Les rumeurs du Mississipi, Louise Caron, Editions Aux Forges de Vulcain

Sara Kaplan est journaliste au New York Times. Un jour, elle reçoit un courrier de Niko Barnes, un vétéran de la guerre d’Irak, qui avoue avoir tué une adolescente il y a quelques années. Le courrier est publié, déclenchant une folie médiatique incontrôlable. La justice ne veut pas vraiment prendre cette lettre au sérieux ; cela reviendrait à admettre qu’une faute a été commise et qu’un innocent est enfermé depuis cinq ans.

Sara, que cette affaire touche personnellement, va tout mettre en œuvre pour découvrir qui était Niko Barnes, ce que disent ces proches, les différents médecins qui l’ont suivi afin de tenter de comprendre, de cerner l’homme. Niko Barnes dit-il vraiment la vérité ? Si oui, l’impact qu’a eu la guerre sur son esprit peut-il être entendu ? Ayant vu son père revenir du Vietnam brisé, Sara ressent beaucoup d’empathie pour Niko Barnes, sans pourtant ne jamais l’avoir rencontré.

Plus elle pousse ses investigations, plus le passé lui revient à la figure. Sans compter de dangereuses personnes qui voudraient la faire taire. Mais Sara est prête à tout pour faire éclater le scandale…

Scandale qui résonne en nous un moment après la lecture. Scandale de l’état, de l’armée qui cautionne ces guerres aux quatre coins du monde. Elles ont beau avoir lieu à différents endroits, le résultat qui en découle est le même ; la déshumanisation. L’enfer qui hante ceux qui survivent. A se demander s’il ne vaut pas mieux mourir.

Le récit est centralisé sur Sara et son besoin d’éclaircir les choses. Chaque chapitré est dédié à un personnage qu’elle rencontre, entrecoupé de ces moments où son passé ressurgit, nous en apprenant plus sur elle et nous aidant à la cerner. Passages bienvenus car Sara est un personnage complexe que l’écriture froide rend insensible. Et pourtant !

Dès le début, le suspense est à son comble ; nous n’avons qu’une obsession, découvrir si Niko Barnes a bien assassiné cette fille. Obsession qui dure… Ce qui est sûr, c’est que même une fois la réponse obtenue, nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

Un roman que l’écriture froide et détachée rend bouleversant, poignant, et révoltant pour qui possède une once d’humanité.

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