Le traité des 7 lotus, Eric Boisset, Editions Plon

Timothée est un jeune garçon qui aime faire du skate avec son meilleur ami Badis, lire des livres, beaucoup de livres, et il est grand amateur d’ésotérisme, au contraire de Badis qui ne jure que par les jeux vidéos et la nourriture.

Un jour, en flânant dans sa librairie préférée, Timothée tombe sur un ouvrage incroyable ; le traité des 7 lotus, écrit deux siècles plus tôt par le yogi Paramahansa Jojoba. Livre ancien et rare, il dévoile des postures secrètes qui peuvent être dangereuses pour quiconque ne possède pas un minimum d’expérience. Timothée enchaîne plusieurs postures jusqu’à se retrouver hors de son corps. Projeté dans « la doublure du monde », il ne peut entrer en contact avec ses proches, qui ne le voient pas, ne l’entendent pas. Il ne peut que contempler son corps raidi par la posture de yoga. Lire la suite

« Never Again » de Sarah Dessen (Lumen) * Le sens des responsabilités

Sidney est une ado américaine comme tant d’autres, qui aime sortir avec ses amies et fréquente une bonne école sensée lui ouvrir les portes des meilleures universités. Seul bémol : elle vit dans l’ombre de son grand frère, Peyton. Beau, charismatique il séduit tout à la fois leurs parents, leur entourage, ses copines… Pourtant, Peyton est loin d’être un exemple et enchaine depuis quelques mois les ennuis avec la justice. Jusqu’au jour où son irresponsabilité le conduit à renverser un jeune garçon qui restera cloué dans un fauteuil à la suite de cet accident. Mais pour une raison qui échappe et qui révolte Sidney, sa mère continue à penser que l’emprisonnement de son fils est injuste, que la vie qui a été détruite cette nuit-là est celle de Peyton. Le jeune fille, pour échapper à l’environnement familial pesant et amical curieux demande à changer d’établissement scolaire, prenant de la distance avec son ancienne vie. Elle y rencontre un nouveau groupe d’amis haut en couleurs, liés depuis des années par les difficultés de la vie et des passions communes. Une découverte pour Sidney, qui bientôt est intégrée à la bande – et y côtoie un garçon qui pourrait bien la faire craquer pour de bon.

Sarah Dessen est partout décrite comme la reine du Young Adult, et j’avoue : je ne connaissais même pas son nom. C’est sur les conseils d’Emily que je me suis lancée dans ce roman destiné à un public un peu (pas mal ?) plus jeune que moi 😊 Mais qu’à cela ne tienne, un bon roman trouve toujours son public, et celui-ci a su me faire passer un bon moment, incontestablement. Car au-delà des personnages – certes bien jeunes si je me prends comme référence ! -, c’est l’environnement dans lequel elle les fait évoluer qui m’a rapidement happée. Elle décrit avec beaucoup de justesse – je pense – la descente aux Enfers d’une famille américaine et les œillères d’une mère incapable de regarder en face les failles du fils prodigue et totalement inattentive à la vie de sa fille qui fait le nécessaire pour non seulement lui faciliter le quotidien, mais aussi pour ne pas ajouter aux soucis de la famille. Mais Sidney ne peut pardonner à son frère son inconséquence, qui a non seulement conduit dans un fauteuil un jeune garçon mais aussi sa famille dans la tourmente, ses parents dans le déni.

On apprécie aussi de voir la jeune femme découvrir toutes les richesses de l’amitié, de ces liens qui se créent même dans l’adversité et s’y renforcent toujours – face à la vie malmenée de ses nouveaux amis, Sidney est plus que jamais convaincue que ses parents se fourvoient sur la véritable gravité des choses. Il se pourrait d’ailleurs qu’elle ne soit pas la seule, et que son sentiment soit partagé par la personne à laquelle elle s’attendait le moins.

Never again est donc un roman young adult qui remplit toutes les cases et nous ouvre les portes du cœur d’une ado américaine tourmentée. Les émotions sont brossées avec justesse et acuité, nous offrant une lecture à la fois intéressante et émouvante. Les fans du genre et de l’auteure se régaleront, ceux qui ne la connaissaient pas se réjouiront de l’avoir fait !

Les soeurs Mitford enquêtent, Tome1 l’assassin du train, Jessica Fellowes, Editions du Masque

1919, Londres. Louisa Cannon, jeune fille pauvre élevée par sa mère et subissant la violence de son oncle décide de tenter sa chance ailleurs ; la famille Mitford, une famille aisée de banlieue, recherche une domestique pour s’occuper de ses six enfants. Dès son arrivée, Louisa se lie d’amitié avec l’aînée, Nancy, qui à 16 ans, possède déjà une certaine maturité et une bonne humeur à toute épreuve. Lire la suite

Comptine mortelle, Anthony Horowitz, Editions Hachette *lecture croisée*

Comptine mortelle est sorti simultanément aux Editions du Masque pour adultes, et aux Editions Hachette romans, à destination d’un public plus jeune. Et c’est dans ce cadre que les éditions du Masque nous ont proposé d’effectuer une lecture croisée avec un enfant / ado de notre entourage.

Voici l’avis d’Aleyna, 11 ans et demi, et déjà une grande lectrice.

Lire la suite

« Qui ment? » de Karen M. McManus (Nathan) *

5 lycéens collés – 1 mort = 4 suspects. Tous cachent un secret. Qui ment ?

Voici une 4ème de couverture lapidaire mais efficace, qui donne le ton de la lecture.

Bronwyn est une élève très prometteuse dont l’entrée dans les écoles américaines les plus prestigieuses ne fait aucun doute.

Cooper est un prodige du baseball et est approché par des équipes de première ligue grâce à des performances remarquables.

Addy est l’une des filles les plus populaires (et jolies) du lycée, et elle file le parfait amour avec Jake depuis plusieurs années.

Nate est en liberté surveillée pour avoir vendu de la drogue et malgré l’épée de Damoclès qu’il a au-dessus de la tête, continue ses activités pour compenser l’absence de parents démissionnaires.

4 élèves, 4 profils différents, 4 ados qui ne s’étaient jamais vraiment parlé mais qui tous assistent à la mort de Simon.

Tout aurait pu s’arrêter là si, sur le site de délation qu’avait créé Simon et sur lequel il déversait depuis des mois des rumeurs (fondées mais odieuses) sur ses camarades, n’avait été posté un message sous-entendant que l’un des 4 élèves serait responsable de sa mort. Immédiatement, Simon est posé en victime, les autres en suspects. La justice et la presse s’empressent de prendre au sérieux cette publication, renonçant ainsi à explorer d’autres pistes. Et lorsqu’en plus il est découvert que chacun des 4 ados allait être la cible d’un dénonciation de Simon, aucune présomption d’innocence ne tient plus. Ils sont tous 4 jetés en pâture à leurs camarades qui les rejettent, à la presse qui se délecte de diffuser ces secrets et tous les aspects de leurs vies qu’elle peut découvrir, et à la police qui semble suivre les « révélations » du site ou de la presse sans plus d’investigation. Alors, bourreaux ou victimes ? Simon, Bronwyn, Addy, Cooper et Nate ne sont pas ceux qu’ils prétendaient être, mais qui s’en soucie depuis que l’affaire permet à d’autres de se mettre une affaire croustillante sous la dent ? Car la vraie priorité, c’est de rester n°1 dans l’annonce de scoop et de réaliser les meilleures audiences. Quitte pour cela à sacrifier de vraies vies.

Si le dénouement du roman est partiellement prévisible, aucune déception. Le vrai intérêt, pour moi, de ce texte, est le traitement de la couverture médiatique et de l’importance des rumeurs à l’heure des infos galopantes et de leur monétisation. Pour faire de l’audience, la presse et les sites ne reculent devant rien – il suffit de regarder quelques récentes affaires devenues malheureusement plus médiatiques que dramatiques -, et malgré nos protestations, nous sommes souvent les consommateurs et complices de ces contenus malsains. Une prise de conscience dérangeante mais ô combien salutaire pour ne pas oublier que la justice n’est pas un spectacle, et que les personnes impliquées dans ses affaires – qu’elles soient victimes ou coupables –, ne sont pas tellement différentes de nous… Alors, à qui le tour?

Suspicion, méfiance, doute, délation, manipulation… l’auteure ne nous épargne rien et nous entraine dans le récit d’une affaire juridico-médiatique hypnotisante et obscène orchestrée par les médias et les réseaux sociaux. Désagréablement familier.

 

Colorado Train, Thibault Vermot, Editions Sarbacane

Durango, Amérique, 1949.

Une bande d’inséparables copains ; Michael l’artiste, l’écrivain, Donnie et sa passion pour les femmes nues,  Durham et Georges les manuels, toujours en pleine construction, et Suzy, la fille du greoupe, au fort caractère, indépendante et garçon manqué, et fille du commissaire de police. Cinq ados de 13 ans, unis pour le meilleur et pour le pire, toujours là les uns pour les autres. Avec leurs rêves, leurs jeux et leurs différences. Lire la suite