« Les ailes d’émeraude, 2: L’Exil » d’Alexiane de Lys (Nouvelles Plumes) * Une suite résolument plus sombre

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Nous vous avons hier présenté Les ailes d’émeraude d’Alexiane de Lys, chronique dans laquelle vous avez constaté sans aucune ambigüité notre coup de cœur pour ce roman young adult. Cass, Gabriel et ses amis m’avaient séduite et j’avais dévoré ce premier tome passionnant et très rythmé. J’ai donc acheté ce deuxième tome en y plaçant beaucoup d’espoir, espérant retrouver la plume d’Alexiane de Lys et son univers fabuleux, et intriguée par le titre, L’Exil. Ne faisons pas durer plus longtemps le suspense : ce deuxième tome a tenu toutes ses promesses !

Nous retrouvons en effet Cassiopée, plus que jamais déterminée à retrouver Gabriel, l’amour de sa vie, et à contrer les machiavéliques projets de son père Manassé, qui s’est donné comme mission d’éradiquer le peuple des Myrmes. Chef des Parques, le peuple ennemi des Myrmes, cet homme dont elle a récemment appris qu’il était son géniteur est un personnage détestable dont elle veut plus que jamais se distinguer et sur le chemin duquel elle se dresse pour protéger son peuple d’adoption – qui ne le lui rend pas forcément. Son retour dans le villagemyrme ne se passe en effet pas comme elle l’avait espéré et sans la présence de Gabriel, disparu en mission, Cassie se retrouve bien seule face à des individus qui lui sont ouvertement hostiles. Et ce ne sont pas les révélations que lui réserve Leo, jeune Myrme enlevé par les Parques et de retour auprès des siens, qui vont simplifier la vie de la jeune femme – tout en lui permettant enfin de s’expliquer certaines situations et sensations, elles la mettent en danger de mort, tout comme ses proches, dont certains vont payer le prix fort. Et ce qu’elle va apprendre va une nouvelle fois l’obliger à tirer un trait sur certaines de ses certitudes et l’entrainer dans une spirale dangereuse et déstabilisante.

Alexiane de Lys nous remmène dès les premières lignes dans ce monde qu’elle a si bien imaginé et peuplé, et qui m’avait conquise dès le premier tome. Avec une plume toujours aussi efficace et un style encore plus affuté, l’auteure nous entraine une nouvelle fois dans l’univers fantastique dans lequel évoluent ses personnages – un univers foisonnant qui articule le monde des Myrmes et le nôtre avec talent. Pourtant, tout en s’inscrivant dans la lignée du premier tome, l’auteure parvient à renouveler efficacement son intrigue, donnant une dimension plus guerrière au personnage de Cassiopée. Résolue, elle affronte les dangers seule ou entourée par ses amis, découvrant la responsabilité d’avoir en charge la sécurité, voire la vie, de ceux qui lui sont proches, et la culpabilité de parfois échouer. Son personnage est plus torturé, plus sombre, tout comme l’intrigue ; on frissonne, on a les larmes aux yeux, on tremble et on se sent soutenu ou trahi page après page. Cassiopée et ses amis découvrent donc indéniablement la réalité de la guerre et l’horreur de ses méthodes, mais continuent aussi d’expérimenter la préciosité de l’amour, de l’amitié, de la loyauté. L’équilibre est parfait, la lecture haletante et passionnante. Bref, ce deuxième tome est une véritable réussite et nous rappelle que le talent n’attend pas le nombre des années !

« Les ailes d’émeraude » d’Alexiane de Lys (Nouvelles Plumes) * avant de vous parler du tome 2….

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Attirée par le bandeau « Prix de l’imaginaire 2014 », je n’ai pu résister à l’envie d’acheter ce livre, à la très belle couverture et dont l’auteure ne manque jamais d’être présentée comme « particulièrement précoce » – comprenez « bien jeune » en d’autres termes. Autant vous dire que  non seulement je n’ai pas été déçue, mais qu’en plus je ne peux que m’empresser de vous conseiller de vous procurer (ou de procurer à vos ados, puisqu’en ce mercredi il s’agit bien de l’occasion idéale) ce très beau roman, aussi lumineux que les ailes en couverture.

Cassiopée – Cassie ou Cass pour ses amis – est orpheline. Elle a perdu sa mère dans un dramatique accident de voiture alors qu’elle avait 6 ans, et cet événement l’a non seulement privée de son seul parent, mais aussi envoyée directement à l’orphelinat, où elle a grandit et pris l’habitude de protéger et choyer les pensionnaires les plus jeunes. Pourtant, alors qu’elle va avoir 18 ans, elle doit quitter ce semblant de foyer – mais le seul qu’elle n’ait jamais eu – pour voler de ses propres ailes (il fallait bien que j’arrive à placer cette expression…). L’angoisse est d’autant plus présente que Cassiopée n’a jamais vraiment pensé à ce qu’elle ferait « après »…, ni à celle qu’elle deviendrait. Sa peur augmente d’autant qu’elle a la diffuse impression d’être suivie. Impression confirmée le jour où, violemment agressée dans une sombre ruelle, un (très très très) bel inconnu lui sauve la mise avant de disparaitre. Qui est donc ce charmant sauveur ? Toujours est-il que cette intervention marque le début des ennuis pour la jeune fille : plusieurs agressions s’enchainent, l’obligeant à accepter l’aide de Gabriel (puisque c’est comme ça que se nomme son bel ange gardien), certes beau mais définitivement prétentieux. Cet enchainement d’événements incroyables va se solder par le plus ahurissants de tous : après avoir été « piquée » par une sorte de plante séchée – la Caïna, mais elle l’apprendra plus tard -, elle entame une métamorphose douloureuse de laquelle elle sortira… ailée !

Force lui est alors d’accepter comme réelle l’histoire que sa mère lui racontait lorsqu’elle était enfant : la communauté de Myrmes, ces créatures pourvues de très belles ailes et vivant à l’écart de la société humaine, existe bel et bien, et elle ne tarde pas à l’intégrer. Une nouvelle vie et une nouvelle famille s’offre à elle, lui permettant pour la première fois de vivre la vie d’une jeune femme de 18 ans ; car, et puisqu’il s’agit d’un roman young adult¸ elle va tout à la fois découvrir ses nouvelles capacités magiques en même temps que l’amour, la trahison, l’amitié et toutes ces étapes indispensables pour passer à l’âge adulte. Dotée de pouvoirs très particuliers, elle devient pour les Myrmes mais également pour leurs ennemis séculaires les Narques et il lui faudra toute son énergie et tout le soutien de ses amis pour échapper au cruel destin que certains lui tissent. Et pour affronter son histoire personnelle qui, alors qu’elle pensait avoir enfin réussi à passer le cap, la rattrape avec violence.

Sur presque 700 pages (!!) sans jamais aucune longueur, Alexiane de Lys nous offre ce roman passionnant et addictif qui semble constituer le début d’une série très prometteuse. Mêlant magie et monde réel, amour et trahisons, elle nous entraine dans un univers féérique peuplé d’êtres attachants et beaux. Elle a imaginé un univers très complet et très riche dans lequel le foisonnement des détails nous permet de nous fondre ; on en sort d’autant plus difficilement qu’il est impossible d’échapper au charme de Gabriel et de Camille, ces deux garçons qui gravitent autour de Cassiopée, ou de vouloir s’identifier à la jeune femme en proie à un tourbillon de sentiments.

Alexiane de Lys est donc lauréate de ce fameux prix avec  justesse, et nous ne pouvons que lui souhaiter que Les ailes d’émeraude soit son premier ouvrage d’une longue série ! Aucun doute que pour notre part, nous serons attentifs à son retour… et à la suite des aventures de Cassiopée, que nous vous présenterons très vite!