« De poudre, de cendre et d’or » de Gwendoline Finaz de Villaine (French Pulp) * un voyage qui ne nous a pas transportées

Eva est à une période charnière de sa vie : mam’ange, elle ne parvient pas à faire son deuil et voit son couple voler en éclat. Même son poste chez le prestigieux joaillier Cartier ne parvient pas à l’égayer, et c’est sans grand enthousiasme qu’elle accepte un déplacement professionnel en Inde à l’occasion d’une exposition. Elle est loin de s’imaginer à quel point ce voyage va la dépayser et comment il va l’entrainer dans des aventures … improbables.

Car c’est bien le mot qui nous vient à l’esprit tout au long de la lecture et plus encore lors de la chute de l’intrigue. Dans Les brumes de Grandville, Gwendoline Finaz de Villaine avait déjà joué avec les frontières du réel, et elle récidive ici. Par le biais d’un tableau aux étranges propriétés, la jeune femme est précipitée dans l’Inde des années 1910, menant une vie de palais indien alors même qu’elle est accusée du vol d’un prestigieux bijou créé par la maison Cartier. Propulsée dans un monde sans pitié, dont elle n’a pas les codes, Eva va au-devant de gros problèmes, mais aussi de magnifiques rencontres, le tout dans l’Inde coloniale très colorée et digne des plus beaux récits de voyage de l’époque.

Très peu convaincue par les modalités de ce voyage dans le temps, j’ai cependant pris beaucoup de plaisir à suivre les aventures d’Eva, que l’on plaint et admire tour à tour. Les (très très) longues descriptions des paysages, des palais, de tenues, de la géographie urbaine ou encore de la jungle permettent de s’immerger rapidement dans l’univers de ce roman. Cependant, certaines penchent dangereusement vers la digression et nombreuses sont celles qui font perdre le fil sans pour autant apporter beaucoup à l’intrigue – révélant pourtant un vrai travail de recherche sur l’époque et ses contemporains. Confrontée à la violence, au luxe de la vie coloniale puis au dénuement des bidonvilles, Eva se découvre forte et capable de regarder vers le futur de cette époque où elle a mystérieusement atterri… mais qu’en sera-t-il de son futur dans son époque d’origine, si elle parvient à y retourner ?

Une lecture mitigée donc, même si je suis a priori conquise par tout ce qui a trait au sous-continent indien (et j’en remercie mon année de khâgne 😊 ), et qui ne m’a pas transportée comme je l’espérais. A noter aussi une interrogation quant au choix du titre, même si la couverture est sublimissime (comme la plupart de celles des éditions French Pulp d’ailleurs)! J’attends vos avis cependant !

La Seine est pleine de revolvers, Jean-Pierre Ferrière, Editions French Pulp

Marion et Fanny sont les meilleures amies du monde. Et c’est une chance que leurs maris s’entendent bien ! Les deux couples passent beaucoup de temps ensemble, partent en weekend, en vacances et les deux hommes projettent même de monter leur entreprise et de s’associer.

D’un point de vue extérieur, leur vie semble parfaite. Mais la réalité est tout autre. Marion et Fanny ne sont plus heureuses dans leur couple. Marion ne supporte plus l’infidélité de son mari, car elle est certaine qu’il la trompe. Quant à celui de Fanny, il s’est rendu coupable d’un grave évènement qu’elle ne peut lui pardonner. Ce qui va pousser les deux femmes à monter un projet d’assassinat bien orchestré. Marion, la plus forte, sadique et bonne comédienne s’occupe de tout. Fanny, plus fragile, plus sincère, suit le mouvement. Lire la suite

Bronx la petite morgue, Laurent Guillaume, Editions French Pulp

New-York. Mike Dolan vient de sortir de prison après huit années d’incarcération pour un fait qu’il n’a pas commis. Trop de preuves à son encontre, on ne peut pas lutter contre la justice. Il retrouve à sa sortie les quartiers malfamés où mafieux et dealers règnent en maitres. Rien n’a changé. Tout est pire.

Mike n’a qu’une seule envie ; retrouver qui a tué son frère. Son frère Ritchie, le policier, bien vu et apprécié de tous. L’opposé de lui-même. Son frère qui a toujours été là pour lui. Le corps n’a jamais été retrouvé mais Mike sait qu’il fera tout pour. Pas d’hésitation. Pas d’indulgence. Pas de peur. Plus tard il pensera à l’avenir, à l’idée de refaire sa vie ailleurs. Mais d’abord sa mission. Et que personne ne se mette en travers de sa route sous peine de finir en cadavre, et contribuer ainsi à perpétuer le surnom de ce quartier ; Bronx, la petite morgue. Lire la suite