« La Tresse » de Laetitia Colombani (Grasset) * édifiant

La tresse, c’est avant tout une histoire de femmes, une histoire de vie, de celle qu’on lit avec espoir, avec passion, avec le cœur. L’une de ces histoires qui nous font dire que tout n’est pas perdu, qu’il reste des individus qui croient en leur rêve et saisissent leur chance, des auteurs qui parviennent à enchanter nos vies l’espace de quelques heures de lecture. Et des lecteurs suffisamment passionnés pour se laisser entrainer à la suite de 3 femmes disséminées sur la Terre, mais qui, irrémédiablement, font partie de nos vies et de leur écriture.

Alors oui, la trame n’est pas tellement originale – 3 femmes qui, face à l’adversité, se révèlent et s’accrochent aux valeurs qui les façonnent depuis toujours ; non, ces femmes, aussi extraordinaires soient-elles, ne font pas face à des épreuves exceptionnelles (mais bien seulement à celles liées à leur contexte familial, social) aussi effrayantes qu’elles soient ; non ces femmes ne cherchent pas à révolutionner leur temps, à soulever leurs semblables. Mais Smita, l’Intouchable Indienne résolue à sauver sa fille, Giulia, la Sicilienne propulsée à la tête de l’entreprise familiale, et Sarah, la working girl mère de famille canadienne sont toutes à leur façon des héroïnes dont, imperceptiblement, les destins sont liés. La beauté de ce roman ne réside donc pas dans ces destins, mais dans la manière dont l’auteure, en véritable artiste, parvient à les tresser, à les lier. Ces trois femmes fortes, bien que malmenées et terrifiées, voient leurs histoires admirablement tissées par une auteure talentueuse et sublimées par une écriture maitrisée (même si parfois un peu diluée par des phrases attendues, convenues), poétique.

A une époque où la tendance est au repli sur ses propres préoccupations (manque de temps, de volonté ou faute de même y songer), Laetitia Colombani nous rappelle qu’il n’y a rien de plus beau que de participer à la vie de l’autre – consciemment ou non – et que c’est en étant soi-même qu’on contribue le mieux au bien-être de tous. A méditer.

 

Une histoire sans mots, Xu Bing, Editions Grasset

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« Une histoire sans mots est réellement une histoire sans mots. A partir de pictogrammes totalement inventés, voici, heure par heure, une journée de M. Noir. M. Noir ? Un col blanc. M. Noir ? Un citadin. Sa journée ? Des soucis, l’ennui, ses rêves. De bonne heure, il se précipite dans le métro. Bureau. Emails. Une conférence à préparer, bavardage avec les collègues au déjeuner, esquive des coups de fil de sa famille qui le pousser à se marier. La journée finie, M. Noir peut enfin s’offrir un peu de bon temps, il invite une fille rencontrée sur Internet à prendre un verre…  La journée de M. Noir verra-t-elle un éclair de bonheur ? »

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