La lanterne des morts, Janine Boissard, Fayard

Au cœur du Périgord, Lila et Adèle, deux sœurs, grandissent entourées de l’amour de leur père dès le décès de leur mère. Les deux sœurs sont différentes en tous points. Adèle est douce, discrète, et aime passer son temps dans la nature à chercher des truffes. Lila est belle, joyeuse, coquette, aime le luxe et les hommes. Mais Lila est bipolaire. Une maladie qui a pour conséquences de terribles sautes d’humeur, où la gaieté et le malheur s’effleurent sans juste milieu.

Et toujours, lorsque de tragiques évènements ont lieu dans la famille, Lila sent le besoin de justifier qu’elle n’a rien à voir. Les soupçons commencent à peser. Et lorsqu’Adèle trouve enfin l’amour de sa vie, Vivien, le fils d’amis de leurs parents vivant à quelques kilomètres, elle se méfie. Car Vivien a éconduit Lila pour faire part de ses sentiments à sa sœur. Et Lila n’aime pas perdre.

Pour sauver Vivien, Adèle est prête à tout. Et ce qu’elle va découvrir sur Lila va bouleverser leurs vies à tous. Lire la suite

« La femme comète » d’Alexandre Feraga (Fayard) * une bien belle partition

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Rosa est en deuil de sa mère et malgré le soutien de sa sœur jumelle, elle ne parvient pas à refaire surface. Idéalisant le souvenir de la disparue, elle en veut à son père, musicien talentueux et mondialement connu qu’elle accuse d’avoir abandonné sa famille.

Edouard est l’un de ces innombrables jeunes diplômés qui, malgré des qualifications reconnues, connait les affres d’un chômage de longue durée. Désabusé, il regarde chaque jour ses parents partir travailler au service d’un système qu’il exècre : sa mère est agent à Pôle Emploi, son père agent EDF, et tout deux côtoient sans plus s’en émouvoir la misère humaine. Poète de talent, il noircit des cahiers entiers de réflexions de plus en plus sombres sur la vie, les hommes. Ayant perdu toutes ses illusions, il erre sans but, se complait dans sa spirale infernale. Décidé par la rencontre d’un activiste grec à agir, enfin, pour alerter l’opinion publique, il a décidé d’abattre un homme et met sur pied un plan redoutable.

Dans ce deuxième roman, Alexandre Feraga met donc en scène des personnages dissonants, malmenés par la vie et révoltés  que rien ne devait faire se rencontrer. A priori, rien ne peut les faire à nouveau aimer la vie, malgré toujours le soutien inconditionnel d’une famille qui, si elle ne les comprend pas, est bien décidée à ne pas les abandonner. Mais pour une histoire de religieuses au chocolat et de marathon, Rosa et Edouard vont finalement faire connaissance, se comprendre, s’aimer et renoncer à leurs sombres aspirations. La vie, finalement, n’est peut-être pas si ingrate, et l’avenir peut à deux être envisagé.

Alexandre Feraga relie page après page les destins des personnages, avec beaucoup de sensibilité et d’intelligence ; c’est une véritable partition qui est jouée, faisant se répondre tout d’abord des morceaux dissonants pour finalement aboutir (avec le concours de l’Amour comme chef d’orchestre) à une harmonie envoutante. Une belle réussite donc et un ouvrage poignant et authentique que l’on ne peut que vous recommander.

Petit bémol cependant : la couverture ne rend absolument pas justice au roman…

Tueuses mais pas trop, Stéphanie Mesnier, Fayard

Audrey est mariée au célèbre journaliste Georges Hellis, un homme narcissique qui la trompe à tout va.
Camille, jeune maman dont le mari n’est que peu présent car accaparé par son travail, subit au quotidien sa belle-mère envahissante et ses remarques odieuses.
Toutes deux souffrent de cette situation.

Heureusement, il y a LA solution à leurs problèmes : le club très fermé des Bloody Ladies. Un club de femmes qui œuvrent pour libérer d’autres femmes de leur souffrance. Parce qu’elles-mêmes sont passées par là, parce qu’elles connaissent ce qu’endurent ces femmes, parce qu’elles ont décidé de ne plus se laisser faire.

Le principe est simple : la jeune femme qui vient les trouver devra aider une autre femme du groupe en éliminant « l’encombrant » qui nuit à sa vie. (Eliminer, oui oui vous avez bien lu !) Une fois l’épreuve passée, elle sera elle aussi débarrassée de son propre encombrant.
Rachel, proche amie de Camille et membre des Bloody Ladies, va proposer cette solution à la timide et soumise Camille, dont la cible ne sera autre que le célèbre George Hellis…

Original, ce roman est totalement déjanté, drôle et féministe au possible. Pas de femmes soumises, dépressives et malheureuses. Que des tigresses, des femmes pleines de vie qui ne lâchent rien, n’ayant pour unique but le bien-être de leurs semblables. L’histoire en elle-même est un peu glauque mais l’écriture de l’auteure, pleine d’humour nous fait vite oublier le côté amoral du club des Bloody Ladies. On s’attache vite aux filles du groupe, immorales mais pas trop, tueuses mais pas trop, qui sont aussi gentilles et généreuses que cyniques et machiavéliques.

La couverture girly illustre parfaitement l’histoire, mettant en scène ces incroyables femmes qui n’éprouvent pas le moindre sentiment de culpabilité face à leurs victimes.

« Il ne s’agit pas de bien et de mal. Mais de survie. Nous cultivons une conception immoraliste de la morale ».

Telles sont les paroles de Rachel à Camille. Camille, le personnage faible de ce groupe, soumise, dominée, manquant cruellement de confiance en elle, en qui va s’opérer un incroyable changement. Vouloir supprimer sa belle-mère, immoral ? Mais grâce au groupe, elle va retrouver sa féminité, la confiance, la bonne humeur, et la pression va s’envoler.

Des actions immorales à des fins bénéfiques… Messieurs, vous ne verrez plus jamais les femmes comme le sexe faible !

kitty