Eh bien dansons maintenant !, Karine Lambert, JC Lattès

ehbien

Marguerite n’a pas choisi sa vie, ni son mari. Docile et soumise, elle s’est pliée toute sa vie aux exigences de ce dernier, un notaire toujours strict et costumé. A 78 ans, elle se retrouve veuve, et perdue sans les directives de son mari. Une seule assiette à table, un seul verre, et des heures à ne savoir que faire.

Marcel était marié depuis 55 ans à Nora, le premier amour de sa vie, lorsque celle-ci meurt tragiquement. Sa vie bascule, et les heures sans celle qu’il aime sont une torture. Il se prend même à regretter leurs parties de Scrabble, alors qu’il n’aimait pas ça.

Ils se retrouvent tous les deux dans une cure à Bagnères de Bigorre dans les Pyrénées. Une parole échangée, un éclat de rire, et leurs cœurs s’emballent. Marguerite pour la première fois en 78 ans, va comprendre ce que signifie aimer.

Elle écoute Line Renaud, elle aime le jour, son jardin et ses fleurs. Il aime la musique chaâbi, symbole de ses origines, la nuit et les étoiles, et son meilleur ami est un animal dans un zoo. Ils n’ont en commun que la solitude et l’amour qu’ils ressentent. Chacun va combler le vide de l’autre, mais à cet âge que peut-on attendre de la vie ?

Karine Lambert s’est fait remarquer par son brillant L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes. J’ai été surprise par le changement de style de l’auteure. Si son premier roman était détaillé et plein d’humour, celui-ci se distingue par son ton détaché et la tristesse qu’il dégage. Peu de détails dans cette histoire, beaucoup de dialogues, et une écriture qui ne laisse transpercer aucune empathie, c’est en tout cas l’impression décevante dans lequel me plonge le début. Mais en continuant la lecture, l’empathie vient peu à peu, révélant en fait une histoire à la fois belle et triste, qui révèle l’auteure dans un genre différent et vient contester  l’apparente froideur du début.

Un thème peu évoqué ; retrouver l’amour après avoir passé sa vie avec la même personne, lorsqu’on est âgé, est-ce de l’amour ou s’agit-il de combler le vide, la solitude ? Avec ce roman Karine Lambert prouve que l’amour n’a pas d’âge, le désir non plus.  A l’image de Marguerite, l’amour peut se révéler à 78 ans, et on peut dire qu’elle commence à vivre à ce moment-là. Cette femme est attachante, perdue dans une société moderne qui va trop vite pour elle et qu’elle n’a pas eu l’habitude de contrôler,  cachée derrière l’ombre de son mari. La mort de ce dernier s’apparente au début de sa vie.

Une histoire touchante, qui se lit rapidement, dont on retiendra que l’amour, c’est à n’importe quel âge, et en voici la preuve !

kitty

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