« Le Parrain et le Rabbin » de Sam Bernett (Cherche Midi) * pour se rappeler qu’en temps de guerre, la nature humaine réserve les pires et les plus belles surprises

Novembre 1943. L’Italie subit le courroux des nazis et à leur tour (Mussolini n’est plus considéré comme un allié par l’Allemagne nazie), les Juifs italiens subissent les rafles, les violences et la peur. Comme partout en Europe, ils se cachent pour tenter de survivre, s’organisent pour sauver ceux qui ont échappé aux déportations. Parmi eux, de nombreux enfants, soudain orphelins et recueillis notamment par les institutions juives, aidés plus ou moins efficacement par les populations locales et les associations internationales qui tentent de leur apporter leur soutien.

Sam Bernett s’est dans ce très beau texte penché sur le cas particulier d’une yeshiva (école juive) de Milan, dont les instituteurs et le directeur, pour échapper à une rafle, entrainèrent dans les montagnes une quinzaine de jeunes garçons. Alerté par les habitants, les membres du Rescue Committee de New York mirent alors tout en place pour sauver les fuyards – quitte pour cela à mobiliser un réseau inattendu : la Mafia italienne de New York.

Ce sont cette histoire et cette rencontre que nous conte ici l’auteur : la fuite, l’impuissance, la peur, et la conviction que des vies humaines, parfois, valent une entorse aux valeurs que l’on enseigne et prône. Parce qu’à ce moment-là seul un réseau si solide et efficace que celui de la Mafia italienne new yorkaise pouvait venir en aide à une vingtaine de Juifs perdus dans les montagnes enneigées d’Europe, le Rabbin se résolut à les solliciter, et constata alors que même les pires truands, face à l’urgence de la Guerre et de la vie, pouvaient faire preuve d’humanité. La leçon est belle, salutaire même – se souvenir que rien n’est jamais tout noir ou tout blanc, entièrement bon ou totalement noir, et que face aux circonstances, l’Homme peut faire preuve du pire comme du meilleur.

Au-delà du roman, bien mené, c’est surtout l’épisode historique qui est passionnant, et une nouvelle fois, nous ne pouvons que remercier la littérature de nous faire découvrir (ou re-découvrir) des « anecdotes » historiques méconnues, essentielles pour la mémoire commune et ô combien instructive sur la nature humaine.

 

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