« L’aile des vierges » de Laurence Peyrin (France Loisirs / Calmann-Lévy) * Passionnant

Souvenez-vous, nous avions eu un coup de cœur absolu pour La drôle de vie de Zelda Zonk, un magnifique roman que nous vous avions présenté.

Aussi, nous ne pouvions pas ne pas nous procurer ses autres textes, persuadées qu’ils nous raviraient autant. Et c’est ainsi que L’aile des vierges est arrivé dans notre PAL – mais ne vous y trompez pas : si nous avons mis du temps à vous en parler, ce n’est pour aucune autre raison qu’une désorganisation importante. Mais nous ne referons pas cette erreur : un roman de Laurence Peyrin se doit de passer en priorité ! … L’aile des vierges ne faisant pas exception.

Nous y suivons en effet le destin à rebondissement de Maggie, jeune femme qui, avant d’entrer au service de la famille Lyon-Thorpe, a déjà eu bien des vies : veuve, fille et petite-fille de féministe engagées, ouvrière, … Le point commun entre ces héritages : ils ont contribué à lui forger un caractère fort (pout ne pas dire compliqué) et ont engendré une opiniâtreté dont elle ne sait pas encore à quel point ils lui seront utiles. En attendant, c’est avec un pragmatisme là aussi durement inculqué qu’elle met un mouchoir sur son orgueil et accepte un poste de domestique. Elle se le jure : elle n’y restera pas plus d’un an. Juste le temps de se refaire une santé. Pourtant, une nouvelle fois, la vie va mettre à mal ses efforts et ses certitudes au détour d’un couloir et à la faveur d’une coupe de champagne. Non, Maggie n’est ni meilleure ni pire que les autres, même si elle est incontestablement plus maligne. Elle va être confrontée à l’amour, cet amour romanesque qu’elle pensait exclusivement réservé aux héroïnes de romans ; elle va découvrir ce qu’est la vraie amitié et la loyauté sincère ; elle va accepter que ses idéaux féministes ne soient pas partout transposables et par toutes (et tous) partagés. Bref, elle va plonger dans une réalité toute à la fois belle et impitoyable… Et nous y entrainer sans effort.

Car une nouvelle fois, Laurence Peyrin nous prend par la main dès les premières lignes – impossible une fois ce roman entamé de l’arrêter. Les destins croisés de tous les personnages mis en scène forment des fresques changeantes, aux motifs parfois flamboyants, parfois d’une noirceur extrême. Du Kent aristocratique aux bas-fonds des docks anglais, du NY City des années 40 et 50 en proie au racisme, à la corruption mais aussi aux aspirations progressistes de tous genres, l’autrice nous offre un roman magnifique, passionnant, addictif, largement à la hauteur des attentes que nous y avions placées.

 

« Un karma (presque) parfait » par Roxane Dambre (Calmann Levy) * un feel good à glisser dans les valises!

Voici un livre qui me faisait de l’œil depuis quelques mois et que j’ai eu l’occasion d’acheter (enfin) à St Maur en Poche, et de dévorer dans la foulée ! Habituée des salons, Roxane Dambre y brille littéralement, présentant plusieurs romans dans plusieurs genres… Possible donc que je me laisse prochainement tenter par ses autres titres (d’autant que j’ai vu que les réseaux qu’une actualité est prévue en juillet !).

Un karma (presque) parfait, c’est donc un roman dans lequel nous suivons les aventures délirantes et hilarantes de Siloé, presque trentenaire et déterminée à changer de boulot – voire de vie. Si elle sollicite les avis de ses meilleurs amis (tout aussi barrés qu’elle), elle se rend vite compte que cette fois, elle ne devrait compter que sur elle. Heureusement pour elle, l’homéopathie (à laquelle elle est accro) et la vie vont l’aider (plus ou moins sereinement) à tenir ses résolutions… S’ensuivent quelques mois de… remous dont elle pourrait peut-être sortir avec quelques bleus mais très probablement aussi avec le sourire et un amoureux. Comme quoi…

Voici un feel good parfait en ces jours de forte chaleur, vitaminé, bien mené, drôle mais à mille lieues d’être simplet. On rit, on s’interroge, on craque pour LE psychopathe-conseiller à pôle emploi au prénom improbable, et surtout on s’identifie à cette jeune femme longtemps embarquée dans un quotidien confortable et qui décide, grande aventurière des temps modernes, de tout envoyer valser pour poursuivre des rêves longtemps oubliés. Possible donc que nous  vous parlions prochainement des autres romans de Roxane Dambre, que je suis ravie d’avoir découverte !

« Blue light Yokohama »par Nicolas Obregon (Calmann Levy) * Par un chroniqueur talentueux et trop rare :)

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Premier roman pour Nicolas Obregon, jeune auteur espagnol, qui choisit le japon comme terre d’accueil de son livre! Japon d’aujourd’hui, où l’inspecteur Iwata, nouveau venu à la crim de Tokyo, se retrouve confronté aux meurtres d’une famille de coréens. Un curieux soleil noir est dessiné au plafond… L’enquête piétine, les médias s’en mêlent, un autre meurtre arrive et Iwata se voit retirer l’enquête. Aidé par sa jolie collègue Sakai, arrivera t’il à passer outre sa hiérarchie et trouver le ou les coupables?

Ici pas de jardins zen, ni de cerisiers en fleurs, plongez dans un tokyo sombre, sale et corrompu! Une descente aux enfers pour Iwata, qui se retrouve confronté à des ennemis multiples : ses collègues ripoux, des membres d’une secte, les médias, et surtout le temps qui défile…

Loin des photos de brochures de voyages, de ce japon que l’on imagine parfois si propre, si respectueux des lois et des règles, on oublie parfois que Tokyo, plus grande mégalopole du monde, fourmille de truands, d’impasses coupe-gorges, où la saleté et la pollution font bon ménages! il est impossible de ne pas penser au film « Blade runner » avec Harrison Ford quand aux descriptions des rues!

L’écriture électrique, tel un néon défectueux,  peut parfois déstabiliser, mais sied parfaitement à l’ambiance de ce  thriller! Un premier roman réussi!

Mister MC