« Le Mal des Ardents » de Frédéric Aribit (Belfond) – une lecture fiévreuse, une expérience de lecture merveilleuse

Il est prof de lettres, pragmatique et raisonnable. Un peu désabusé aussi.

Elle est musicienne, violoncelliste. Non, elle est plus que ça : elle EST sa musique – fougueuse, passionnée, envoutante, imprévisible. Un peu folle aussi peut-être.

Ils n’auraient pas dû se rencontrer… Et pourtant, la magie des transports en commun les fait se croiser, se tester et les décide à entremêler leurs vies et leurs corps le temps de quelques mesures. Elle dirige, elle improvise, et donne le rythme ; il tente tant bien que mal de la suivre, de comprendre ses mouvements et ses notes, de s’accorder à cette femme qui alterne les accords et les envolées majestueuses.

Et puis un jour, la réalité les rattrape : Lou présente d’étranges symptômes – jusque-là attribués à son extravagance – qui la conduisent à l’hôpital, la plongeant dans le coma. Il est anéanti, ébahi par ce Mal des Ardents qui semble avoir saisi son aimée et la lui enlever. Il observe, analyse, étudie et remercie son esprit pratique qui, peut-être, lui permettra de la sauver – à moins qu’il ne soit lui aussi contaminé ?

Il y a l’urgence de la passion, la fulgurance de l’évidence, la peur de l’inconnu, l’importance de l’insouciance. Il y a la beauté, la dissonance, l’effarement, l’amour, la peur et la confiance. Il y a surtout la Vie dans ce texte, celle qui nous entraine et nous malmène parfois, mais que nous prenons tout de même le temps de remercier le jour où elle nous joue un joli tour ou de maudire lorsqu’elle met l’adversité sur notre route.

Frédéric Aribit, à l’image de Lou, est un virtuose ; la musicalité de son texte ne fait aucun doute (et je n’ai pas l’oreille musicale !) et nous entraine dès les premières pages. On plonge avec délectation dans un roman symphonique, magnifique, presque magique. C’est un tourbillon de mots, de notes, de corps, de pensées et d’images, une expérience de lecture intense, qui parfois nous laisse haletant, parfois nous met les larmes aux yeux ou nous coupe le souffle. La folie n’est jamais loin, l’Art sous-tend chaque rebondissement. C’est beau, c’est mélodieux, c’est déchirant – c’est à lire d’urgence.

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