IDP37, Mathieu Neu, Editions Plon, Sang Neuf

Jeune homme timide et réservé, Paul a choisi un métier difficile ; il est dessinateur de presse. Il est sur le point de décrocher un poste chez Avant-Garde, un magazine qui se démarque par son côté rebelle. Et dans une société sous contrôle, ce genre d’emploi est une aubaine pour la créativité de Paul.

Lors d’une soirée costumée en boite, où il accompagne de mauvais gré ses amis, Paul fait la connaissance d’une jeune femme mystérieuse, dont le visage est caché derrière un masque. La conversation n’en est que plus intrigante, plus fascinante, sans compter qu’elle s’intéresse beaucoup à lui. Elle refuse pourtant d’enlever son masque. Est-ce un moyen de cacher sa timidité ? C’est ce que Paul croit.

Jusqu’à ce qu’elle disparaisse au cours de la soirée sans lui avoir donné le moyen de la recontacter. Jusqu’à ce que Paul, obsédé par l’identité de la jeune femme, pousse ses recherches plus loin. Jusqu’à ce qu’il se retrouve emporté malgré lui dans une enquête terrifiante…

Dans un monde où le gouvernement a établi la surveillance de chaque individu et contrôle ses moindres faits et gestes, subsistent quelques personnes comme Paul, qui possède  un IDP de 37, trop faible par rapport à la moyenne. IDP, ou indice de personnalité, est une mesure mise en place visant à contrôler les citoyens, vérifier leur capacité à s’intégrer à la « démocratie », à suivre le mouvement imposé.

Le terme de démocratie ne signifiant bien sûr pas grand-chose, dans ce contexte où chaque citoyen est épié, surveillé, les moindres éléments passés au peigne fin, où nulle activité n’échappe aux autorités. Un avant-goût terrifiant de ce que pourrait devenir notre société. La notion de liberté n’a plus aucun sens et crée une atmosphère de malaise constant qui ne cesse de croitre au fil de la lecture. L’auteur dénonce subtilement, à travers cette histoire, notre société et les progrès qui en découlent, la corruption des dirigeants et leur façon de priver la population de sa liberté, tout en lui faisant pourtant croire qu’elle en dispose.

Pour les connaisseurs, IDP 37 n’est pas sans rappeler la série britannique Black Mirror ; ce même malaise qui s’insinue en vous et vous fait ouvrir les yeux l’espace d’un instant…  Malgré cela, ce n’est en aucun cas négatif ; j’ai adoré ! L’histoire est brillante, la lecture fluide et le suspense intense. Pari réussi pour ce premier roman dérangeant mais qui ne laissera pas indifférent et qui marquera les esprits.

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