Au fond de l’eau, Paula Hawkins, Editions Sonatine

Après le gros succès de la fille du train, c’est un plaisir de retrouver Paula Hawkins et son écriture délicate et pleine de suspense avec un deuxième roman à la hauteur du premier.

Julia et Nel sont deux sœurs que tout a toujours opposé. Nel était celle qui brillait, la lumineuse petite puis la jeune fille belle, mince, entourée d’amis. De quatre ans sa cadette, Julia vivait dans son ombre, timide, ronde, se dévalorisant sans cesse. A 17 et 13ans, un évènement fait basculer à tout jamais leur relation déjà fragile.

Désormais adulte, Julia s’est totalement désintéressée de sa sœur et refuse le moindre contact de Nel. A ses appels incessants, elle ne répond jamais. Une semaine après la dernière tentative de Nel, celle-ci est retrouvée morte dans la rivière de Beckford, la ville où elles ont grandi. Julia est obligée d’y retourner. Reconnaissance du corps. Rencontre avec sa nièce de 15 ans, Lena. Retour dans la maison de leur enfance. Retour plusieurs années en arrière. Retour à sa peur de la rivière.

Julia a toujours eu peur de celle-ci, et elle va devoir à nouveau l’affronter. Car derrière le prétendu suicide de sa sœur se cache une vérité bien plus terrifiante qui concerne le bassin aux noyées, le surnom de ce bras de rivière qui a déjà accueilli de nombreuses femmes avant Nel… Lire la suite

« Follow me back » de A.V Geiger (Collection R) * dérangeant, fascinant, effrayant

Inutile de le cacher : j’ai en premier lieu accepté ce roman prêté par Mathieu (n’est-ce pas que je vous en parle pas mal les derniers temps : c’est un vil tentateur !) parce que j’étais curieuse. Non seulement je l’ai vu chroniqué de nombreuses fois, mais il a eu une façon de me le présenter plutôt… énigmatique. Cependant, j’ai bien pris soin de le débuter sans avoir lu la 4ème de couverture ou les différents papiers… Et je pense que ce fut une bonne chose.

Car Follow me back est un roman dont le scénario ne présente a priori pas tellement d’originalité : une jeune fille – Tessa – agoraphobe commence à suivre sur le célèbre réseau social à l’oiseau une star de la chanson – Eric. Si elle le trouve effectivement beau, le suivre est aussi l’une des facettes de sa thérapie : puisqu’elle ne peut plus sortir de chez elle et que même passer le seuil de la maison où elle vit avec sa mère est impossible, cette « vie » sur les réseaux constitue son ouverture sur le monde et sa seule possibilité d’interaction et d’échange avec l’extérieur. Sur Twitter, Tessa s’invente une vie où ses problèmes sont soigneusement relégués dans un coin de son esprit et cachés et où elle admire Eric Thorn, ce jeune prodige de la chanson. Des milliers de personnes « la suivent », la sollicitent pour commenter avec elle les actualités de la star, « aiment » ses twitts, … Son rêve : qu’Eric un jour fasse lui aussi partie de ses followers. Bien cachée derrière son écran, Tessa en est sûre : avec le temps et les bienveillants conseils de sa thérapeute et d’une inconnue cachée derrière un énigmatique pseudo, elle va guérir et reprendre une vie normale. Mais arrive-t-il vraiment que la vie que l’on s’invente et la vit que l’on subit se recoupent et se superposent ? A s’afficher sur Twitter, est-il vraiment possible de rester anonyme ? Et surtout : les mensonges proférés sous pseudo sont-ils moins graves que si nous les prononcions face à ceux à qui nous les tenons ?

Au-delà de l’intrigue et des personnages – qui, pour le coup, ne sont pas très originaux -, c’est bel et bien la réflexion sur les réseaux sociaux qui fait tout l’attrait de ce roman et tend à le transformer en thriller psychologique. Sous des scènes et des conversations apparemment banal (souhaiter être suivi par toujours plus de personnes, réfléchir en mots clés et hashtags, mettre en scène sa vie, communiquer en 140 caractères, transformer ce que l’on est pour se forger un profil attractif, …), on perçoit rapidement quelque chose de beaucoup plus insidieux. Des zones d’ombres qui, si elles ne s’affichent pas sous forme de @, de hashtags, conduisent à un inattendu dénouement. Car parlons de la fin : dérangeante, effrayante, elle nous appelle à reprendre la lecture dès le début pour trouver des indices qui pourraient expliquer cette incroyable scène finale ! Et elle nous laisse profondément mal à l’aise, à la fois impatient de connaître la suite et redoutant de nous êtes laissés prendre au piège et de devoir accepter que sous les apparences les plus anodines se cachent des prédateurs redoutables

Follow me back parvient donc, tout en reprenant les codes attendus en YA, à les retourner complètement pour nous offrir un thriller fascinant et dérangeant – l’occasion aussi de nous interroger (ou d’interroger nos ados) sur l’utilisation des réseaux sociaux. Car là comme ailleurs, les conséquences de nos posts, tchats, MP et autres confidences sont réelles.

Code 93, Olivier Norek, Pocket

Depuis le temps que j’entends parler de cet auteur, je me lance enfin avec pour commencer Code 93 où l’on fait la connaissance du capitaine de police Victor Coste.

Et celui-ci va avoir fort à faire. Alors qu’il observe le médecin légiste à l’œuvre sur un cadavre émasculé découvert peu de temps auparavant, ce dernier, contre toute attente, se réveille sur la table d’autopsie. Puis la découverte du corps d’un toxico complètement carbonisé, avec reposant à l’intérieur de son abdomen, un téléphone portable sonnant toutes les 3h, vient semer la pagaille dans la première enquête. Et enfin des lettres anonymes parviennent  à Coste, rappelant dans chacune d’elles de vieilles affaires, avec la mystérieuse mention « code 93 », un dossier inconnu du capitaine.

Alors qu’il doit former une nouvelle équipière tout juste sortie de l’école de police et l’intégrer à son équipe délestée de son meilleur collègue et ami Mathias, Victor Coste n’est pas au bout de ses peines pour découvrir la vérité. Lire la suite

« Le Dernier apprenti sorcier 1 – Les rivières de Londres », Ben Aaronovitch (J’ai Lu) * sur les conseils d’un libraire bien inspiré!

Peter Grant est un jeune agent de police londonien plein d’avenir. Alors qu’il effectue la surveillance d’une scène de crime à Covent Garden, au petit matin, il fait une rencontre inattendue : un témoin du meurtre qui s’avère être… un fantôme. Et ce n’est là que la première surprise pour Peter qui est bientôt affecté à la brigade secrète de la Police métropolitaine chargée des affaires surnaturelles, sous les ordres de l’inspecteur divisionnaire, Thomas Nightingale. Tous deux se lancent à la poursuite d’un tueur en série machiavélique et insaisissable. En parallèle, le jeune homme commence son initiation à la magie en tant que dernier apprenti sorcier de Londres.

 

Sherlock Potter. Alors que je lui commandais la suite de The Rook, Agent double, de Daniel O’Malley chez Super 8 (l’histoire d’agents secrets chargés de combattre les forces surnaturelles qui menacent la Couronne britannique dont je vous parlerai bientôt), mon libraire m’a aussitôt conseillé de découvrir la série de Ben Aaronovitch, Le Dernier apprenti sorcier. Il a eu bien raison car je me suis régalée avec ce premier tome qui mêle habilement magie et enquête policière dans la pure tradition anglaise.

 

Dès les premières pages, nous sommes plongés dans l’ambiance avec la description par notre témoin fantôme de ce fameux meurtrier qui peut changer de visage en quelques secondes. Et dans les pas de Peter Grant, nous découvrons avec lui ce monde souterrain qui vit à côté du nôtre : fantômes donc mais aussi vampires, esprit vengeur, et même divinités aquatiques ancestrales se partageant le contrôle de la Tamise. Très intelligemment, Ben Aaronivitch, scénariste de son état, dose cette part fantastique en n’oubliant pas la trame policière classique incarnée par l’agent Lesley May, collègue et amie de Peter, qui vient d’être affectée à la police criminelle. Viennent s’ajouter un humour so british, une intrigue extrêmement bien ficelée autour du théâtre populaire anglais, et une description de Londres très visuelle. Vous mélangez le tout et vous obtenez un polar érudit de très bonne facture qui se lit d’une traite. Nul doute que je ne tarderai pas à me procurer les tomes suivants que j’espère aussi bons (cinq tomes sont disponibles chez J’ai Lu, un sixième est paru en Angleterre l’an dernier, sachant qu’il y en aura dix en tout).

Enterrées vivantes, Arno Strobel, L’Archipel

Dans la lignée de Sebastian Fitzek, voici un autre auteur allemand que nous vous invitons à découvrir !

Eva croit devenir folle. Après s’être réveillée dans un cercueil, tentant vainement de se débattre, c’est finalement dans son lit qu’elle ouvre les yeux. Un cauchemar ? Oui, sûrement. Mais très réaliste. Et sauf que son corps porte les traces de sa tentative pour sortir du cercueil.

Et le cauchemar ne fait que commencer. Car le lendemain la une du journal titre sur la découverte du corps d’une jeune femme enfermée vivante dans un cercueil. Eva aurait-elle rêvé ce qu’a vécu la victime ? Mais dans l’exemplaire disposé dans sa boite aux lettres, une annotation menaçante figure dans la marge, la visant directement.  Et lorsqu’elle apprend l’identité de la victime, la panique s’installe pour ne plus la quitter, et le passé va ré interférer dans sa vie. Un passé qu’elle s’efforçait d’oublier.

Qui a tué sa demi-sœur ? Et surtout, qui lui en veux ? Ainsi débute une enquête des plus difficile pour le commissaire Menkhof, qui va se heurter à des obstacles tout au long du roman. Le plus délicat ? La disparition d’Eva, à un moment crucial… Lire la suite