« Mes premiers haïkus pour bien grandir » d’Isabel Asunsolo, illustré par Chiaki Miyamoto (Leduc.s jeunesse) * coup de cœur jeunesse

Connaissez-vous les haïkus, ces savoureux petits poèmes japonais de trois lignes s’attachent à mettre en mots l’éphémère? De plus en plus pratiqués en France et à travers le monde, cet art du haïku invite à prendre le temps de se réjouir de toutes les jolies choses qui nous entourent, et ainsi à s’ancrer dans l’immédiat. Savoureux, ils se dégustent ainsi au fil de nos journées et de l’inspiration et se partagent de plus en plus via des réseaux et communautés de haïjin (ou haïkistes) actifs et que je vous recommande

Dans ce superbe album, Isabel Asunsolo (coprésident de l’association francophone de haïku) met à la portée des plus jeunes cette poésie inspirée de la culture japonaise. Et pour rendre l’éphémère, quel plus joli symbole que le papillon, dont elle parsème l’album et fait le compagnon de la petite Vera. Ce joli duo va ainsi, page après page, cheminer dans la nature et se porter à la rencontre d’un berger et de ses moutons, des étoiles, des pierres, d’une cascade, …. Autant de merveilles à notre portée si nous savons nous attarder à observer !

Au moins aussi importantes que le récit d’Isabel Asunsolo, les magnifiques illustrations crayonnées de Chiaki Miyamoto : sous ses crayons et grâce à un magnifique choix de couleurs, ce livre devient un album d’une extraordinaire beauté – l’un des plus beaux que j’ai pu récemment découvrir. Quel délectable plaisir de se balader dans les paysages dessinés avec tant de talents sur les pas de Véro et de son papillon, de plonger dans un univers merveilleux à l’esthétique rare…

Voici un album à offrir d’urgence, à partager, à découvrir et faire découvrir pour répandre poésie et beauté cet été.

 

Amour vengeance et tentes quechua, Estelle Billon-Spagnol, Editions Sarbacane

Depuis toute petite, Tara passe ses vacances au Momo’s Camping. Tous les ans, pendant 15 jours de juillet, elle retrouve un lieu cher à son cœur, ses habitués et ses nouveaux, sa soirée Couscous et son feu d’artifice, la piscine et les petits coins au bord de la rivière. Et Adam. Son ami depuis toujours, avec qui elle a de nombreux souvenirs au camping.

Oui, mais voilà. Tara a 17 ans, et lorsque cette année elle retrouve Adam, il a beaucoup changé. Il est terriblement sexy et son cœur s’emballe. Est-ce bien son Adam, son meilleur ami ? Aussi musclé et aussi beau garçon ? Tara n’a guère le temps d’analyser ces sentiments que débarque au camping Eva et sa famille. Eva ; belle, blonde, mince, une belge magnifique qui va jeter son dévolu sur… Adam. Tara ne supporte pas leur façon de se regarder, la manière dont Eva lui a volé son meilleur ami, accaparant toute son attention. Tara est prête pour Adam. Tout comme Eva… Les vacances s’annoncent plus électriques que prévues… Lire la suite

« Découvrons ensemble – Lire l’heure » (Editions Usborne) * ludique et pédagogique

L’apprentissage de l’heure, souvenez-vous, peut parfois se révéler être un véritable calvaire pour l’enfant : horloges analogiques ou montres à aiguilles, elles renvoient aussi à des durées parfois très compliquées à appréhender pour les plus jeunes. Pourtant, quelle fierté dans les yeux des enfants la première fois qu’ils parviennent à lire l’heure « comme les grands » – et dans les nôtres !

Alors pour se repérer dans le temps, lire l’heure et découper sa journée en fonction de ses activités, nous ne pouvons que vous conseiller de vous procurer Lire l’heure, de la très pratique et ludique collection « Découvrons ensemble » des éditions Usborne. Joliment illustré, il s’attarde longuement sur des questions et difficultés parmi les plus courantes : combien de minutes dans une heure ? Que peut-on faire en une minute ? Combien de temps dure la préparation d’un gâteau, un film ou un match de sport ? Est-il 14 : 00, 14h ou 2h de l’après-midi ? Au-delà, il propose de très nombreuses illustrations et rabats qui permettent de matérialiser sur un cadrant 5 minutes plus tard, une durée de 45 minutes ou encore ce que sont le quart d’heure, la demi-heure, … . Petit à petit, l’enfant positionne les aiguilles, inscrit les heures, comprend à quoi correspondent les 2 (ou 3) aiguilles de sa montre, …. En bonus, une horloge à créer en dernière page pour faire tourner les aiguilles !

Encore une fois, ce livre des éditions Usborne facilite et rend ludique un apprentissage indispensable à l’enfant et le rend acteur de ses propres connaissances. On ne peut que saluer la démarche et la qualité du livre, et vous inviter à partager ces moments joyeux et pédagogiques avec votre enfant.

« Elia, la Passeuse d’âme » de Marie Vareille (PKJ) * On est fans.

Elia vit dans une société où, pour préserver la paix, la société a été divisée en différentes castes. Chacune d’entre elle assure un rôle spécifique et prédéfini, et toutes obéissent à la même règle suprême : la communauté avant l’individu. Adolescente, Elia n’a jamais pensé à outrepasser cet ordre, même si parfois elle s’interroge sur sa perception de son propre rôle – celui de Passeuse d’âme. Malgré les enseignements reçus, malgré sa volonté de se conformer au mieux aux missions qui lui ont été attribuées, la jeune fille ne peut s’empêcher de se dire que libérer les Kornésiens (sa caste) de la vie dès lors qu’il est considéré qu’ils ont accompli tout ce que la Communauté attendait d’eux est une bien lourde charge. Le jour où elle se retrouve face à un Nosoba – membre de la caste du même nom, ouvrière, méprisée et redoutée – et prend la décision de ne pas obéir, sa vie bascule et ses certitudes volent en éclat. Obligée de fuir, Elia devra alors se confronter à la réalité, déchirer le voile à travers lequel elle percevait la société dans laquelle elle vit et admettre les zones d’ombres qui jalonnent sa vie. Elle découvrira aussi le prix de l’amitié, la force de la loyauté, la volonté de vivre selon ses propres espérances, mais aussi l’existence d’une Prophétie.

Cela faisait bien longtemps déjà que je regardais ce roman fantasy jeunesse acheté il y a quelques temps et qui avait trouvé refuge dans ma PAL…. Où il menaçait d’être enseveli ! J’ai donc récemment écouté mon instinct qui me soufflait que j’allais adorer… Ce qui n’a pas manqué !

Quel bonheur en effet que cette lecture ! Dès les premières pages, j’ai perçu que cette série promettait beaucoup, et rapidement, je me suis rendue compte que Marie Vareille relèverait le défi : Elia, sans aucun doute, se positionne dans les meilleurs romans fantasy jeunesse que j’ai pu lire les dernières années – et j’en ai lus quelques-uns, comme vous le savez ! L’auteure parvient à tisser une passionnante intrigue en reprenant les codes traditionnels du genre (société artificiellement divisée, injustice institutionnalisée, force de caractère, Prophétie, lutte pour la liberté, loyauté, combats, sacrifice, …) et les intégrant à un univers très personnel. On découvre avec stupeur la vie souterraine des ouvriers Nosobas, dont l’environnement devient véritablement un personnage secondaire omniprésent (rudesse de la vie de mineur, dangers des labyrinthes dans lesquels ils vivent, exactions des représentants de l’ordre, …), on est ressent leur fascination pour les étoiles, l’extérieur, leur colère contre ceux qui les exploitent, leur urgence à s’amuser, s’aimer, s’entraider. Les personnages prennent vie sous la plume de Marie Vareille, tous différents, authentiques, attachants et ont des personnalités qui enrichissent l’intrigue. On se passionne pour leurs histoires, leurs faiblesses, leurs liens. On compatit à leurs malheurs et on grimace en découvrant leurs angoisses. On s’interroge sur leur avenir. On a tout simplement hâte de savoir comment ils vont évoluer, et de lire le 2ème tome des aventures d’Elia et ses amis. Vivement la suite !

 

Rufus le fantôme ou la grève de la Mort (Chrysostome Gourio, Sarbacane)

Rufus est un petit fantôme espiègle, dont le meilleur ami est un zombie (Octave a donc quelques problèmes d’élocution, mais une fois habitués ses interlocuteurs n’y font plus attention), qui adore raconter des histoires qui font peur à ses camarades de classe (la meilleure est celle de sa propre mort d’ailleurs, elle marche à chaque fois !), et qui songe avec beaucoup de sérieux à son avenir. Et il sait exactement ce qu’il veut devenir (après tout, être mort dure longtemps donc autant avoir un métier qu’on aime, non ?) : LA MORT. Oui oui, vous avez bien lu : il veut devenir la Faucheuse et surprendre les vivants par son originalité, ses idées, …. Parce que bien peu de vivants le savent mais programmer, imaginer et réaliser leur mort demande une formation sérieuse, une implication sans faille et une amplitude des horaires de travail importante. Pourtant, les parents de Rufus ne sont pas trop d’accord : devenir salarié d’une telle multinationale est risqué : surmenage, mobilité professionnelle, conditions de travail qui se détériorent (il y a de plus en plus de vivants et les effectifs de la Mort ne croissent pas), … Ils aimeraient tellement que Rufus ait un métier moins exigeant – même s’ils sont conscients que c’est un métier d’avenir !

Pourtant, Rufus et son copain Octave le zombie commencent un apprentissage passionnant en cachette et se révèlent rapidement très doués. Qu’à cela ne tienne : si ce sont les conditions de travail qui causent une crise des vocations, ils ont la solution : la GREVE ! Ils l’ont lu, ce mode de protestation tend à se répandre dans le monde des vivants et porte parfois ses fruits. Les voici donc devenus les porteurs d’un mouvement de protestations repris par l’intégralité du monde des morts et qui fait trembler la Mort elle-même. Lire la suite