« Là où tu iras j’irai » de Marie Vareille (Mazarine) * Prosecco!

La vie d’Isabelle est merveilleuse : elle vit le parfait amour avec Quentin (super canon et meilleur petit ami du monde), a des amis en or – Amina, amoureuse d’un homme mariée et quelque peu imprévisible, et Alexandre, père célibataire de 3 enfants turbulents qu’il adore -, et vient de se faire offrir par le premier un chien : Woody-Allen (sorte de chihuaha à houppette décolorée, qui ressemble vaguement à un chien et franchement à un Gremlins). Petite ombre au tableau : depuis des débuts prometteurs dans le cinéma alors qu’elle était ado (ne lui demandez pas de quand date ce film !), sa « carrière » végète. Enfin, carrière… Grosse ombre au tableau – que dis-je, cataclysme : Quentin la demande en mariage. Quelle idée ! Cela ne fait que… 5 ans que ces deux là filent le parfait amour et se complètent au quotidien (l’un débouche le tube de dentifrice, l’autre le rebouche ; l’un est responsable, l’autre… un peu moins). Isabelle ne peut accepter, et parce qu’elle refuse de s’engager, mais aussi de continuer à faire souffrir Quentin (dont les projets ne sont finalement pas les siens), elle préfère mettre un terme à leur relation. Un sacrifice qui en plus de la priver de l’homme de sa vie la conduit à la rue, avec 24 euros sur son compte bancaire. C’est alors que son chemin croise celui d’Adriana, fille d’un réalisateur bien connu, qui lui propose un drôle et étrange marché, pour un salaire mirobolant. Même si elle a quelques scrupules (surtout à laisser Woody-Allen à Amina), Isabelle n’a pas tellement le choix : elle accepte et file passer 15 jours en Italie avec la famille Kozlowski. Et ce qui arrive, même le plus talentueux des scénaristes n’aurait pu le prévoir.

Avec beaucoup d’humour et de talent, Marie Vareille nous entraine sur les pas d’une héroïne hors norme, probablement d’ailleurs parce qu’elle n’en a pas le profil. Et pourtant, on s’attache à elle dès les premières lignes, se laissant surprendre par son sens de la logique et des priorités, attendrir par ses états d’âme, séduire par sa spontanéité. On rit aussi, parfois d’elle – et de son incroyable maladresse – mais souvent avec elle : Isabelle devient très rapidement une amie que l’on pense connaître depuis toujours et à laquelle on souhaite de tout cœur un dénouement heureux. Et ce n’est pas gagné ! Car la famille dont elle va avoir la charge par cet étrange concours de circonstances est complétement déjantée, et a volé en éclat à la suite d’un drame toujours très présent. De quoi raviver quelques pénibles souvenirs aussi du côté d’Isabelle, et lui insuffler l’énergie nécessaire pour tenter de remettre sur les rails la famille Kozlowski … et sa vie !

Là où tu iras j’irai tient donc toutes ses promesses (on avait adoré Je peux très bien me passer de toi, Charleston) et nous convainc une nouvelle fois qu’il faut très étroitement surveiller les actus de Marie Vareille, sous peine de se priver d’une superbe lecture !

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