Et toujours les forêts, Sandrine Collette, Editions JC Lattès

Corentin a vécu une enfance difficile ; un père qui a déserté son rôle, une mère qui ne tenait pas mieux le sien, Corentin a passé une partie de son enfance entre des foyers où il n’était pas le bienvenu et la maison de sa mère où il ne l’était pas plus. Jusqu’à ce que cette dernière décide de le laisser à Augustine, une vieille femme habitant le petit hameau.

Ici, Corentin revit. Au milieu des forêts, avec la vieille Augustine, une relation se crée et Corentin se reconstruit. Les années passent et les études le mènent à Paris, où il découvre la ville, la fête, les amis et les souterrains de Paris qui leur fournissent un échappatoire à la chaleur, aux bruits, à la ville. Être ensemble, s’enivrer, refaire le monde et oublier la canicule de plus en plus forte. Et soudain, un bruit, puis le silence. Lorsque Corentin remonte à la surface, il ne reste plus rien : la ville est dévastée, monstrueusement vide. L’air n’est que poussière. Est-ce donc cela la fin du monde ?

Corentin n’a plus qu’une idée en tête : retourner dans les forêts, s’accrochant à l’espoir fou que Augustine est encore en vie. Mais dans ce monde dévasté, difficile de s’y repérer, car bientôt se poseront les questions élémentaires ; comment se nourrir, comment survivre. Pourtant Corentin va s’accrocher, persuadé qu’après chaque fin se cache une renaissance, la certitude que le monde peut renaître de ses cendres.

Sandrine Colette vit dans le Morvan, territoire vert que je connais plutôt bien, et on sent vraiment l’inspiration que cet espace lui souffle. Je suis fascinée à chacun de ses nouveaux ouvrages, j’admire son écriture si puissante et détachée qui donne à ses histoires une atmosphère particulière. Celui-ci est un livre surprenant. Habituée à ses polars plutôt sombres, je ne l’imaginais pas évoquer une fin du monde.

Le roman débute avec l’enfance difficile de Corentin, à qui il est difficile de ne pas s’attacher. Puis soudain tout bascule. Et à partir de ce moment, il est impossible de se détacher de la lecture. On observe Corentin évoluer dans ces terres ravagées, comme on regarderait un film catastrophe ; hypnotisés, incapables de détacher notre regard de ces scènes de désolation, de silence, tentant de s’accrocher à la moindre lueur, ressentant une angoisse inexplicable.

Avec un magnifique contraste entre la rapidité du début et le temps qui semble s’arrêter après le drame, l’auteure met parfaitement en avant le sentiment d’impuissance qui pourrait nous envahir si un tel événement devait se produire. Que ce soit l’état de la nature, du monde, les problématiques de survie pour les rares survivants, mais aussi la violence entraînée par ces besoins de survie. L’être humain n’apprend malheureusement pas de ses erreurs et est condamné à reproduire encore et toujours le même schéma…

C’est un roman incroyable, fort en suspense et dans lequel règne une ambiance apocalyptique très réelle et très visuelle. En refermant la dernière page, j’ai presque été surprise de constater que j’étais tranquillement dans mon canapé, que le ciel était bleu, que les oiseaux gazouillaient… Premier gros coup de coeur de la rentrée !

2 réflexions sur “Et toujours les forêts, Sandrine Collette, Editions JC Lattès

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