« Monsieur » par E.L James (France Loisirs/Lattès) * par l’autrice de…

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Maxim est né avec une cuillère en or dans la bouche – et n’en a pas conscience jusqu’au jour où son frère aîné se tue sur la route. Ce deuil le met à genoux et l’oblige aussi à se confronter à la réalité : le voici comte, Lord. Fini le temps où il vivait en marge des responsabilités : le voici propulsé à la tête d’un empire immobilier et financier. Sa vie dérape. Et alors même que tout lui échappe, il croise le regard noir d’Alessia, jeune immigrée albanaise qui s’occupe depuis quelques temps de son ménage. Il ne le sait pas encore, mais cette frêle jeune femme au lourd passé et à fleur de peau va changer sa vie et sa façon d’être au monde ; une rencontre romantique, sensuelle et improbable comme seule la littérature en engendre.

Vous l’avez peut-être vu sur les réseaux sociaux mais c’est surtout la curiosité qui m’a conduite à l’achat de ce roman ; non que j’ai particulièrement aimé la série Fifty Shades, mais je ne pouvais me départir de l’envie de savoir comment l’autrice arriverait à créer un autre univers, à progresser dans sa démarche d’écrivain, à mettre en scène d’autres personnages qu’Anna et Christian et à inventer une histoire d’amour qui ne soit pas la leur. Je suis donc plutôt surprise de vous rendre compte d’une lecture plaisante, d’un roman qui suit les codes très établis de la romance : elle est inexpérimentée et fragile (en apparence), il a tout, est séduisant mais cache une part de lui vulnérable – tout les oppose mais le destin et une alchimie physique les conduit dans les bras l’un de l’autre, engendrant l’Amour avec ce grand A dont nous rêvons tou-te-s. Alessia et Maxim ne font pas exception à la règle, mais leurs histoires respectives et celle qu’ils se construisent tous les deux fonctionnent bien et nous entrainent de page en page vers un épilogue que nous savons heureux… tout en nous tordant les mains en redoutant les épreuves que le destin (toujours lui) met sur leur route.

Incontestablement, EL James nous offre là un roman très différent, beaucoup plus consensuel (et bien moins sensuel), cependant toujours marqué par ce romantisme érotisé qui avait captivés les lectrices (et les lecteurs) de ses précédents romans. On se laisse (une nouvelle fois) prendre au jeu et séduire par cet homme magnifique qui se réinvente pour une frêle jeune femme bien décidée à ne pas laisser la vie (et les hommes) la déposséder de ses rêves. Un roman à emmener en vacances, incontestablement.

« Comme l’Obsidienne » de V. I Prates (France Loisirs) + une dystopie française maitrisée

Elle s’est réveillée seule, dans une forêt inconnue, ne se souvenant plus qui elle est. Mais Fallon – puisque c’est ainsi que ceux qui l’ont secourue et aidée l’appellent – est déterminé ; déterminée à se souvenir, déterminée à ne plus être une charge pour ses sauveurs, déterminée à comprendre mystérieux « L. » qui l’exhorte à saisir une chance dont elle ne sait rien, à redémarrer une nouvelle vie. Une chose s’avère cependant rapidement sûre : c’est en affrontant les terribles épreuves imaginées par les Grands d’Héraklion, cette cité si secrète que personne ne semble pouvoir y entrer ou en sortir, qu’elle sait qu’elle se retrouvera. Risquer cette nouvelle vie pour se souvenir de la précédente, quittée avec brutalité… Est-ce un bon pari que Fallon fait là ? A force de caractère, de rêves étranges et soutenue dans ses choix par des alliés insoupçonnés, la belle jeune femme reprend peu à peu le contrôle de sa vie, récupérant souvenirs, passé, histoire et amis… A moins que ceux qu’elle souhaitait tellement fuir ne retrouve sa trace trop rapidement et une nouvelle fois la poussent à tout quitter pour protéger ceux qu’elle aime.

Il y a bien longtemps que j’avais acheté ce premier tome de la première dystopie de V. I Prates (aussi lue et connue depuis sous le nom de Vania Prates, auteure de Fille de bohême aux éditions Charleston) – et une chose est sûre : je tarderai moins à lire la suite ! Je me suis rapidement laissée embarquée dans un roman bien travaillé, riche de personnages tout en nuances et présentant des personnalités fortes, incarnées, complémentaires. Ici, bien que Fallon – ou quel que soit son nom – soit le personnage principal, elle est entourée d’une myriade d’autres personnages au moins aussi importants et qui, comme souvent dans les dystopie, présentent des caractères divers auxquels le lecteur peut rapidement s’identifier. Premier tome, ce roman nous permet aussi sans jamais en devenir ennuyeux de bien nous immerger dans cet univers intelligemment pensé par l’auteure, de découvrir le système de gouvernement a priori sans défaut d’Héraklion, de s’imprégner de l’histoire des personnages pour mieux comprendre leur situation, leurs comportements, leur valeur et leurs faiblesses.

Vous l’aurez compris, je vous engage si vous aimez les bonnes dystopies à découvrir Comme l’Obsidienne, dont je ne manquerai pas de vous parler des prochains tomes que je vais m’empresser d’acheter J

« Magicien – L’Apprenti 1: La Guerre de la faille » de Raymond E. Feist (éditions France loisirs) * classique mais efficace

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Pug est orphelin, et même s’il a trouvé en Tomas un frère de cœur et en ses parents des protecteurs attentionnés, il sait que son avenir ne sera pas facile. D’autant que le jour du choix, durant lequel chaque jeune garçon de Crydee, capitale du royaume du Krondor, il semble bien qu’aucun artisan ne porte son attention sur lui. C’est alors que la vie de Pug bascule : pour une raison qu’il ne comprend pas bien, le Magicien de la Cour le prend comme apprenti. Pourtant, comme il s’y attendait, Pug a peu de prédisposition pour cette science. A moins que la Magie traditionnelle ne soit pas celle qui parle à son cœur et à sa tête… ? Car sans qu’il ne le sache encore, le jeune homme aura un rôle décisif dans une Guerre qui opposera très vite des mondes de part et d’autre de La Faille.

Il y a bien longtemps que je n’avais pas lu de Fantasy, et … ça fait un bien fou ! Quel plaisir de reprendre mes marques dans cet univers avec un début de saga aussi prometteur ! Tout y est : magie, guerre des mondes, créatures fantastiques, société médiévale, seigneurs et belles dames, chevalerie, … Raymond E. Feist nous entraine en quelques lignes dans un univers tout à la fois familier et extraordinaires dans lequel évoluent des personnages fascinants. Tout comme Pug, notre apprenti magicien torturé par l’idée de l’échec, ou Tomas, son frère de cœur qui compte bien montrer à tous sa valeur, tous les personnages qui vivent, se battent, s’aiment sous nos yeux sont authentiques, attachants, et ont tous des personnalités, caractères et compétences largement dépeints. Nous les suivons et les voyons grandir/vieillir avec plaisir, nous étonnant et inquiétant parfois. Action, suspense, aventures, batailles épiques, … L’auteur nous offre un texte bondissant, rythmé et sans cesse renouvelé. On est captivé de la première à la dernière ligne : si le schéma est classique, on se prend rapidement au jeu et on se laisse porter les yeux fermés, rapidement certain de passer un très bon moment.