« Elia, la Passeuse d’âme » de Marie Vareille (PKJ) * On est fans.

Elia vit dans une société où, pour préserver la paix, la société a été divisée en différentes castes. Chacune d’entre elle assure un rôle spécifique et prédéfini, et toutes obéissent à la même règle suprême : la communauté avant l’individu. Adolescente, Elia n’a jamais pensé à outrepasser cet ordre, même si parfois elle s’interroge sur sa perception de son propre rôle – celui de Passeuse d’âme. Malgré les enseignements reçus, malgré sa volonté de se conformer au mieux aux missions qui lui ont été attribuées, la jeune fille ne peut s’empêcher de se dire que libérer les Kornésiens (sa caste) de la vie dès lors qu’il est considéré qu’ils ont accompli tout ce que la Communauté attendait d’eux est une bien lourde charge. Le jour où elle se retrouve face à un Nosoba – membre de la caste du même nom, ouvrière, méprisée et redoutée – et prend la décision de ne pas obéir, sa vie bascule et ses certitudes volent en éclat. Obligée de fuir, Elia devra alors se confronter à la réalité, déchirer le voile à travers lequel elle percevait la société dans laquelle elle vit et admettre les zones d’ombres qui jalonnent sa vie. Elle découvrira aussi le prix de l’amitié, la force de la loyauté, la volonté de vivre selon ses propres espérances, mais aussi l’existence d’une Prophétie.

Cela faisait bien longtemps déjà que je regardais ce roman fantasy jeunesse acheté il y a quelques temps et qui avait trouvé refuge dans ma PAL…. Où il menaçait d’être enseveli ! J’ai donc récemment écouté mon instinct qui me soufflait que j’allais adorer… Ce qui n’a pas manqué !

Quel bonheur en effet que cette lecture ! Dès les premières pages, j’ai perçu que cette série promettait beaucoup, et rapidement, je me suis rendue compte que Marie Vareille relèverait le défi : Elia, sans aucun doute, se positionne dans les meilleurs romans fantasy jeunesse que j’ai pu lire les dernières années – et j’en ai lus quelques-uns, comme vous le savez ! L’auteure parvient à tisser une passionnante intrigue en reprenant les codes traditionnels du genre (société artificiellement divisée, injustice institutionnalisée, force de caractère, Prophétie, lutte pour la liberté, loyauté, combats, sacrifice, …) et les intégrant à un univers très personnel. On découvre avec stupeur la vie souterraine des ouvriers Nosobas, dont l’environnement devient véritablement un personnage secondaire omniprésent (rudesse de la vie de mineur, dangers des labyrinthes dans lesquels ils vivent, exactions des représentants de l’ordre, …), on est ressent leur fascination pour les étoiles, l’extérieur, leur colère contre ceux qui les exploitent, leur urgence à s’amuser, s’aimer, s’entraider. Les personnages prennent vie sous la plume de Marie Vareille, tous différents, authentiques, attachants et ont des personnalités qui enrichissent l’intrigue. On se passionne pour leurs histoires, leurs faiblesses, leurs liens. On compatit à leurs malheurs et on grimace en découvrant leurs angoisses. On s’interroge sur leur avenir. On a tout simplement hâte de savoir comment ils vont évoluer, et de lire le 2ème tome des aventures d’Elia et ses amis. Vivement la suite !

 

« Magicien – L’Apprenti 1: La Guerre de la faille » de Raymond E. Feist (éditions France loisirs) * classique mais efficace

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Pug est orphelin, et même s’il a trouvé en Tomas un frère de cœur et en ses parents des protecteurs attentionnés, il sait que son avenir ne sera pas facile. D’autant que le jour du choix, durant lequel chaque jeune garçon de Crydee, capitale du royaume du Krondor, il semble bien qu’aucun artisan ne porte son attention sur lui. C’est alors que la vie de Pug bascule : pour une raison qu’il ne comprend pas bien, le Magicien de la Cour le prend comme apprenti. Pourtant, comme il s’y attendait, Pug a peu de prédisposition pour cette science. A moins que la Magie traditionnelle ne soit pas celle qui parle à son cœur et à sa tête… ? Car sans qu’il ne le sache encore, le jeune homme aura un rôle décisif dans une Guerre qui opposera très vite des mondes de part et d’autre de La Faille.

Il y a bien longtemps que je n’avais pas lu de Fantasy, et … ça fait un bien fou ! Quel plaisir de reprendre mes marques dans cet univers avec un début de saga aussi prometteur ! Tout y est : magie, guerre des mondes, créatures fantastiques, société médiévale, seigneurs et belles dames, chevalerie, … Raymond E. Feist nous entraine en quelques lignes dans un univers tout à la fois familier et extraordinaires dans lequel évoluent des personnages fascinants. Tout comme Pug, notre apprenti magicien torturé par l’idée de l’échec, ou Tomas, son frère de cœur qui compte bien montrer à tous sa valeur, tous les personnages qui vivent, se battent, s’aiment sous nos yeux sont authentiques, attachants, et ont tous des personnalités, caractères et compétences largement dépeints. Nous les suivons et les voyons grandir/vieillir avec plaisir, nous étonnant et inquiétant parfois. Action, suspense, aventures, batailles épiques, … L’auteur nous offre un texte bondissant, rythmé et sans cesse renouvelé. On est captivé de la première à la dernière ligne : si le schéma est classique, on se prend rapidement au jeu et on se laisse porter les yeux fermés, rapidement certain de passer un très bon moment.

 

« Red Rising » de Pierce Brown (éditions France Loisirs) : une effrayante dystopie à lire absolument

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Darrow et sa famille vivent sur Mars et font partie d’une colonie de pionniers qui fouillent les entrailles de la planète rouge pour en extraire la matière qui permettra ensuite de la rendre habitable et d’accueillir les habitants de la Terre, planète lointaine mais moribonde. Il y mène une vie dure mais enrichie par l’amour de ses proches et de sa femme adorée, Eo. Mais comme de plus en plus de mineurs, Eo n’est pas satisfaite de son sort et de celui des Rouges, cette catégorie de la population dont ils font partie. Car ce monde et toutes les planètes habites voient leur population divisée en « couleurs », chacune correspondant à un rôle spécifique dans l’organisation et l’administration de leur quotidien à tous. Darrow, Eo et les Rouges sont donc destinés, de génération en génération, à forer, extraire, vivre et mourir sous la surface. Les Obsidiens naissent pour combattre ; les Ors pour diriger ; les Roses pour donner du plaisir ; … . Un ordre établi depuis toujours pour, dit-on aux Rouges, permettre à tous de pouvoir un jour cohabiter en bonne harmonie sur une planète accueillante. Mais un jour, Darrow voit toutes ses certitudes voler en éclats, son amour lui être arraché, et sa vie entièrement bouleversée par des révélations qui vont le conduire à l révolte. C’est le début pour lui d’une transformation définitive qui fait de lui un guerrier et un stratège, et pour ses ennemis d’un changement des codes établis qui ne manquera pas d’en faire tomber plus d’un.

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Contrairement à beaucoup de héros de ces romans à classer dans la veine de la série Hunger Games, Darrow est profondément humain, se trompe, se laisse déborder par ses émotions. Si ses actions sont héroïques, il n’en reste pas moins incroyablement proche de nous – ce qui, évidemment, en fait un roman complexe ! En plus de la dystopie qui, toujours, demande un effort de transposition (schéma de valeurs et organisationnel différents, monde futuriste, technologies omniprésentes, …), c’est un roman grave, sombre, qui s’attache à exposer comment et pourquoi un mouvement aussi complexe qu’une révolution peut naître d’un événement a priori anodin. Darrow est perspicace, intelligent mais aussi naïf et effrayé. Tout comme lui, nous prenons petit à petit conscience de l’injustice de cette organisation pourtant a priori idéale ;à partir de là, aucun sacrifice, aucune souffrance ne le feront renoncer… Tenez-vous le pour dit : si vous n’aimez pas sang, le bruit des membres qui se brisent ou les gémissements de douleurs des mourants, ce roman n’est pas pour vous !

Ce premier tome de Red Rising est donc une lecture exigeante, complexe, impitoyable qui demande au lecteur d’être attentif et lui aussi quelque peu stratège pour se figurer comment Darrow pourra mener à bien un projet révolutionnaire ambitieux et démesuré. Une dystopie passionnante donc, dont la fin donne envie de connaître rapidement la suite!

« La reine du Tearling » d’Erika Johansen (Lattès) * un livre phénomène et bestseller débarque en France

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Kelsea a été élevée dans la forêt, par des tuteurs exigeants mais justes qui lui ont toujours dit la vérité : elle est l’héritière de la Reine Elyssa, et elle sera un jour amenée à gouverner le royaume du Tearling. Mais jusqu’à ce que des guerriers frappent à la porte de leur maison pour l’emmener, cette réalité était largement oubliée au profit des préoccupations d’une jeune fille de son âge : les balades en forêt, la lecture, les leçons, les tâches domestiques, … . Pourtant, le jour de ses dix-neuf ans, tout bascule : non seulement elle abandonne le seul lieu où elle ait jamais vécu et les deux personnes qui avaient jusqu’ici constitué son seul entourage, mais elle est aussi propulsée dans une vie qu’elle n’avait jamais imaginée, emplie de violence, de menaces, de tyrannie. S’en est finit de ses rêves de souveraine juste et de sujets aimants : c’est un royaume exsangue qu’elle découvre, opprimé par des décisions ignobles prises en son temps par sa mère. Traite d’êtres humains, famine, mort, … . Loin des livres qu’elle a lu enfant, la réalité s’impose à elle et la contraint à prendre la seule décision qui soit : aussi apeurée qu’elle soit, c’est à elle de reprendre les rênes de son héritage pour sauver ce royaume qu’elle se prend à aimer et devenir reine.

La reine du Tearling est le premier volet d’une trilogie déjà traduite dans le monde entier et dont les droits cinématographiques ont d’ores et déjà été acquis – Emma Watson est d’ailleurs pressentie pour endosser le rôle de Kealsea Raleigh. Et lorsque l’on referme ce roman fantastique, on comprend sans peine un tel succès : si tous les codes de la fantasy sont là – magie, combats, valeurs chevaleresques, héritage caché, … – l’auteure parvient tout de même à nous plonger dans un univers étonnant, à la fois familier et original. On parcourt à la suite de Kelsea les routes de son royaume et les ruelles malodorantes de sa capitale, on rencontre ses sujets, ses amis, sa Cour et ses ennemis à ses côtés, on se révolte à notre tour face aux situations qu’elle affronte, on se réjouit de ses victoires et on espère ses succès, … . Avec talent, Erika Johansen développe une intrigue passionnante et riche, faisant se croiser des personnages denses, des destins savamment pensés et imbriqués qui se complètent et se répondent. On s’interroge, on se passionne, on admire la plume de l’auteure et sa capacité à nous captiver ainsi. Le rythme est rapide sans être précipité et on aspire page après page à connaitre la suite, se réjouissant dans les dernières pages de constater que la suite s’annonce tout aussi palpitante. En un mot comme en cent, on adore!