« La malédiction du jardinier kibei » de Naomi Hirahara (L’Aube noire) * un polar dépaysant!

 

9782815912419

 

Mas est veuf, et jardinier. Il est aussi kibei, c’est-à-dire qu’il est né en Amérique mais est d’origine japonaise et a vécu au Japon, les premières années de sa vie. Des années dont il n’aime pas parler – même à sa fille – et pour cause : il était à Hiroshima le jour où la bombe est tombée et a décimé le monde de son enfance. De cette époque, il a aussi gardé quelques amis et quelques secrets, dont il semblerait que tous refassent surface dans ses vieux jours pour lui compliquer la vie. Du jour au lendemain, les questions et les événements se bousculent, le contraignant à regarder par-dessus son épaule et à se rendre compte des dizaines d’années écoulées. Et s’il a survécu à la bombe, rien ne l’avait préparé à devoir rendre des comptes au soir de sa vie, et à voir sa fille unique devenir une femme de son époque, bien loin des traditions dont il a fait les repères de sa vie.
Mas est un personnage attachant, tour à tour d’une grande force et d’une incroyable vulnérabilité. Partagé entre son devoir et ses aspirations personnelles, il vole au secours de ses amis, fuit les curieux qui se multiplient, et enquête sur l’identité et les agissements d’un homme tout droit sorti de son passé. On le voit évoluer avec maladresse au sein de la communauté kibei de Californie, cherchant sans cesse à rester discret et à préserver la tranquillité de sa vie. Tranquillité qui semble à lui échapper. Mais entre amitiés et ressentiments, entre souvenirs pénibles et quotidien compliqué, le vieux jardinier va devoir employer toutes ses forces pour ne serait-ce que survivre honorablement.
C’est un roman noir atypique et très bien écrit que nous offre Naomi Hirahara, à l’environnement peu familier – en tout cas me concernant – mais très bien maitrisé par l’auteur. J’ai pour ma part découvert une communauté et une culture passionnante, à la fois implantée et en marge de celle de la Californie (et probablement des Etats-Unis en général), dans laquelle les secrets sont bien gardés de génération en génération, jusqu’à ce qu’un grain de sable ne vienne remettre en cause cet état de faits. Un moment de lecture intéressant qui, s’il ne figurera pas parmi mes plus belles découvertes de l’année, aura eu le mérite de me dépayser !

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