« Ni tout à fait une autre » de Caroline Vié (Les Escales) * Une auteure qui compte, incontestablement

Pour être tout à fait franche avec vous, j’attendais ce roman – le 3ème de Caroline Vié – depuis longtemps. Oh, je savais par réseaux interposés qu’il paraîtra en mars, mais alors que le temps défile par ailleurs, je trouvais que la date de parution de Ni tout à fait une autre ne semblait pas vouloir se rapprocher. Inutile donc de vous dire que lorsqu’il a atterri dans la BAL (et dédicacé !!), j’ai tout arrêté !  Grand bien m’en a pris. Au-delà de ne pas me décevoir, ce troisième roman couronne la bibliographie de Caroline Vié et confirme son talent.

Premier d’entre eux : sa capacité à décrire de manière authentique et diablement corrosive les rapports humains, à rendre compte de l’intransigeance du regard que nous portons sur nous, à nous rappeler que l’essentiel n’est pas d’être ce qu’on doit être, mais bien ce que l’on souhaite être. Car Iris avait tout : mariée à l’homme qu’elle aimait depuis qu’elle était ado, elle l’a aussi suivi trois décennies sur les meilleures scènes rock du monde entier. Etre la femme d’une rock star, ça peut faire perdre pieds et le sens des réalités… mais ça a surtout conduit Iris à faire de son rôle dans l’ombre une habitude – dans laquelle elle excelle. Mais le jour où Iggy – alias Ignace Lambert – décède d’une overdose, Iris s’en rend compte : à force de pousser dans l’ombre d’un autre, on manque de lumière et on végète. Et lorsque le soleil revient dans sa vie sous les traits du séduisant Adrien, le risque est grand qu’il la brûle plutôt qu’il ne la révèle. A cinquante ans, a-t-on vraiment le droit de tout reprendre à zéro ? de redevenir une ado victime de l’amour ? et surtout de commencer, égoïstement, à vivre pour soi ?

Ni tout à fait une autre est une pépite, un roman profondément humain qui fait sourire, venir les larmes aux yeux et grincer des dents. Avec une clairvoyance qui met mal à l’aise, Caroline Vié met en scène les déboires d’une jeune veuve de 50 ans, tantôt femme mûre et désenchantée, tantôt jeune amoureuse écervelée, mais toujours impitoyable avec elle-même. Et pourtant, lorsque la vie la force à (re)prendre son indépendance, nous ne pouvons que nous réjouir de la voir se (dé)battre pour enfin prendre le contrôle – mais se contrôle-t-on vraiment du jour au lendemain sans dommage ? Tomber amoureuse dans une « deuxième vie » n’est-il pas encore plus dangereux qu’à 20 ans ?

Une belle métaphore des nouveaux départs, de ceux que la vie nous contraint à prendre et qui, à tout prendre, ne sont pas seulement des freins.

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