La femme qui ment, Hervé Bel, Editions Les Escales

A 43 ans, Sophie mène une vie des plus routinières. Sans enfants, elle part chaque jour en RER pour la Défense, s’enferme dans un building pendant 10h pour faire ce qu’on attend d’elle, le tout avec rapidité et efficacité. Le soir, elle rejoint Alain, son mari, professeur et écrivain à ses heures. Ils n’ont pas d’enfants et cela pèse à Sophie, qui en a toujours rêvé.

Mais à 43 ans, peut-on attendre un miracle de la vie ? Sophie fatigue, s’use au travail, sature. Alors lorsque son supérieur lui reproche son manque d’implication des dernières semaines sur un dossier important, elle ment en avouant être enceinte. Un gros mensonge qui va rendre son quotidien professionnel bien plus supportable : on l’allège des grosses tâches, on lui apporte beaucoup d’attention. Prise dans un engrenage, Sophie décide de mentir également à Alain. Pour le tester sur son envie d’être père ? Pour qu’à force d’y croire, cela arrive vraiment ?

Mais ce que Sophie ne sait pas, c’est qu’Alain aussi lui a menti il y a des années : il ne peut pas avoir d’enfants. Et quand les mensonges se rencontrent, l’atmosphère s’électrise. Car Alain, furieux, est persuadé que Sophie l’a trompé. Sortiront-ils de cette spirale infernale ?

Voici un superbe roman dressant le portrait d’une femme dans la société moderne, abordant à la fois la maternité, le couple, le travail et exposant les conséquences parfois désastreuses que peut avoir même le plus petit des mensonges.

Nous plongeons dans le quotidien de Sophie avec beaucoup de facilité ; l’écriture est fluide, agréable et suscite l’empathie. Sophie a tout de la quarantenaire actuelle, la peur de vieillir, le désir de casser la routine, la difficulté de voir son travail évoluer vers le tout numérique. Subtile dénonciation de l’évolution de notre société qui s’anglophonise dans ses propos, qui ne jure plus que par les jeunes arrivant sur le marché, plus dynamiques, plus modernes, plus aptes, et délaissent ces « séniors » qui ne sont plus dans le coup pour le profit à tout prix.

Mais au-delà des difficultés professionnelles que ressent Sophie, on perçoit surtout cette peur de vieillir sans avoir eu d’enfant, en contradiction avec cette envie de liberté. Son désir de donner la vie est tel que son désarroi est d’autant plus profond face aux autres femmes enceintes, mamans ou épanouies. Une douleur extrêmement bien écrite qui se ressent lors de la lecture et touche le lecteur.

Une dimension dramatique qui apporte tout son piquant à cette lecture avec laquelle j’ai passé un agréable moment. La plume est parfaite, pleine d’émotions et de subtilités, de paroles pleines de sagesse et de vérités.  A découvrir absolument !

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