre opinion !

C’est un roman vraiment agréable à lire, touchant et triste, dans lequel le personnage central évolue, change et devient une autre personne. La fin est surprenante et vraiment bien tournée, et on s’attache finalement à ce Bilodo si étrange.

A découvrir !

kitty

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