« L’Affaire de la belle évaporée » de J. J Murphy (BakerStreet) * savoureux chef d’oeuvre, mais…

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Souvenez-vous, nous vous avions en 2015 parlé du Cercle des plumes assassines de J. J Murphy et déjà, nous étions convaincues que cette auteure et cette série mettant en scène Dorothy Parker, journaliste effrontée à la langue acérée nous promettaient de beaux moments de lecture. Avec ce deuxième roman, J. J Murphy confirme notre pressentiment, nous emmenant une nouvelle fois au cœur de la bonne société new yorkaise des années 1920, en pleine prohibition. Mais au-delà de la plume de l’auteur et de la qualité de son intrigue, c’est avant tout le fait qu’il s’agit d’un huis clos qui en fait toute l’originalité et nous ravit au plus haut point !

Car tout commence à l’hôtel Algonquin, cet établissement prisé par les intellectuels de l’époque et accueillant la célèbre « Table ronde » dont font partie Dorothy et ses amis. Nous sommes le 31 décembre, et tous se préparent à la fête. Avec quelques privilégiés, notre impertinente journaliste s’apprête à fêter cette nouvelle année avec des stars hollywoodiennes ne lésinant pas sur le champagne. Secrètement, elle espère que son compère Benchley – pour lequel elle en pince quelque peu – sera là et l’embrassera sous le gui. Une soirée qui s’annonce idéalement jusqu’à ce qu’un médecin résidant à l’hôtel diagnostique 4 cas de variole ! L’établissement est mis sous quarantaine, les invités contraints de rester enfermés pour une durée indéterminée. Dorothy pense que tout est au plus mal lorsqu’un nouvel événement vient la détromper : la jolie starlette Bibi Bibelot est retrouvée morte dans une baignoire remplie de champagne, nue comme au premier jour. Cette fois, la soirée tourne au fiasco, c’est sûr… D’autant que nul doute, l’assassin est l’une des personnes emprisonnées dans cet hôtel confiné. Pour s’occuper mais aussi parce qu’elle reste une curieuse invétérée, Dorothy décide de mener l’enquête aidée – ou pas – par ses habituels amis (Benchley et Woolcott) mais aussi par le célèbre Arthur Conan Doyle en personne. De la cave au toit de l’Algonquin, nos enquêteurs aux questions aussi pertinentes qu’impertinentes vont poursuivre un assassin invisible, mais pas seulement !

Réjouissez-vous, ce roman est aussi savoureux que le premier, mais avec cela en plus que nous avons l’impression d’assister à une pièce de théâtre faisant se succéder à une vitesse effrénée les scènes, elles-mêmes se déroulant alternativement dans toutes les pièces et à tous les étages. Tout comme dans un vaudeville, les personnages courent d’un lieu à l’autre, reviennent sur leurs pas, enchainent les qui pro quo, les rencontres, les questions, les fausses pistes, les découvertes, les aventures, les chutes… avec toujours l’ascenseur et le monte charge en « personnages principaux ». Répétitions, jeux de mots, humour mordant, cynisme, sens de la formule complètent le tout, nous donnant à lire un véritable chef d’œuvre !

Cependant, CARTON ROUGE : ce texte est TRES mal composé. Fautes, renvois à la ligne en milieu de phrase, … quel carnage, et quel dommage qu’un si beau roman soit ainsi abîmé, alors même que la traduction est une nouvelle fois superbe.

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