Chanson douce, Leïla Slimani, Editions Gallimard

Myriam est une jeune mère de deux enfants, Mila et Adam. Lassée de ce rôle de mère au foyer, elle souhaite reprendre son travail d’avocate dans un prestigieux cabinet. Son mari finit par céder et ils se décident à engager une nourrice pour les enfants. L’heureuse élue s’appelle Louise. La quarantaine, elle vit seule et bénéficie de solides recommandations.

Très vite elle devient indispensable aux enfants, mais aussi aux parents, tout comme cette famille devient indispensable pour Louise. Une dépendance s’installe des deux côtés.  Myriam a besoin de Louise pour continuer à travailler, les enfants ont besoin d’elle, ils la réclament sans cesse. Et Louise a besoin d’eux pour combler le terrible vide de sa vie et oublier ses galères.  A la dépendance s’ajoute le mal-être grandissant de l’une vis-à-vis de l’autre.

Jusqu’au drame qui va se produire, inimaginable, impossible, et pourtant bien réel.

Il y a peu, on m’a conseillé de lire les prix Goncourt. Je ne sais pas pourquoi, je m’attendais à des écrits plutôt intellectuels. Ce qui est sûr, c’est que je ne m’attendais pas à ça. Agréable surprise que ce roman de Leïla Slimani, qui sur le fond, m’a beaucoup fait pensé au roman de Samatha Hayes au Cherche-midi, Les mères.

Un incroyable suspense s’installe dès le début ; on comprend qu’il s’est produit quelque chose de grave, mais on ne sait pas quoi. On comprend que Louise, la nounou modèle,  a quelque chose à voir dans cette histoire mais on ne sait pas pourquoi. Puis flash-back. Retour au début, où tout a commencé. L’intrigue n’en est que plus captivante.

Peu à peu, sans jamais quitter l’histoire, le suspense fait place à un léger malaise vis-à-vis de Louise, malaise grandissant au fil de la lecture qui ne nous quittera pas. Un malaise dû à sa façon sournoise de s’accaparer cette famille, l’espace dans lequel ils vivent, mais aussi vis-à-vis de sa situation personnelle ou de sa façon d’éduquer les enfants. Un immense contraste s’impose à nous entre la famille de Myriam et Louise. Contraste éducatif, culturel, social. Un fossé les sépare, un fossé qui se creuse davantage au fil de la lecture, et qui empêche le lecteur d’être totalement empathique vis-à-vis de l’une ou de l’autre. Cette empathie oscille d’un camp à l’autre, sans jamais déterminer avec certitude de qui l’on se sent le plus proche.

Et c’est là l’originalité de ce roman choc, aux personnages mystérieux, intrigants, captivants, aux situations tranchantes, pleines de suspense.  Un roman bouleversant à découvrir.

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