13 Novembre 2015….

Il y aura eu le 11 Septembre 2001 pour les américains.

Nous aurons eu notre 13 Novembre 2015.

L’impact est le même. La douleur. La peur.

A notre petit niveau, nous avons voulu en parler.

A notre petit niveau, nous avons voulu rendre hommage aux victimes, aux forces de l’ordre qui font un boulot remarquable, aux personnels de santé qui auront vécu leur pire nuit…

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Sweetie :

Vendredi 13 novembre était la Journée de la gentillesse. Cruelle ironie n’est-ce pas ? Cette date marquera maintenant à jamais l’arrivée sur notre territoire d’une guerre qui ne se dit pas, d’une menace diffuse mais meurtrière.
En ce vendredi 13 novembre, 132 personnes ont été fauchées par des personnages qu’il est inutile de citer, à la terrasse d’un café, d’un restaurant, en assistant à un concert.

Tant d’autres sont blessées, meurtries, et la France entière est traumatisée. Inutile de dire que nous n’avons pas peur. Je ne pense pas que cela soit le cas pour qui que ce soit ; cependant, comme beaucoup, nous avons décidé de ne pas nous laisser submerger, de continuer à vivre comme nous l’entendons : la musique, la lecture, la bonne bouffe, les soirées entre potes (et entre copines), les éclats de rire, les jupes trop courtes, les flirts, l’amour (éphémère ou durable), le sexe, le sport, …

Nous ne renonçons à rien. Alors oui, il nous a fallu quelques jours pour reprendre pieds (et il en faudra tellement plus aux familles et aux proches pour ne serait-ce que respirer à nouveau sans cet étau de douleur), oui nous avons serré trop fort ceux que nous aimons et nous sommes rappelés que le danger est partout, oui nous avons le cœur lourde et la colère vibrante ; mais s’ils ont gagné une bataille (on ne peut le nier, nos pertes sont bien trop élevées), la victoire quant à elle nous reviendra ; nous serons dans les grands magasins pour Noël et nous régalerons de sourires et de champagne, nous reprendrons le chemin des terrasses dès que le temps le permettra, nous continuerons à réserver nos places de spectacles et de concerts, nous chercherons à nouveau la meilleure adresse pour diner en amoureux ou se faire une bouffe entre amis,…

Parce que tous ceux qui sont partis aimaient la vie, aimons-la pour eux et laissons la mort à ceux qui pensent que la donner est la seule façon de se faire entendre… alors même qu’ils n’ont rien à dire.
Pour Lola – cette éditrice jeunesse que l’une de nous côtoyait quotidiennement et dont le bureau vide reste empreint de sa bonne humeur, et pour tous les autres, n’oublions pas que la vie est trop belle pour que la peur ne nous entrave plus longtemps que nécessaire ou que nous accordions de l’importance à ces personnages qui ne méritent même pas d’être qualifiés d’hommes. Après le choc, redevenons ceux que nous sommes : tous différents, tous uniques, riches de nos différences et de nos différents, partageant le respect de la vie et la volonté de la sucer jusqu’à la moelle.

 

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Bonnie :

J’avais pleuré pour Charlie Hebdo…J’avais pleuré face à cette consternation. J’avais pleuré qu’on puisse s’en prendre à la liberté d’expression, à des artistes, à des remueurs de méninges, à des provocateurs, à des agitateurs. D’accord ou pas d’accord avec eux, on avait pas le droit de les faire taire. Pas de cette façon.

J’ai pas réussi à pleurer ce 13 novembre. Les larmes ne sont pas loin. Mais elles sont bloquées par cette colère qui m’empare. Colère qu’on puisse s’en prendre cette fois à des innocents qui représentaient ce que nous sommes tous : un peuple libre et fier de l’être.

Oui nous aimons la bonne bouffe, la bonne baise, le bon vin, s’amuser, rire, chanter, danser. Mais on aime aussi râler, pleurer, critiquer, s’apitoyer sur soi… Mais toutes ces émotions, vous ne nous les prendrez pas. Car vous oubliez une chose : nous sommes vivants et vous êtes déjà morts.

Je pense à ces victimes qui auront eu des moments de bonheur avant de tomber sous les balles. Je pense à ces familles qui ne comprendront jamais pourquoi leur enfant/frère/amant/compagne sont morts. Car oui, ce sont des morts inutiles, injustes.

J’ai mal à ma France aujourd’hui. J’ai mal à cette France qui ne sera, malgré tout, plus jamais pareille. La peur aura envahi les rues, les salles de concerts, les bars…Car, même si on scande qu’on a pas peur…moi j’ai peur ! j’ai peur de ce que ce monde peut devenir, de comment les regards vont changer sur l’autre….

Mais oui, ça ne doit pas nous empêcher de vivre, de s’amuser, de baiser, de danser, de chanter.

On est toujours debout, fragiles mais debout. Branlants mais debout. Vacillants mais toujours debout.

Là où je crois que mes larmes vont finir par couler, c’est face à cette solidarité qui s’installe. C’est beau. tout simplement. Et là, j’ai envie de croire que ma France s’en sortira….Vacillante mais elle s’en sortira.

Mais j’ai peur quand même…

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Kitty :

Je n’ai pas les mots, je ne les trouve pas. J’ai beau essayer, je n’y arrive pas. Je voudrais citer une amie qui a su trouvé les mots justes à mes yeux.
« Quand j’ai accouché de mon premier enfant, j’imaginais lui enseigner toutes les merveilleuses choses de la vie. Le bonheur d’un petit déjeuner au chaud, la magie d’un coucher de soleil, la poésie d’un chant flamenco, la beauté des étoiles et plus que tout l’importance de grandir dans la rencontre des différences.
Aujourd’hui j’ai dû lui expliquer les mots « attentat », « terrorisme », « état d’urgence ». J’ai réalisé, en lui parlant, la dimension des événements, leur réalité, leur absurdité. J’ai lu dans ses yeux de l’incompréhension. Exactement la même que celle que j’ai dans le cœur. J’ai pleuré de savoir qu’il intégrait ces données. Que c’était le monde dans lequel il grandissait.
Puis j’ai séché mes larmes et j’ai senti naître en moi une conviction viscérale. L’éducation de mes enfants à la tolérance devient aujourd’hui plus que jamais ma priorité, mon combat. » Marion.
Pour Lola parce que ça nous touche de près, et pour tous les autres, pour les familles et proches, pour la tolérance, pour l’amour, pour la vie, ne changeons rien à nos habitudes. N’oublions pas, mais vivons. Pour eux.

 

 

 

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Ne jamais oubliez la plus grande victoire au milieu de cette guerre :

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