« La femme comète » d’Alexandre Feraga (Fayard) * une bien belle partition

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Rosa est en deuil de sa mère et malgré le soutien de sa sœur jumelle, elle ne parvient pas à refaire surface. Idéalisant le souvenir de la disparue, elle en veut à son père, musicien talentueux et mondialement connu qu’elle accuse d’avoir abandonné sa famille.

Edouard est l’un de ces innombrables jeunes diplômés qui, malgré des qualifications reconnues, connait les affres d’un chômage de longue durée. Désabusé, il regarde chaque jour ses parents partir travailler au service d’un système qu’il exècre : sa mère est agent à Pôle Emploi, son père agent EDF, et tout deux côtoient sans plus s’en émouvoir la misère humaine. Poète de talent, il noircit des cahiers entiers de réflexions de plus en plus sombres sur la vie, les hommes. Ayant perdu toutes ses illusions, il erre sans but, se complait dans sa spirale infernale. Décidé par la rencontre d’un activiste grec à agir, enfin, pour alerter l’opinion publique, il a décidé d’abattre un homme et met sur pied un plan redoutable.

Dans ce deuxième roman, Alexandre Feraga met donc en scène des personnages dissonants, malmenés par la vie et révoltés  que rien ne devait faire se rencontrer. A priori, rien ne peut les faire à nouveau aimer la vie, malgré toujours le soutien inconditionnel d’une famille qui, si elle ne les comprend pas, est bien décidée à ne pas les abandonner. Mais pour une histoire de religieuses au chocolat et de marathon, Rosa et Edouard vont finalement faire connaissance, se comprendre, s’aimer et renoncer à leurs sombres aspirations. La vie, finalement, n’est peut-être pas si ingrate, et l’avenir peut à deux être envisagé.

Alexandre Feraga relie page après page les destins des personnages, avec beaucoup de sensibilité et d’intelligence ; c’est une véritable partition qui est jouée, faisant se répondre tout d’abord des morceaux dissonants pour finalement aboutir (avec le concours de l’Amour comme chef d’orchestre) à une harmonie envoutante. Une belle réussite donc et un ouvrage poignant et authentique que l’on ne peut que vous recommander.

Petit bémol cependant : la couverture ne rend absolument pas justice au roman…

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