« L’Inciseur » de Fitzek & Tsokos (L’Archipel) – pas convaincant du tout!

La promesse est alléchante : L’Inciseur (le titre déjà est suggestif : on s’attend à avoir peur !) est écrit à quatre mains par un auteur de suspense très connu (et présenté comme le numéro 1 en Allemagne) et le directeur de l’Institut médicolégal de la Charité de Berlin. De quoi laisser présager un ouvrage très largement inspiré par le métier du second et servi par la plume du premier. Et bien…  pour ma part, la promesse n’est pas tenue, puisque malgré des descriptions très détaillées et nombreuses et longues des scènes d’autopsies et des cadavres qui parsèment la route de Paul Herzfeld et Linda.

Les deux auteurs nous emmènent en effet sur les traces de Paul Herzfeld, médecin légiste à Berlin, lancé à la poursuite de celui qui a enlevé sa fille. Il a en effet découvert dans un cadavre horriblement mutilé des indices lui étant destinés et lui apprenant l’enlèvement d’Hannah par le biais d’un message enregistré glaçant. Sans même y réfléchir, il a donc tout laissé pour tenter coute que coute de sauver la jeune fille avec laquelle ses relations sont limitées depuis que sa mère et lui se sont séparés. Dans son enquête, il est de façon incroyable contacté par Linda, jeune femme isolée sur une île battue par une tempête et qui tente d’échapper à son ex et à son passé en se plongeant dans la création d’une BD. Traumatisée, elle va pourtant accepter sans vraiment s’en rendre compte d’aider Paul (dont elle a trouvé le numéro dans la sacoche d’un macchabé dont le corps semble avoir été rejeté par la tempête sur la plage). Aide qui n’est pas à négliger puisque bloquée seule sur cette île avec des cadavres, elle va notamment effectuer une autopsie, guidée par téléphone par Paul qui est persuadé (à juste titre) que le cadavre retrouvé par Linda recèle lui aussi un indice pour retrouver Hannah et son kidnappeur. Improbable et incroyable n’est-ce pas ? Et bien ces deux adjectifs sont ceux qui restent à l’esprit en refermant ce thriller très sanguinolent.

Vous l’aurez compris, je suis extrêmement peu convaincue par ce thriller dont les auteurs, perdus dans leur volonté de s’appesantir sur les détails du travail des médecins légistes notamment, ont perdu de vue que pour le lecteur, l’intrigue est aussi importante ! Les liens entre les personnages sont esquissés, ils sont mis en relation par des biais pour le moins improbables (je sais, je me répète), leurs échanges ne sont pas convaincants, leurs personnalités sont caricaturales, les détails et descriptions gores se multiplient et noient l’intrigue. Certaines scènes sont très marquantes (voire choquantes), ce que le déroulement ne justifie pas (scènes de viol notamment, ou violence verbale intégrée à ces scènes) : le lecteur a rapidement une impression de surenchère gratuite. Ma déception est donc grande face à ce thriller mal ficelé et pourtant vanté en 4ème de couverture, auquel on ne peut que reconnaitre le talent d’écrivain de Fitzek et la maitrise de son art de Tsokos, mais en aucun cas leur inventivité, leur capacité à articuler les différents éléments et univers qu’ils font se rencontrer dans cette collaboration, ni même peut-être leur implication dans ce texte.

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