Rires de poupées chiffon, Philippe Rouquier, Carnets Nord

Louis Dames, tout juste retraité, s’installe dans le Vercors pour pouvoir se consacrer entièrement à sa passion ; l’étude des insectes. Le Vercors lui semble l’endroit idéal, notamment ce grand espace de nature qu’il commence à explorer dès les premiers jours. Mais très vite, l’étude des insectes passe au second plan.

Car au fond de la vallée sur laquelle Louis à jeté son dévolu, se trouve une maison isolée qui a l’air à l’abandon. Elle est pourtant habitée, par un couple d’artistes, Krim Lee, un coréen et sa femme Ceril. Louis est comme aimanté par cette maison, il retourne à proximité régulièrement jusqu’à faire connaissance avec leurs habitants, qui entretiennent une relation passionnelle et violente. Mais un jour, il est le témoin involontaire de ce qui devait être l’ultime oeuvre d’art du couple. Ceril a disparu et tout porte à croire que Krim Lee en est le responsable. L’enquête de police commence, piétine, Louis trouve l’artiste de plus en plus étrange, totalement détaché par rapport à la disparition de sa femme. Louis, comme la police, ont du mal à cerner la personnalité complexe de Krim Lee.

Voici un roman original et étrange qui se démarque immédiatement par l’écriture de son auteur, dépourvue de rythme, ce qui n’est absolument pas un terme péjoratif dans ce contexte. Au contraire, le lecteur se laisse glisser et n’a d’autre choix que de se laisser embarquer par l’histoire.

L’originalité tient surtout aux personnages. Étranges, mystérieux, décalés, ce sont eux qui apportent tout l’intérêt de ce scénario avec leurs personnalités exubérantes. Krim Lee, cet artiste que l’on peut trouver au choix soit complètement fou, soit un génie. Ceril, cette femme d’artiste, artiste elle même, a la fois douce et extravertie. Louis Dames, le personnage que l’on apprécie le plus car sans doute celui que l’on arrive à cerner le plus, mais qui n’en reste pas moins étrange, à la limite du voyeurisme avec son obsession pour cette maison et le couple qui y habite.

Bref, ne cherchez pas à essayer d’anticiper le déroulement du roman, qui est aussi décalé qu’inattendu, et qui peut surprendre autant qu’il peut déstabiliser. Car l’art est au centre de l’histoire, l’art sous sa forme la plus sombre et macabre, à l’image de ces deux artistes.

Une découverte vraiment originale !

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s