« Et le ciel sera bleu » de Tamara McKinley (L’Archipel) * déceptif

 

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Ernie Turner est un petit garçon de 5 ans lorsqu’il est sommé de quitter Londres. Nous sommes en 1939 et le gouvernement britannique envoie ses enfants à l’abri, Ernie comme tant d’autres. Mais le cas d’Ernie est pour diverses raisons différentes ; tout d’abord, le petit garçon souffre d’un pied handicapé, résultat d’une polio foudroyante dont il garde ce triste souvenir. C’est pour cela qu’il est accompagné de sa grande sœur, Sally, qui ne devrait pas faire partie des premiers convois étant donné son âge ; mais comment séparer  le petit garçon de celle qui s’occupe de lui au quotidien depuis si longtemps ? D’autant que Sally et Ernie vivent depuis bien longtemps sans leur père, absent pour son travail et retenu depuis l’annonce de la guerre sur un bateau, et sans leur mère, jeune femme instable et irresponsable qui joue les filles de l’air et a même oublié de les accompagner à la gare le jour de leur départ. Une fratrie soudée donc, qui va pouvoir compter sur la formidable famille Reilly, leur famille d’adoption et rapidement bien plus encore, pour affronter les traumatismes d’un conflit qui devient très vite omniprésent dans leur quotidien, mais qui va aussi les aider à se façonner de superbes souvenirs, de ceux que l’on se crée lorsque l’on est jeunes mais déjà conscients que tout peut basculer d’un moment à l’autre.

Dans Et le ciel sera bleu, Tamara McKinley (allias Ellie Dean) réussit parfaitement à nous dépeindre dès les premières pages les premières conséquences de l’entrée de la Grande Bretagne dans la Seconde Guerre mondiale. Traumatisée par le précédent conflit, la population se prépare dès les premiers jours au pire, construisant des abris anti-aériens, cultivant des fruits et des légumes au sein même des villes, constituant des réserves, effaçant le nom des rues (pour déboussoler l’ennemi s’il venait à entrer dans les villes), barricadant les plages pour empêcher tout débarquement ennemi, ou encore envoyant ses jeunes à l’abri, loin des principales villes du pays. On perçoit la ténacité de tout un peuple, résolu à résister et à apporter sa contribution dans la lutte de l’Europe contre les nazis, quitte pour cela à quitter la relative sécurité que lui octroie son statut d’insulaire.  Tout comme Sally et Ernie, dont nous suivons avec plaisir les existences, les britanniques s’adaptent et sont plus solidaires que jamais, donnant toute leur importance à chaque petit moment de bonheur.

Pourtant, je n’irai pas jusqu’à dire que ce roman est une réussite. Je considère en effet comme un énorme bémol la fin de ce roman, qui … ne conclut rien, n’apporte rien. Elle donne presque l’impression que les derniers chapitres ont été arrachés du livre. La façon dont nous quittons les personnages est abrupte et contreproductive, et m’a très clairement laissée sur ma fin…. Presque mise en colère même. La guerre n’est pas finie, les péripéties personnelles des personnages ne sont pas résolues ni en passe de le devenir, il n’y a pas de rebondissement laissant penser qu’un drame pourrait relancer l’intrigue. Le mot fin est donc artificiellement apposé. C’est extrêmement dommage, puisque ce nous lisons nous donne beaucoup d’espoirs sur ce que « la suite » pourrait être. L’auteure nous avait habituées à mieux, j’en ai peur.

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