« Et le silence sera ta peine » d’Elodie Geffray (Belfond) * Sans conviction

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Nicolas est un beau gosse sur de lui, qui a l’habitude d’enchainer les conquêtes et d’évacuer les problèmes d’un revers de main. Un brin caractériel, il déteste lorsque ses amis lui rappellent qu’il est fils de ministre. Comme si cela pouvait être un avantage. Pourtant, le soir où il commet l’irréparable, c’est son paternel qu’il appelle, et celui-ci s’empresse de trouver – comme d’habitude – la solution à ce nouveau problème posé par un fils qui, décidément, n’est pas à la hauteur. C’est à ce moment-là, lorsque cet homme de pouvoir et d’autorité prend les choses en mains, que basculent les vies de Nicolas, qui bien que libre va rapidement se sentir enfermé dans un « après » qu’il vit très mal, et de Dominique, un brave quinqua dont la vie part à vau l’eau et qui, un peu sans comprendre comment, accepte de gouter la liberté totale avant d’être enfermé pour toujours. Il est sans emploi, n’a pas de famille, pas de projet et plus aucun rêve. Deux destins qui vont donc se croiser alors que rien ne les destinait à se rencontrer, et qui vont entrainer dans leurs sillages ceux d’amis et d’ennemis – dommages collatéraux comme dirait l’autre. Et une très belle réflexion sur le bonheur et la liberté pour agrémenter le tout.

Et le silence sera ta peine est donc un premier roman, un thriller atypique écrit par une jeune femme qui écrit somme toute plutôt bien. Elle entremêle les histoires si différentes des personnages avec fluidité et style, nous donnant donc chapitre après chapitre les éléments nous permettant de percevoir l’intrigue dans sa globalité. Là encore rien de très original ou de particulièrement bon, mais on se prend rapidement au jeu et on analyse les personnalités dépeintes en se demandant si elles sont aussi caricaturales qu’elles semblent l’être. Les personnages de Nicolas et Dominique, mais aussi d’Ivan, qui est le trait d’union entre eux, sont très convaincants, et sont tous (à leur façon) attachants. On plonge avec Nicolas dans l’enfer de la culpabilité, dans cet enfermement psychologique qu’il subit pour échapper à la prison ; on soupire d’aise avec Dominique qui, enfin et alors même qu’il sait qu’il sera prochainement derrière les barreaux, se sent libre et maitre de sa propre vie. Le jeu de miroirs et de correspondance fonctionne extrêmement bien, et est, selon moi, bien plus intéressant que l’intrigue en elle-même.

Voici donc un premier roman honorable qui nous offre un bon moment de lecture, sans jamais pourtant être vraiment bon. J’ai sans cesse eu l’impression de survoler les situations – ce qui est probablement du au ton très narratif employé par Elodie Geffray ? Voici donc une auteure prometteuse, qui doit cependant encore faire ses preuves après ce timide début.

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