Ma fille, Jane Shemilt, Editions le cherche midi

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Jenny est une femme épanouie, qui même si elle court toute la journée pour combiner son rôle de maman, de femme au foyer, d’épouse et de femme active, considère ne pas démériter.  Avec son mari, neurochirurgien de talent, ils ont eu 3 beaux enfants : des jumeaux, très différents mais qu’elle adore, et une fille, Naomi. Malgré un rythme effréné, toute la petite famille est, semble-t-il heureuse. Mais tout bascule le jour où Naomi disparait au retour d’une représentation de théâtre ; aucun indice, aucune information pendant plusieurs jours, avant que le verdict ne tombe : la jeune fille cacherait depuis des semaines de graves secrets à sa mère, qui n’a rien vu venir. Trafic de médicaments volés dans la mallette de médecin de sa mère ou lors de son stage à l’hôpital, fréquentations louches, mensonges, vente de drogues… Jenny n’en revient pas : qu’est-il arrivé à sa petite fille, cette enfant qu’elle pensait tellement bien connaître ? Et qu’en est-il des garçons, qui semblent eux aussi avoir une vie parallèle qu’elle ne comprend pas et dont l’un d’eux est lié à la disparition de sa sœur ? Jenny, en plus du traumatisme de perdre sa fille, va petit à petit voir sa vie voler en éclat : et si sa façon de vouloir encadrer le quotidien de sa famille été en fait perçue comme une sorte d’autoritarisme domestique ? Et si sa certitude de connaitre ses enfants n’était finalement pas fondée ? Et si son mariage ne reposait en fait que sur des souvenirs et des habitudes ?

Jane Shemilt signe avec Ma fille un thriller psychologique glaçant sur la vie de maman, un ouvrage qui questionne et met très mal à l’aise : à quel moment un parent franchit-il la limite entre la gestion du quotidien et l’omnipotence ? Jenny est anéantie tout autant par la disparition de sa file – fugue, enlèvement ? – que par les découvertes qu’elle fait au fil de l’enquête menée par la police mais qu’elle conduit également auprès de son entourage. De déceptions en découvertes, de révélations en aveux, Jenny sait que plus rien ne sera plus jamais comme avant … Mais est-ce vraiment un problème ?

S’il est compliqué de s’attacher aux personnages (tout autant Jenny que Naomi), la lecture de ce thriller est passionnante et déstabilisante et l’originalité de son sujet le place incontestablement à part. On ne compatit pas mais on s’interroge, et on se rappelle page après page que tout est question de point de vue, et que transposer ses envies/désirs/perceptions aux membres de sa famille ou de son entourage est un jeu dangereux. Voilà peut-être le grand enseignement de Ma fille.

sweetie

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