« Quelqu’un qu’on aime » de Séverine Vidal (Sarbacane) * une parenthèse enchanteresse

Matt a décidé d’offrir à son grand-père Gary un voyage dans ses souvenirs et à travers les Etats-Unis : atteint de l’Alzheimer, le vieil homme voudrait revivre la tournée de 58 de son idole Pat Boone, l’un des meilleurs moments de sa vie. Matt essaie de tout prévoir, de baliser ce périple qui, il l’espère, ramènera l’espoir et le sourire sur le visage de Gary. Sauf que voilà, comme souvent, rien ne se passe comme il l’avait prévu : Dixie, son ex-petite amie un peu folle, lui présente Amber, sa fille de 18 mois et lui demande de la garder parce qu’elle a trouvé un boulot aux horaires décalés ; leur avion pour se rendre à leur première étape est annulé pour cause de mauvais temps ; leur budget étant serré, Matt accepte de véhiculer dans leur van de location un ado secret et renfermé, qui semble cacher quelque chose, et une jeune femme qui se rend à un entretien d’embauche à l’autre bout du pays. Une drôle de bande, mais une superbe aventure humaine qui s’annonce.

Séverine Vidal signe là un roman terriblement humain : la rencontre de 3 adultes, une enfant et un ado qui vont panser leurs blessures par leur simple cohabitation et tout simplement en acceptant d’être eux-mêmes (et non ceux que leurs entourages aimeraient qu’ils soient). Ils ne se sont rien promis et pourtant une amitié profonde va rapidement les unir dans ce road-trip chargé de nostalgie. Tous ont été plus ou moins malmenés dans la vie mais aucun ne renonce : décidés à ne plus subir et résolus à agir pour qu’enfin leurs vies leur soit restituées, Matt, Gary, Amber (dans une moindre mesure bien sûr), Antonella et Luke vont se rappeler quels étaient leurs rêves et ambitions et s’employer à les réaliser. Ici, pas de fossé entre les générations mais bien un respect profond de l’autre et une réelle volonté de comprendre les motivations de chacun sans les juger… N’est-ce pas cela finalement, la beauté des relations humaines ?

Séverine Vidal nous donne à voir la « parenthèse enchantée » de ces cinq personnages tellement attachants et riches de leur humanité. Sur fond de musique des années 50 et de diners, de souvenirs et de projets, ce périple à travers les Etats-Unis devient l’occasion d’une réelle introspection pour le lecteur et une bouffée d’optimisme et de foi en l’espère humaine. Les rapports familiaux, l’amitié, l’amour, l’adolescence, les contraintes de l’âge adulte, la prise de responsabilité, la paternité, tout y passe pour notre plus grand plaisir.

Une merveille à découvrir et à partager absolument, et une bande-son qui mérite le détour – si comme moi vous n’aimez pas Elvis !!

Sweetie

 

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