« Et que nos âmes reviennent » de Sabrina Philippe (Flammarion) – déstabilisant roman

Autant le dire d’emblée, j’ai eu du mal à entrer dans ce roman, me demandant où il pourrait me mener, m’interrogeant sur les enchainements des chapitres, a priori décousus. Pourtant, une fois une cinquantaine de pages lues, il m’est devenu difficile de m’en extirper, qu’il s’agisse de la lecture elle-même ou des réflexions engendrées par ce roman. Un roman qui, s’il ne m’a pas touchée autant peut-être que d’autres lecteurs, m’a troublée, m’a interrogée, m’a mise face à certaines de mes peurs, mais aussi certains de mes plus grands espoirs.

Car ce roman de Sabrina Philippe parle des amours qui jalonnent nos vies – la mienne, les vôtres, mais aussi nos vies d’avant. Des amours qui nous font grandir, des amours qui nous font souffrir, mais aussi de l’évidence de l’amour… qui n’en est pas toujours une. Nous y suivons en effet le parcours d’une femme bien dans sa tête, bien dans son corps, qui va tomber irrémédiablement amoureuse d’un homme qui, peu à peu, l’amènera à sombrer d’elle-même ; psychologue, elle connait pourtant le schéma des amours toxiques, mais cet homme qu’elle admire – aime ? – lui offre toutes les apparences qu’elle avait toujours crues tenir de l’amour : la beauté d’un couple harmonieux et envié, le bonheur des sorties à deux dans de magnifiques endroits, cette installation à deux qui fait tant rêver, des voyages dans le cadre d’une carrière brillante aux quatre coins du monde, …. Pourtant, l’intime n’y est pas. Pire, de petites piques lancées en guise de conclusion à leurs conversations en gestes attribués à la colère, elle perd sa confiance en elle, son éclat, s’isole, se retire du monde, refuse de se regarder en face. Le mécanisme, elle le connait bien ; mais il s’agit d’elle et de quelque chose qu’elle ne maitrise pas. Dont elle souhaite comprendre les origines sans se douter que cela remettra en cause ses croyances, ses projets, sa vision d’elle-même et de sa place dans le monde.

J’ai été… subjuguée par ce texte – je ne saurais dire si je l’ai aimé ou pas, mais je sais que je m’en souviendrai et que les questions qu’il a soulevé en moi me poursuivront longtemps.

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s