« Tu as promis que tu vivrais pour moi » de Carène Ponte (Michel Lafon) * entre rire et larmes

Molly est anéantie : aujourd’hui, elle enterre Marie, sa meilleure amie. Quelle injustice que de mourir à peine la trentaine passée, quelle tristesse d’imaginer ce que la jeune femme enjouée ne fera plus, quel déchirement de se dire que la vie continue même si un rire ne sonnera plus, un regard ne brillera plus. Depuis des années, Molly et Marie étaient inséparables malgré les étapes et les drames de la vie ; que faire maintenant ?

Pourtant, clouée sur un lit d’hôpital sur lequel elle a eu plus que le temps de réfléchir à la vie après elle, Marie a décidé de donner à son amie dont elle imagine bien le désarroi des objectifs : puisqu’elle-même ne réalisera jamais certains de ses rêves, alors ce sera à Molly de s’y coller – après tout, ne sont-elles pas un peu les deux parties d’un même cœur ? Molly reçoit donc bientôt par courrier 12 enveloppes plus une : une par mois pendant un an, plus une lettre lui expliquant les règles de ce « calendrier de l’après ». Par loyauté, amitié et peut-être aussi un peu pour chasser l’ennui qui a envahi sa vie bien rangée, Molly accepte de se prêter au jeu et se lance dans une suite de défis qui l’amèneront à revoir ses certitudes, reprendre le contrôle de sa vie, envoyer valser ses certitudes et amener de l’imprévu dans son quotidien. Inconfortable, l’expérience pourrait bien se révéler aussi traumatisante. A moins que Molly parvienne à temps à démêler ses sentiments et à agir selon son cœur et non selon sa raison.

Je n’avais jusque là jamais lue Carene Ponte – probablement parce que j’ai toujours un peu peur avec ces romans et auteurs dont on entend parler à longueur de fil d’actualités et de chroniques de blogs et sur lesquels on projette des attentes immenses. Mais parce qu’un certain Mathieu m’a convaincue d’y jeter un œil, j’ai tenté le coup, et grand bien m’a prise. Je me suis rapidement moi aussi prêté au jeu, me coulant dans la vie de Molly avec une facilité d’autant plus déconcertante que nous n’avons a priori pas tellement de points communs… à moins que ?… Avec beaucoup de délicatesse, Carene Ponte aborde le thème du dueil sans complaisance :  les crises de larmes, la révolte, l’incompréhension, les tabous, les silences ou les éclats de rire hystériques. Ceux qui sont passés par là le savent : ce sont alors les petites attentions qui comptent. Tout comme la galerie de personnages secondaires qu’on adore dès leur première apparition, on a envie de contribuer à rendre le sourire à Molly, on a envie de lui prouver par de petits regards, petites attentions ou grandes déclaration à quel point on l’aime. Molly étant tour à tour narratrice et personnage, on alterne entre ses sentiments et le regard qu’elle porte sur elle-même et ceux qui l’entourent et une narration extérieure parfois drôle, parfois poignante, toujours touchante. Pas besoin de s’apitoyer pour comprendre et aider, n’est-ce pas ?

Je crois bien, en définitive, qu’entre Carene et Molly, je me suis ici fait deux meilleures nouvelles amies…

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