« Dylan Dubois » de Martine Pouchain (Sarbacane) * prenons la route

Dylan Dubois, Martine Pouchain, éditions Sarbacane, 2015

Et si aujourd’hui nous vous invitions à prendre la route ? Si Dylan fuit effectivement sa vie et son foyer, prenons quant à nous cette expression dans son sens figuré : et si nous nous interrogions sur notre vie et son but, sur cette voie que nous avons prise et suivons chaque jour. Est-ce bien celle dont nous rêvions ? Connaissons-nous vraiment sa destination ? Avons-nous vraiment choisi de l’emprunter ?

Dylan Dubois est en effet un très beau roman initiatique nous ouvrant les portes de l’adolescence au sens large, celle de Dylan en particulier. Car Dylan vient de rentrer chez lui après un an dans un foyer. Après le départ de sa mère, partie se construire une autre vie ailleurs et sans lui, son père a sombré et a pensé que se raccrocher à la boisson allait l’aider. Mauvais calcul : il a tour à tour perdu son entreprise puis la garde de son ado. Mais Dylan veut croire qu’un nouveau départ est possible et est bien décidé à lui donner toutes ses chances. Pourtant, c’était sans compter l’irruption dans la vie du paternel d’une sublime jeune fêtarde manipulatrice et de son charmant bambin ; voilà Dylan invité dans sa propre maison, obligé de rendre des comptes à une femme qui fait faire n’importe quoi à son père et n’a absolument pas envie de s’encombrer d’un ado. Quel choix reste-t-il à Dylan le jour où il franchit la ligne rouge ? Partir, évidemment. Accompagné de son fidèle Rusty, il met quelques affaires dans un sac et prend la route. La destination, il ne la connait pas vraiment, mais qu’à cela ne tienne : il est libre de ne pas savoir, de prendre des chemins de traverse, de s’arrêter et de repartir quand ça lui chante. Libre aussi de rencontrer qui il veut, de passer du temps avec eux ou de les fuir, et d’ensuite se demander si leurs vies, toutes tracées et socialement exemplaires, sont celles qu’il veut pour lui. Car Dylan, contrairement à ses camarades, ne rêve pas d’une belle famille, d’une grosse voiture ou d’un compte bancaire débordant. Lui, ce qu’il veut, c’est lire, vivre dans les bois, ne pas s’encombrer de compagnie superflue, … Bref, c’est avoir une vie qui ne ressemble en rien aux schémas qui nous sont proposés et dits « normaux ».

Voici donc un beau roman et une salutaire réflexion sur la vie et sur le libre-abitre, sur le politiquement correct et sur l’importance de prendre ses propres décisions. Un beau texte aussi sur l’adolescence, ces années charnières où les responsabilités sont celles des adultes et les rêves ceux d’un enfant.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s