« Où le cœur repose » de Tamara McKinley (L’Archipel) * un roman doudou à découvrir et à offrir!

Si vous nous suivez régulièrement, vous le savez : nous aimons nous « réfugier » dans les romans de Tamara McKinley, vrais « doudous » de lecture qui se dégustent en toute légèreté. Avec Où le cœur repose, nous retrouvons donc une auteure que nous apprécions et la Pension du bord de mer de Reilly que nous avons déjà eu le plaisir de suivre dans de précédents romans. Le tout fonctionne à nouveau très bien et si on n’est pas tellement surpris, on se régale toujours autant. Pourquoi se priver ?!

Comme pour les précédents titres de Tamara McKinley publiés sous pseudos (Ellie Dean), nous voici donc propulsés dans l’Angleterre de la Seconde Guerre Mondiale, entre Londres et Cliffehaven, sur la côte sud-est. Julie, infirmière et sage-femme, quitte la première suite au bombardement qui a tué tous les siens, pour s’installer dans cette ville côtière où elle espère trouver le soutien de sa sœur ainée, perdue de vue depuis des années. Elle y emmène aussi son neveu William, le fils de sa sœur cadette décédée et dont le père est porté disparu. En quelques jours, la vie de Julie a basculé mais la jeune femme est déterminée à continuer à exercer deux métiers qu’elle aime et à assumer la responsabilité de ce petit garçon – d’autant que le diagnostic tombe quelques mois plus tard : William souffre d’une maladie qui demande des soins et une attention importante. Mais si elle pensait fuir les plus importants dangers de la guerre, elle va découvrir le pilonnage intensif des côtes par les Allemands et les conditions de vie de « l’arrière », où les femmes travaillent à l’usine d’armement en espérant leurs enfants évacués à l’abri. L’occasion pour elle de se rendre compte que pour tous, ce deuxième conflit mondial a un impact direct sur le quotidien.

Tamara McKinley met en scène une nouvelle fois une femme malmenée par la vie et la Guerre mais qui décide de ne pas baisser les bras et de prendre en mains son destin, à une époque où c’est tout à la fois nouveau et nécessaire. Passionnée, Julie ne lâche rien et a la chance d’être prise sous l’aile de la famille Reuilly, qui revient de roman en roman et dont nous suivons le parcours durant la Guerre. Cette fois, elle sera comme tant d’autres largement touchée par le conflit, les plongeant dans l’affliction et la douleur. Là aussi, Julie mettra tout son cœur à adoucir les tourments de celles et ceux qui lui avaient tendu la main dès son arrivée.

« Entre les lignes » par Emmanuel Bourdier (Folio Junior) – la deuxième Guerre Mondiale par le prisme d’un regard d’enfant

Pour Augustin, 11 ans en 1943, la guerre n’est qu’un point de contrôle matérialisé à quelques kilomètres de chez lui et qui sépare la zone libre dans laquelle il vit avec sa mère, son grand-père et sa sœur de la zone occupée. Le travail à la ferme est aussi dur (même si les réquisitions pèsent lourd sur les épaules de sa mère et que l’absence des hommes se fait sentir), l’école aussi ennuyeuse, ses après-midis avec son meilleur ami aussi aventureuses. Pourtant, le jour où un mystérieux héros anonyme se met à saboter les installations de l’Occupant et à tapisser les murs de citations provocantes, le village et Augustin à la suite se passionnent et s’inquiètent : les représailles, ils le savent, sont redoutables (de nombreuses histoires en témoignent). Soudain, les concepts de résistance et de collaboration prennent corps, déchirant une commune qui s’était tenue à l’écart autant que possible jusque-là. Augustin et son copain décident alors de tout faire pour démasquer (et encourager) le résistant inconnu. Ils ne savent pas encore que cela les conduira à devenir adultes en quelques jours …

Court roman historique, Entre les lignes est un texte à mettre absolument entre les mains des lecteurs à partir de 9 ans qui s’intéressent (ou étudient) la Deuxième Guerre mondiale. Avec finesse et sans aucun jugement de valeur, Emmanuel Bourdier parvient à faire comprendre comment tant de Français, en cette période troublée, se sont retrouvés (par conviction et par « hasard ») à collaborer ou résister. Ils n’étaient initialement ni des héros ni des Méchants, seulement des gens normaux que la situation contraignit à se dévoiler/trahir. Sur fond d’amour de la littérature et de la culture, on découvre ainsi les dangers et les défis du quotidien (ne pas être raflé, trouver à manger, se cacher ou cacher ses proches ou de la nourriture, pallier l’absence des hommes, pleurer les morts et redouter les arrestations, …).

Un roman magnifique, didactique, terriblement humain que nous ne pouvons donc que vous conseiller de glisser entre les mains de vos jeunes lecteurs, pour encourager la réflexion, engendrer un échange et favoriser le devoir de mémoire.