« Et que nos âmes reviennent » de Sabrina Philippe (Flammarion) – déstabilisant roman

Autant le dire d’emblée, j’ai eu du mal à entrer dans ce roman, me demandant où il pourrait me mener, m’interrogeant sur les enchainements des chapitres, a priori décousus. Pourtant, une fois une cinquantaine de pages lues, il m’est devenu difficile de m’en extirper, qu’il s’agisse de la lecture elle-même ou des réflexions engendrées par ce roman. Un roman qui, s’il ne m’a pas touchée autant peut-être que d’autres lecteurs, m’a troublée, m’a interrogée, m’a mise face à certaines de mes peurs, mais aussi certains de mes plus grands espoirs.

Car ce roman de Sabrina Philippe parle des amours qui jalonnent nos vies – la mienne, les vôtres, mais aussi nos vies d’avant. Des amours qui nous font grandir, des amours qui nous font souffrir, mais aussi de l’évidence de l’amour… qui n’en est pas toujours une. Nous y suivons en effet le parcours d’une femme bien dans sa tête, bien dans son corps, qui va tomber irrémédiablement amoureuse d’un homme qui, peu à peu, l’amènera à sombrer d’elle-même ; psychologue, elle connait pourtant le schéma des amours toxiques, mais cet homme qu’elle admire – aime ? – lui offre toutes les apparences qu’elle avait toujours crues tenir de l’amour : la beauté d’un couple harmonieux et envié, le bonheur des sorties à deux dans de magnifiques endroits, cette installation à deux qui fait tant rêver, des voyages dans le cadre d’une carrière brillante aux quatre coins du monde, …. Pourtant, l’intime n’y est pas. Pire, de petites piques lancées en guise de conclusion à leurs conversations en gestes attribués à la colère, elle perd sa confiance en elle, son éclat, s’isole, se retire du monde, refuse de se regarder en face. Le mécanisme, elle le connait bien ; mais il s’agit d’elle et de quelque chose qu’elle ne maitrise pas. Dont elle souhaite comprendre les origines sans se douter que cela remettra en cause ses croyances, ses projets, sa vision d’elle-même et de sa place dans le monde.

J’ai été… subjuguée par ce texte – je ne saurais dire si je l’ai aimé ou pas, mais je sais que je m’en souviendrai et que les questions qu’il a soulevé en moi me poursuivront longtemps.

 

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Tout le bleu du ciel, Mélissa Da Costa, Editions Carnets Nord

Le véritable voyage de découvertes ne consistent pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux.

Émile est un jeune homme de 26 ans qui, depuis un an, ne vit plus réellement. Sa petite amie l’a quitté, son job ne lui plaît pas, et on vient de lui diagnostiquer un Alzheimer précoce. Après quelques hospitalisations, il est convenu qu’il entre dans un centre, pour aider la recherche mais aussi pour le surveiller car les absences risquent d’être de plus en plus fréquentes. Les médecins lui donnent deux ans à vivre, tout au plus. Lire la suite

On a tous une bonne raison de tuer, Pétronille Rostagnat, Incartades Editions

Philippe et Charles sont deux associés d’un prestigieux cabinet d’avocats. Ils sont également amis en dehors du travail, et leurs femmes s’entendent à merveille, ainsi que leurs ados respectifs. Le petit bonheur de ce couple d’amis va voler en éclats avec une succession d’événements.

Gabrielle, la femme de Philippe, est retrouvée dans sa baignoire, les poignets tranchés, mais elle ne possède aucun souvenir de sa tentative de suicide. Au contraire, elle pense plutôt que quelqu’un a tenté de la tuer. Elle fait installer des caméras chez elle pour se rassurer et découvre qu’une collaboratrice de son mari s’est permise de s’introduire dans la maison. Quelques jours plus tard, cette jeune femme qui travaille pour Philippe et Charles est retrouvée assassinée. Lire la suite

La chambre des murmures, Dean Koontz, Editions de l’Archipel

Dans une petite ville, Cora, une jeune institutrice sans histoire aimée de ses élèves, commet un attentat-suicide dans un restaurant où déjeunait le gouverneur. Pour Luther, le policier qui se voit évincé de l’enquête, aucun doute, il y a anguille sous roche ; il connaissait Cora et sait que jamais elle n’aurait pu commettre un tel acte. Mais tout indice à été effacé, Luther doit se satisfaire des carnets de Cora, dans lesquels il trouve de terribles écrits les jours précédents l’attentat, parlant d’araignée dans son cerveau qui lui murmure des choses. Lire la suite

Rires de poupées chiffon, Philippe Rouquier, Carnets Nord

Louis Dames, tout juste retraité, s’installe dans le Vercors pour pouvoir se consacrer entièrement à sa passion ; l’étude des insectes. Le Vercors lui semble l’endroit idéal, notamment ce grand espace de nature qu’il commence à explorer dès les premiers jours. Mais très vite, l’étude des insectes passe au second plan.

Car au fond de la vallée sur laquelle Louis à jeté son dévolu, se trouve une maison isolée qui a l’air à l’abandon. Elle est pourtant habitée, par un couple d’artistes, Krim Lee, un coréen et sa femme Ceril. Louis est comme aimanté par cette maison, il retourne à proximité régulièrement jusqu’à faire connaissance avec leurs habitants, qui entretiennent une relation passionnelle et violente. Mais un jour, il est le témoin involontaire de ce qui devait être l’ultime oeuvre d’art du couple. Ceril a disparu et tout porte à croire que Krim Lee en est le responsable. L’enquête de police commence, piétine, Louis trouve l’artiste de plus en plus étrange, totalement détaché par rapport à la disparition de sa femme. Louis, comme la police, ont du mal à cerner la personnalité complexe de Krim Lee. Lire la suite