« Bienvenue à Paradise Lodge » de Nina Stibbe (Fleuve éditions) * Générations déjantées!

Envie de rire – jaune – et de grincer des dents ? Amateurs de comédies sociales décapantes mais incroyablement clairvoyantes ? Alors laissez-vous tenter par ce roman de Nina Stibbe, ô combien savoureux, et par sa vision du fossé des générations 😊

Lizzie a 15 ans et plus aucune envie d’aller à l’école. Depuis que sa mère a fait un bébé dans le dos de son beau-père et que celle-ci déprime, elle veut se rendre utile… mais pas seulement à la maison. Alors quand la maison de retraite du coin cherche des auxiliaires de bonne volonté – et c’est déjà pas mal -, elle se lance : après tout, quelle différence entre le bébé Danny et les pensionnaires de Paradise Lodge ? Mis à part les dentiers qui peuvent malencontreusement se mélanger pendant leur lessive … ou les rondes aux WC à organiser régulièrement pour chacun des 35 pensionnaires – moins pire que les couches, non ? … ou la présence d’une morgue au fond du couloir ? Bref, Lizzie pense pouvoir rapidement devenir un élément encadrant indispensable, et ainsi faire comprendre à la principale du lycée et à sa mère son désintérêt pour les cours. Pourtant, comme tout univers professionnel, Paradise Lodge a ses règles, ses us et coutumes, ses gentils et ses méchants, ses abus. Elle y a ses habitudes, elle s’y construit une vie qui lui plait bien, elle y côtoie des collègues qui pourraient bien devenir des amies et qui se passionnent pour ses études des shampoings disponibles sur le marché. Et le jour où un établissement concurrent menace la survie de « sa » maison de retraite, Lizzie prend la tête de la fronde. Il n’est pas encore vieux celui qui la dégoûtera de cette nouvelle vocation.

Avec humour, Nina Stibbe lève le voile sur la vieillesse et sa prise en charge, sur les turpitudes des établissements de prise en charge où le meilleur côtoie le pire, sur ces hommes et ses femmes qui, par vocation ou par défaut prennent soin ou font vivre un enfer à nos anciens – et sur ces Anciens qui peuvent parfois devenir des Diables en fauteuils roulants. Parce qu’il vaut parfois mieux en rire, on se prend rapidement au jeu, et on déguste ce roman doux-amer avec délectation. Autant vous le dire, je le lis habituellement pas ce genre de roman, pour tout un tas de raison, mais cette exception en valait le coup.

Ça pique quelque peu donc, vous l’aurez compris, mais on sourit et on compatit, on s’attache à Lizzie, à ses collègues, aux pensionnaires qui tous veulent seulement faire s’articuler quelques années encore de leur vie dans les meilleures conditions possibles. Décapant, intelligent, un tantinet caricatural… du moins l’espère-t-on !

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