« Connemara Black » de Gérard Coquet (Jigal Polar)

Confrontée à une vague de meurtres inexpliqués, la Garda de Galway (la police irlandaise) se retrouve au centre de ce qui semble être une nouvelle guerre entre loyalistes et républicains. Dans le but de démêler le vrai du faux, le commissaire Grady envoie l’un de ses lieutenants, Ciara McMurphy, enquêter au coeur du Connemara, dans la baie de Clifden, que cette dernière a fui quelques années auparavant. Un retour aux sources qui s’accompagnera de sang et de larmes.

Difficile de résumer plus dans le détail l’intrigue de ce polar atypique tant celle-ci est dense et bien ficelée. Gérard Coquet a un talent indéniable de conteur. Dans les pas de son héroïne, le lecteur plonge dans cette Irlande des mythes et légendes et n’en ressort pas plus indemne que ses personnages.

Connemara Black est de ces polars noirs, crus, où rien n’est laissé au hasard et où chaque mot compte. La plupart des protagonistes sont d’ailleurs des taiseux qui préfèrent le langage du corps et les bonnes empoignades aux longs discours. Zack McCoy, le chef du clan et vate (devin), ancien de l’IRA, en est le plus bel exemple, coriace, rude, mais terriblement attachant. Autour de lui, toute une communauté, essentiellement masculine d’ailleurs, qui a enfoui ses secrets et ses remords au fond des tourbières et des lacs de la région. Face à eux, la volcanique Ciara dont tous ou presque sont secrètement amoureux, une « Connemara Black », du surnom donné aux filles de la région.

Ce titre intriguant est une vraie trouvaille puisque ses différentes significations résument toutes les strates de l’histoire : la mouche artificielle préférée de Zack McCoy pour pêcher le saumon, le nom d’un ancien groupe armé de l’IRA qui pourrait être à l’origine des meurtres, et la désignation de l’héroïne. Tout est là, dès la couverture et la page de garde, pour enflammer notre imagination. La plume de Gérard Coquet fait le reste et nous transporte sur cette lande aride, balayée par les vents, où l’on ne distingue pas toujours le réel du rêve ou du cauchemar.

A lire sans modération, une pinte de Guiness à portée de main, une mélodie irlandaise dans les oreilles.

 

Maitresse Jedi

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s