La deuxième femme, Louise Mey, Editions du Masque

Mal à l’aise en société, timide et manquant cruellement en confiance en elle, Sandrine ne s’aime pas, se trouve grosse, moche, conne. A l’origine de tous ses problèmes ; son enfance particulièrement difficile.

Tout va changer le jour où elle rencontre l’homme qui pleure. Celui qui va entrer dans sa vie va la regarder, vraiment la regarder et lui redonner confiance en elle. Tout va aller très vite, elle va s’installer chez lui, avec le fils qu’il a déjà, à la place de la première femme. Cette première femme qui a disparu, présumée morte à la suite de l’enquête malgré l’absence de corps. Sandrine prend son rôle très au sérieux et va tout faire pour apporter bonheur et joie au quotidien du petit Mathias et de son père. Car elle leur est reconnaissante de l’accueillir, de l’aimer, de rendre sa vie plus belle qu’elle ne l’a jamais été.

Et puis un jour, la première femme réapparait. Elle est vivante, elle fait la une des infos, elle est une tornade qui va s’immiscer dans leur quotidien. Car malgré sa perte de mémoire très importante, la première femme veut revoir son fils. Alors le quotidien de Sandrine va voler en éclats, changer son homme, rendre leur vie très compliquée.

A l’heure où les féminicides et violences faites aux femmes font la une de l’actualité, à l’heure des #metoo et autres dénonciations de harcèlements sexuels, à l’heure de l’explosion du féminisme, ce livre s’ancre parfaitement dans l’actualité.

L’auteure explore la violence conjugale sous toutes ses formes à travers le couple en apparence heureux que forment Sandrine et cet homme si difficile à cerner. Elle en vient petit à petit au fait, à la cruelle réalité que vit le personnage de Sandrine, ne révélant que tardivement la violence qu’elle subit, même si on se doute que quelque chose cloche. La tension en fait que croitre, nous mettant mal à l’aise, nous rendant durement observateur de ce quotidien.

Le côté un peu lent du récit ne fait qu’amplifier cette tension psychologique qui règne dans la maison, explorant largement les dessous du mécanisme de la violence conjugale, qu’elle soit morale ou physique, car bien souvent l’un ne va pas sans l’autre. Une emprise à laquelle il est difficile d’échapper.

J’ai dévoré ce livre d’une traite, plongée dans le terrible quotidien de Sandrine. Si tout en moi hurlait à ce personnage de s’enfuir, j’ai également réalisé grâce à l’excellente écriture si réaliste de l’auteure, qu’il n’est pas si facile de sortir d’une telle emprise. La note en fin d’ouvrage fait froid dans le dos ; plus que jamais, parlons-en, pour que les violences conjugales cessent.

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