« Le ciel n’existe pas » d’Ines Fernandez Moreno (Lattès) * une jolie lecture

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Cala a une vie un peu décousue, très chaotique, plutôt insatisfaisante mais finalement pas si nulle. D’accord, sa mère est despotique ; d’accord, son boulot de pigiste dans un magazine féminin ne répond pas tout à fait à ses attentes ; oui, son amour est parti il y a des mois de l’autre côté des Andes, lui donnant peu de nouvelles, et juste assez d’espoir pour attendre. Pourtant, le jour où elle se rend compte que Sabrina, l’auxiliaire de vie de sa mère, les vole, sa vie prend un virage inattendu : la jeune fille l’entraine à sa suite dans les méandres de la traite des Blanches qui polluent les bas-fonds de Buenos Aires et menace des milliers de jeunes filles. Si on ajoute à cela qu’elle se retrouve avec le bébé de Sabrina sur les bras – un bébé qu’elle adore rapidement et dont elle est finalement très fière de savoir s’occuper – et que sa voisine la poursuit pour qu’elle lui apprenne à devenir écrivain, il n’y a plus de doute : Cala va devoir ouvrir les yeux sur le monde réel, là où elle préférait son univers un peu bohême et si rassurant.

Avec ce roman quelque peu décalé, Ines Fernandez Moreno nous entraine à la découverte (en tout cas pour moi) de la société argentine contemporaine. Trafics divers, modernité déstabilisante, femmes victimes ou engagées mais toujours touchantes, histoires d’amour contrarié et d’amitié solide, réflexion sur la maternité – être/devenir/supporter la mère – et sur le couple, sur la liberté,… On sourit, on rit, on se désole et se révolte, on découvre et on se renseigne sur une société que nous connaissons peu – mais pas beaucoup plus que le strict nécessaire. L’écriture de l’auteure est emprunte de douceur, mais aussi de détermination, d’admiration – il en découle une lecture fluide (et rapide), qui donne le sourire. Une légèreté de façade cependant, et de nombreuses pistes de réflexions à creuser. Si ce roman ne fera probablement pas date (peut-être qu’il aurait plus facilement tiré son épingle du jeu hors rentrée littéraire…), il tient pourtant ses promesses et nous fait découvrir une auteur à suivre.

 

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