« De la part d’Hannah » de Laurent Malo (Robert Laffont) * héritage

Hannah, c’est une gamine de Dordogne, qui vient tout juste de sortir du sanatorium où elle a passé les trois précédentes années. Nous sommes en 1961, et dans le petit village où elle revient vivre avec son père – un homme acariâtre – et son grand-père – un vieil anarchiste musicien et bougon, les séquelles de la Seconde Guerre Mondiale s’estompent à peine. Mais au marché et dans la cour de l’école, ce sont maintenant des « événements » d’Algérie et l’ouverture d’une maison close que l’on discute le plus. De quoi alimenter les ragots dont la petite communauté se délecte et empoisonner la vie de certains. Mais Hannah, qui n’a plus de maman et approche de ses onze ans, a aussi tout un tas de questions : pourquoi son papa ne parle jamais de sa mère, pourquoi certaines femmes du village semblent s’obstiner à la détester, pourquoi tous ces murmures dans son dos, pourquoi ces rumeurs nauséabondes et ses regards en coin, cette hypocrisie des adultes, ces questions sans réponse, ces silences pesants ? Difficile à 10 ans de tout comprendre, mais impossible de faire comme si on ne remarquait pas toutes ces choses…. Hannah apprend donc ce que devenir grande signifie, et plus que jamais rêve de pouvoir rester enfant pour se réfugier dans les bras de sa grand-mère, jouer des tours aux méchantes femmes qui la poursuivent, coller quelques gnons à ceux d’en-haut avant de reprendre la partie de football, … Mais les années d’innocence, pour la fillette comme pour la France, sont révolues. Reste à s’adapter au mieux, et Hannah n’a pas l’intention de baisser les bras.

Laurent Malo, tout autant que le portrait d’une petite fille née dans l’immédiat après-guerre, nous donne à voir la société française du début des années 1960, prise entre le passé et l’avenir, embarrassée par une partie de son Histoire et résolue à avancer vers un avenir qui ne peut qu’être plus clair. L’utilisation d’un langage parlé donne une authenticité particulière au récit, mené du point de vue de la petite fille, et met l’accent sur l’incohérence, l’hypocrisie, la méchanceté, les contradictions des adultes. Un regard nécessaire, un roman poignant qui redonne ses lettres de noblesse aux romans du terroir longtemps jugés vieillots – une vision bien réductrice, comme le démontre Laurent Malo avec brio. Un auteur à suivre, d’autant que sa bibliographie est remarquable de diversité !

 

Carnival ou la Caravane de l’Etrange

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Carnival est une des séries qui m’a le plus marqué….à tous points de vue, que ce soit au niveau de l’histoire qu’au niveau esthétique…Et je crois que ce dernier point l’emporte !

Commençons par le scénario :

Cette série suit la route d’une fête foraine ambulante  pendant le Dust Bowl des années trente aux États-Unis. Après la mort de sa mère qui le rejetait par peur, Ben Hawkins, un jeune homme doté du pouvoir de guérison et de résurrection  trouve refuge au sein de la troupe. Il est tourmenté par des rêves étranges et prophétiques qu’il partage avec un prêcheur méthodiste, Justin Crowe, vivant en Californie.

Nous allons donc suivre ces deux protagonistes, chacun dans leurs univers.

Ben Hawkins évoluera au sein de cette troupe de Freaks, tous avec leurs secrets, une véritable famille dont certains sont frileux à l’arrivée de ce nouveau. On ne rentre pas comme ça chez les forains….

Justin Crowe, le révérend, va lui perdre la raison dans ses serments et ses tourments vont l’amener à rencontrer Ben….et sa soeur…..relation tellement malsaine entre les deux….parfois, on se demande qui est le plus fascinant…

 

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ici, pas de personnages édulcorés à la sauce américaine, nous sommes au coeur du Dust Bowl, au sein de la pauvreté américaine de l’avant guerre et nous ne pouvons être que fascinés par tous ces héros car ils ont tous leurs places aussi importantes les uns que les autres.

ca va du nain qui dirige cette troupe d’une main de fer à la femme à barbe en passant par la danseuse burlesque…

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J’ai toujours eu un faible pour les soeurs siamoises qui nous offre lors d’un épisode une scène de danse absolument incroyable et envoutante (désolé, impossible de vous trouver la séquence en vidéo ^^)

Malheureusement, la série n’a pas duré aussi longtemps que prévue….Diffusée en 2003, elle s’arrête en 2005, faute  de budget…Et ca se comprend, les créateurs ont tout misés sur l’esthétique et les moyens pour rendre cette série la plus crédible et réaliste possible. Et forcément, cela coute cher !

Du coup, HBO nous laisse un peu sur notre faim, les derniers épisodes devant etre fini à tout prix.

Cette série m’aura subjuguée tant par (encore une fois) l’esthétique que par ce côté malsain qui pouvait régner autant chez les freaks que chez les prêcheurs américains qui utilisaient la foi des pauvres gens pour leur vendre du rêve et les dépouiller du peu qu’ils avaient …

Nous apprenons beaucoup sur une période des Etats-Unis assez méconnue pour nous,petits occidentaux…Une chouette leçon d’histoire par la même occasion !!

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