Avec toutes mes sympathies, Olivia de Lamberterie, Stock

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Écrire pour surmonter l’insurmontable. Le frère d’Olivia de Lamberterie, Alex, se suicide le 14 octobre 2015 à Montréal. Pour que ce frère adoré ne soit pas réduit à sa mort brutale, la célèbre critique littéraire raconte sa vie depuis leur enfance parisienne, une vie qui fut belle, riche, heureuse et emplie d’amour.

Le texte d’Olivia de Lamberterie, édité dans la collection La Bleue de Sotck, ne porte ni la mention « roman » ni la mention « récit », sans doute est-ce un peu les deux. Incontestablement une oeuvre littéraire, hommage à ce petit frère solaire à qui tout réussissait mais qu’un mal, diagnostiqué trop tard, rongeait depuis toujours. J’aime l’idée que la lecture et l’écriture nous aident à guérir même si il est bien illusoire de guérir d’une telle blessure. 

Sans jamais donner l’impression au lecteur d’être un voyeur, Olivia de Lamberterie donne corps à ce drame personnel en magnifiant la vie, la sienne et celle de son frère. J’ai tellement plongé dans le texte que j’ai complètement occulté le sous-texte. Nul besoin ici de name dropping car peu importe qui sont les personnalités connues derrière les prénoms des proches. Tout est oublié, balayé par la force évocatrice des mots qui donne corps à cette fratrie soudée, cette famille moderne, recomposée, où tous les morceaux choisis sont les bienvenus, où l’amour est presque plus fort que la mort. Ce pourrait être une fiction alors que tout est vrai et que l’ouvrage a reçu le Prix Renaudot Essai 2018. 

J’ai découvert le style d’Olivia de Lamberterie, comme tout le monde, en lisant ses critiques dans le magazine Elle.  Des critiques qui, pour moi, sonnaient toujours juste et m’ont incitée à découvrir plusieurs romans qui figurent maintenant parmi mes préférés. Après avoir lu Avec toutes mes sympathies, je me demande pourquoi elle ne s’est pas lancée plus tôt. Son écriture est simple, fluide, vivante. Il est certes question de suicide, de deuil, de dépression, mais, grâce au pouvoir des mots, Olivia de Lamberterie réussit son pari, redonner vie à son frère. La dernière phrase est, à ce titre, particulièrement significative : « Ta mort nous a rendus vivants ». 

Une lecture bouleversante qui nous donne à réfléchir sur nos propres vies.

Maîtresse Jedi

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Te regarder danser, Scarlett Cole, Editions &moi

Après la série Sous ta peau, Scarlett Cole nous fait le plaisir de revenir avec une nouvelle série de romances, Preload. Et pas n’importe quelle série… Vous vous souvenez de Dred ? Le chanteur charismatique du groupe Preload, qui vit le grand amour avec Pixie ? Et bien comme son nom l’indique, Preload va s’intéresser de plus près aux membres du groupe !

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Les pétales de sang, Dorothy Koomson, Editions Charleston noir

Comme beaucoup d’autres avant elle, Tami n’est pas la seule à penser qu’elle a la chance d’avoir une famille parfaite. Scott, un mari et père exemplaire, une belle maison dans un sympathique quartier et deux adorables filles. Mais un soir, la police vient faire voler le cocon familial en éclats, menottant et embarquant Scott sous les yeux de ses filles. La vie de Tami bascule en une fraction de seconde ; Scott a été arrêté suite à une plainte pour agression sexuelle à son encontre. Une plainte déposée par Mirabelle, la meilleure amie de Tami. Lire la suite

« Cassandra et ses sœurs » d’Anna Jacobs (L’Archipel) * déjà vu mais efficace

Après Le destin de Cassandra – que je n’ai pas lu, ce qui n’entrave pas cette lecture -, Anna Jacobs remet en scène les sœurs Blake, quatre jeunes femmes originaires d’Angleterre et obligées de quitter leur village pour se soustraire à la haine de leur tante. Elles ont ainsi dû, contre leur gré, gagner la sauvage Australie. Et si pour Cassandra, l’ainée, et pour les jumelles Maia et Xanthe cet exil semble finalement être le début d’une nouvelle vie à leur goût, Pandora reste quant à elle inconsolable : elle ne se fait pas au climat ni aux conditions de vie, et regrette sa chère campagne anglaise chaque jour un peu plus. C’est alors que survient inopinément Zachary Carr, envoyé par le notaire de leur oncle décédé pour leur faire part d’une nouvelle qui changera la vie des quatre sœurs pour toujours, à bien des égards.

Cassandra et ses sœurs est un roman d’évasion et féminin bien écrit, dans la pure lignée de ces textes qui nous plongent dans l’outback australien à l’époque de sa conquête par les Européens, nous dépeignant sa sauvagerie et sa beauté. Anna Jacobs fait se côtoyer des personnages attendus mais attachants, au destin sans surprise mais que l’on prend plaisir à suivre d’Australie en Angleterre. Ici au cœur de l’intrigue, Pandora est une jeune femme moderne pour son époque, libre, amoureuse et courageuse. Loin de se laisser abattre par les récentes épreuves traversées par toutes les quatre, elle en fait son moteur pour se bâtir une nouvelle vie, plus en accord avec ses aspirations et son cœur. Face à des adversaires déterminés et à l’adversité, Pandora se découvrira des amis, du courage et un amant. Peu original, certes, mais efficace.

Qu’y a-t-il dans ta couche ?, Guido Van Genechten, Albin Michel Jeunesse

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Bébé Souris est très très curieuse. Elle interroge tous ses amis, les bébés animaux, afin de savoir ce qu’ils cachent dans leur couche. Et elle, qu’y a-t-il dans la sienne ?

Quand bébé grandit, il est des étapes importantes que tous les parents attendent avec impatience autant qu’ils les redoutent. L’apprentissage de la propreté en est une. Quand ce fut le moment pour mon aînée (c’est-à-dire quand la nounou nous a dit que c’était le bon moment…), je suis allée prendre conseil auprès des libraires de Chantelivre (Paris 6), non loin de mon travail. J’ai toujours trouvé intéressant d’avoir recours aux albums pour expliquer aux plus petits les moments clés ou difficiles (propreté, lâcher la tétine, rentrer à l’école, déménager, maladie, etc). Ce jour-là, outre le classique Tchoupi, je suis reparti avec ce superbe album, Qu’y a-t-il dans ta couche ?, qui a aidé ma grande mais aussi sa soeur après elle et que je viens de ressortir pour mon petit dernier. 

Dans cet album très visuel, nous nous mettons dans les pas de bébé Souris qui est bien décidée à mettre son nez partout, y compris dans la couche de ses camarades de jeux. Tour à tour, bébé Lapin, bébé Chèvre, bébé Chien, bébé Vache, bébé Cheval et bébé Cochon lui montrent leurs crottes et à nous aussi car, le plus, ce sont les rabats en forme de couche qui permettent au jeune lecteur de vérifier par lui-même les dires des personnages. Toute la palette des émotions ressenties par les bébés vis-à-vis de leurs excréments (rire, gêne, surprise) est exprimée dans ces pages, une vraie dédramatisation salutaire. Enfin, l’heure de vérité, et dans la couche de bébé Souris, qu’y a-t-il ? Rien du tout : « Moi, explique bébé Souris, c’est SUR LE POT que je fais mes besoins. »

Un classique plein d’humour et de tendresse. A mes yeux, un achat indispensable pour apprendre la propreté.

Maîtresse Jedi