« Mille ans après la guerre » de Carine Fernandez (Les Escales) * L’Espagne comme on la connait peu

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Medianoche – ou Miguel de son nom de baptême – est aujourd’hui un vieil homme qui n’a jamais été si heureux que depuis qu’il vit uniquement avec Ramon, son chien. S’il fait figure d’original, tout le monde s’accorde à dire que c’est un bon bougre. Mais le jour où il reçoit un courrier lui annonçant que sa belle tranquillité risque de voler en éclat à cause de l’intrusion dans sa vie d’une sœur depuis longtemps oubliée, il décide de partir. Parce qu’il ne sait pas trop où aller, c’est sur la route de ses souvenirs qu’il se lance. Un voyage dont il ne se doutait pas qu’il serait si dur et si beau, sur les traces d’un jeune Espagnol malmené par les guerres – civiles et mondiale – et qui se forgea à force de coups durs et de poings un féroce amour de la liberté

La guerre d’Espagne, les années franquistes, le rôle des résistants espagnols, ces années noires de l’Histoire de l’Espagne, … sont autant de faits historiques que nous ne connaissons pas assez. Parce que l’Histoire est écrite par les vainqueurs, la mémoire des vaincus, elle, a tendance à se perdre. Pourtant, à l’instar du jeune Medianoche, c’est toute une génération de jeunes Espagnols qui fut sacrifiée, soit parce qu’elle se fut engagée, soit parce qu’elle fut dénoncée. Camps de concentration, exécutions sommaires, délation, déportations, exactions, … Carine Fernandez nous ouvre les yeux sur cette guerre civile qui pendant longtemps n’en portât pas le nom et que nombre d’entre nous ne connaissent pas. Comment un pan si noir de notre histoire moderne a-t-il ainsi put être ignoré, oublié, alors même qu’il ne date que de quelques décennies ?

Carine Fernandez, par le biais de l’histoire de cet octogénaire qui se retourne sur sa vie et en fait un bilan, nous ouvre les yeux sur une réalité dérangeante ; avec beaucoup de finesse, elle nous donne à voir le pire. Avec des mots simples mais qui dépeignent avec sensibilité les émotions du jeune Medianoche et du vieil homme qu’il est devenu, nous arpentons les souvenirs d’un homme et l’Histoire moderne d’un pays que nous pensions bien connaître. Deuils, amours, amitiés, loyauté, liberté … L’auteure met des mots justes sur des événements tour à tour dramatiques et magnifiques et qui, tout comme ils façonnèrent la vie de l’homme, ont engendré la société espagnole contemporaine. Mille ans après la guerre est  d’un réalisme et d’un humanisme remarquables mais réussit cependant le tour de force d’être un roman passionnant et optimiste.

 

 

 

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