Auprès de moi toujours, Kazuo Ishiguro, Folio

Kath, Ruth et Tommy se connaissent depuis l’enfance. Ils ont grandi coupés du monde, dans un pensionnat au coeur de la campagne anglaise, Hailsham, un lieu en apparence idyllique. Considérés comme spéciaux, leurs enseignants les incitent à développer leur créativité afin que leurs meilleures oeuvres soient envoyées à la Galerie, un endroit mystérieux et fantasmé par les élèves, pour y être exposées. Devenue adulte, Kath se remémore avec ses amis ses moments précieux passés à Hailsham. Mais qu’était vraiment cette école dont la localisation semble avoir été oubliée par tous ? Quelle particularité faisait de Kath et ses camarades des êtres à part ? Et quelle est la nature des dons que Ruth et Tommy ont commencé à faire ?

L’annonce de l’attribution du prix Nobel de littérature à Kazuo Ishiguro (amplement mérité pour moi) m’a donné envie de me replonger dans l’un de mes romans préférés, Auprès de moi toujours (Never let me go en vo), publié en 2006 en France, un an après sa sortie anglaise. Adolescente, j’avais lu (et apprécié) un autre de ses romans, Les vestiges du jour, dont l’adaptation cinématographique par James Ivory avec Emma Thompson et Anthony Hopkins m’avait subjuguée.J’avoue qu’en 2006 quand Auprès de moi toujours est paru, j’avais oublié jusqu’au nom de Kazuo Ishiguro. C’est une critique dithyrambique d’Olivia de Lamberterie en ouverture des pages Livres du magazine Elle qui me l’a remis en mémoire et m’a incité à redécouvrir l’écriture sensible du romancier britannique avec ce roman d’anticipation que l’on pourrait presque qualifié de dystopique (même si la société décrite n’est pas apocalyptique).

La narratrice, Kath, jeune femme de 31 ans, raconte son histoire à la première personne. C’est à travers ses yeux que l’on entre pas à pas dans cet univers en apparence semblable à l’Angleterre des années quatre-vingt-dix et que l’on rencontre les autres protagonistes, Ruth et Tommy ses deux meilleurs amis, mais aussi leurs camarades d’Hailsham, et leurs professeurs et gardiens, Miss Géraldine, Miss Emily, Miss Lucy… Le roman se découpe en trois parties, la première consacrée aux souvenirs d’enfance de ce fameux pensionnat où tous ont été plutôt heureux, la deuxième consacrée à leur vie aux Cottages, après leur départ d’Hailsham, et leur entrée dans l’âge adulte, la troisième autour de la quête de Kath et Tommy pour retrouver Madame, la directrice de la fameuse Galerie.

L’intrigue se dévoile peu peu même si dès les premières lignes nous sentons que quelque chose cloche. L’intelligence d’Ishiguro est de laisser le lecteur dans le flou toute la première partie. Nous sommes donc sous tension en permanence et cela donne un sentiment d’urgence à notre lecture tout en souhaitant la poursuivre le plus longtemps possible avant que n’arrive la catastrophe. Pour ma part, je suis tombée amoureuse des personnages dès la première page et je ne voulais pas qu’il leur arrive ce que je pressentais. La deuxième partie est plus sombre. Elle se concentre sur les dissensions qui apparaissent entre les membres du trio jusqu’à leur séparation. La fin, inéluctable, est à la fois triste et pleine de grâce.

Auprès de moi toujours est un roman d’une grande force romanesque, un roman qui nous interroge sur la vie et sa valeur, un roman qui reste graver dans nos mémoires. A lire ou relire d’urgence.

Maîtresse Jedi

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