Le rêve de l’okapi, Mariana Leky, Editions JC Lattès

Rêver d’un okapi signifie que dans les prochaines 24h, quelqu’un de proche va mourir. Et malheureusement, Selma vient d’en voir apparaître un en songe. Dans le petit village où elle habite, chacun panique, chacun reste chez soi, de peur de voir apparaître la mort en face. Mais la mort frappe où elle veut, quand elle veut.

Dans ce petit village où chacun se connaît, nous ferons la connaissance de Luise et de son entourage. Son meilleur ami Martin, un enfant battu par son père qui ne rate pas une occasion de quitter la maison. Ses parents qui n’accomplissent pas vraiment leur rôle ; son père voyage tout le temps, sa mère voit le glacier du coin. Alaska, le chien. Sa grand-mère Selma, avec qui elle passe la plupart de son temps, une femme sage et posée. L’opticien, secrètement amoureux de Selma, mais qui se contente de son amitié. Elsbeth, une femme dont les plantes n’ont aucun secret pour elle. Mairlies, une femme qui déteste les gens et se plaint de tout, tout le temps.

Et puis, un jour, Frédéric, un moine bouddhiste du Japon fait son apparition d’une drôle de façon et vient bousculer la vie et les intérêts de ce petit village.

Voici un roman qui ne manquera pas de surprendre par son rythme étrange, décalé. Une première partie plutôt lente, avec la présentation de chaque personnage et l’histoire qui défile sur l’enfance de Luise. Jusqu’à la mort d’un personnage. A partir de cet instant, tout devient plus rapide et défile en accéléré ; Louise est soudain une jeune femme, le temps passe de plus en plus vite. Ce qui est une belle métaphore de la vie ; lorsque nous sommes enfants, le temps défile plus lentement, à l’instar de nos premiers moments dans la vie d’adulte.

En parlant de vie d’adulte, Luise va rentrer dedans à vitesse grand V. Pas seulement à cause de la mort d’un proche, mais aussi avec l’amour qui va entrer dans sa vie. Elle va découvrir les premiers émois, le regard de l’autre, la distance, la tristesse et le chagrin des amours impossibles.

Les personnages sont un peu décalés, le style possède un côté absurde qui rend l’histoire captivante, et on ne peut s’empêcher de s’attacher à chacun des membres de ce village, à leur petit grain de folie qui apporte du piment au scénario. A travers ce rêve que chacun craint, l’auteure met la peur de la mort en évidence, chaque personnage réagit différemment, à notre manière, lorsque nous savons que la mort d’un proche est inévitable. L’auteure aborde le deuil d’une façon plutôt poétique malgré le contexte.

C’est l’histoire d’un petit village comme tant d’autres, avec ses personnalités uniques, avec ses commérages, avec ses curieux, avec aussi cet amour qui unit les habitants, faisant évoluer le lecteur dans une communauté loufoque, certes, mais très attachante.

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