Tout quitter, Anaïs Vanel, Flammarion

« Un jour, j’ai acheté un Berlingo. J’ai mis quelques cartons dans le coffre et je suis partie. J’ai pris la route comme ça. Après ma journée de boulot, comme on part en week-end. J’ai avalé les kilomètres, en écoutant King of the Road de Roger Miller. Et enfin. Les pins. Les dunes. Les embruns. L’appartement. J’ai éventré les cartons. Trouvé mon maillot de bain. Et je suis allée me jeter dans les vagues. » Lire la suite

« Et que nos âmes reviennent » de Sabrina Philippe (Flammarion) – déstabilisant roman

Autant le dire d’emblée, j’ai eu du mal à entrer dans ce roman, me demandant où il pourrait me mener, m’interrogeant sur les enchainements des chapitres, a priori décousus. Pourtant, une fois une cinquantaine de pages lues, il m’est devenu difficile de m’en extirper, qu’il s’agisse de la lecture elle-même ou des réflexions engendrées par ce roman. Un roman qui, s’il ne m’a pas touchée autant peut-être que d’autres lecteurs, m’a troublée, m’a interrogée, m’a mise face à certaines de mes peurs, mais aussi certains de mes plus grands espoirs.

Car ce roman de Sabrina Philippe parle des amours qui jalonnent nos vies – la mienne, les vôtres, mais aussi nos vies d’avant. Des amours qui nous font grandir, des amours qui nous font souffrir, mais aussi de l’évidence de l’amour… qui n’en est pas toujours une. Nous y suivons en effet le parcours d’une femme bien dans sa tête, bien dans son corps, qui va tomber irrémédiablement amoureuse d’un homme qui, peu à peu, l’amènera à sombrer d’elle-même ; psychologue, elle connait pourtant le schéma des amours toxiques, mais cet homme qu’elle admire – aime ? – lui offre toutes les apparences qu’elle avait toujours crues tenir de l’amour : la beauté d’un couple harmonieux et envié, le bonheur des sorties à deux dans de magnifiques endroits, cette installation à deux qui fait tant rêver, des voyages dans le cadre d’une carrière brillante aux quatre coins du monde, …. Pourtant, l’intime n’y est pas. Pire, de petites piques lancées en guise de conclusion à leurs conversations en gestes attribués à la colère, elle perd sa confiance en elle, son éclat, s’isole, se retire du monde, refuse de se regarder en face. Le mécanisme, elle le connait bien ; mais il s’agit d’elle et de quelque chose qu’elle ne maitrise pas. Dont elle souhaite comprendre les origines sans se douter que cela remettra en cause ses croyances, ses projets, sa vision d’elle-même et de sa place dans le monde.

J’ai été… subjuguée par ce texte – je ne saurais dire si je l’ai aimé ou pas, mais je sais que je m’en souviendrai et que les questions qu’il a soulevé en moi me poursuivront longtemps.

 

« Les Colombes du Roi Soleil – Les Comédiennes de Monsieur Racine » par Anne-Marie Desplat-Duc (Flammarion) * une jolie lecture à partager

C’est l’effervescence à la Maison Royale de Saint-Louis, cet établissement créé par Madame de Maintenon et dans lequel évoluent jusqu’à leur vingtième anniversaire des jeunes filles de la noblesse de la France entière : Monsieur Racine, le célèbre dramaturge qui ravit la Cour de ses merveilleuses pièces, a décidé que la dernière d’entre elles serait jouée par ces jeunes filles si bien éduquées. Pour Isabeau, Charlotte, Hortense et Louise, ce spectacle revêt différents attraits : pour l’une, l’émancipation des règles si strictes de la pension, pour l’autre la rencontre avec un jeune homme qui fera battre son cœur, … Pour toutes, de nouvelles opportunités de se forger un avenir dans les meilleures conditions et le bonheur de côtoyer le Roi et la Cour.

Anne-Marie Desplat-Duc pose dans ce premier tome de la très jolie série Les Colombes du Roi Soleil les bases d’une collection historique rigoureuse et passionnante, et s’attache tout à la fois à décrire aux jeunes lecteurs (lectrices) les us et coutumes d’une époque et d’un cadre qui ne manquent jamais de faire rêver : étiquettes, religion, hiérarchie sociale, privilèges, importance de la naissance et de l’éducation, alliances matrimoniales et amour courtois, … Nos petites pensionnaires, toutes différentes mais ô combien attachantes, nous guident dans ce labyrinthe de convenances avec la fraicheur de leur âge et leur conscience aigüe du privilège d’être instruites, à une époque où le rôle des femmes se cantonne habituellement au foyer. On se passionne pour leurs histoires d’amitié et de cœur, on se réjouit avec elles de leurs rencontres avec la Cour et de leur foi en l’avenir, on découvre avec elles l’importance de comprendre les codes des sociétés dans lesquelles on évolue ou encore celle d’avoir conscience de soi et de ses différences dans un microcosme qui gravite autour du Roi, de ses passions et de ses familiers. Et comme souvent à la  Cour, les mystères ne sont jamais bien loin… de quoi sainement occuper les esprits de ces demoiselles !

Voici donc une entrée en matière réjouissante, qui ne peut que donner envie de retrouver les pensionnaires de Saint Cyr dans leurs prochaines aventures royales.

« La Malédiction de la zone de confort » de Marianne Levy (Pygmalion) * coup de cœur absolu

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eamParce que c’est vendredi et que le vendredi il est indispensable de se faire plaisir, voici

LE conseil du jour : LISEZ La Malédiction de la zone de confort

de Marianne Levy, probablement l’une des meilleures comédies romantiques que j’aie lues les derniers temps (et vous savez que nous en lisons quelques-unes par mois !!!)

Marianne Levy, si elle s’était déjà autoéditée, signe ici son premier roman paru en librairie. Membre du collectif TeamRomCom – 6 auteures qui défendent la comédie romantique de tout leur talent et l’écrivent avec brio -, elle signe ici une déclaration d’amour à ce genre que nous affectionnons tant et qui souvent est dénigré (uniquement par celles et ceux qui, dans la vie, n’accordent pas suffisamment de crédit et d’importance à l’amour et aux relations humaines).

Critique de séries télévisées, elle nous entraine dans son univers en narrant l’histoire au début douce-amère de Rose, qui cherche à décrocher son entrée dans le monde impitoyable de la TV. Pourtant, le jour où l’opportunité se présente, elle enchaine les catastrophes et découvre sidérée les règles d’un monde sans pitié dans lequel elle semble ne pas pouvoir survivre (enfin, son personnage). Pour couronner le tout, elle est désespérément célibataire et incontestablement amoureuse d’un troubadour du Moyen-Âge dont le recueil de poésie (seul remède contre son romantisme d’une autre époque) qu’elle avait l’habitude d’emprunter à la bibliothèque a disparu depuis des semaines. Un concours de circonstances dont elle risque bien de ne pas sortir indemne.

De son côté, Ben est scénariste en mal d’inspiration noyé dans ses idées noires, irréversiblement allergique à l’amour et au romantisme, et que ses amis de toujours ont bien du mal à comprendre. C’est cependant pour aider l’un d’entre eux, Vlad – producteur de son état – qu’il accepte de remodeler le scénario d’une série qui veut faire date. Sans le savoir, il se lance alors dans une aventure risquée au cours de laquelle il lui faudra bien se rendre à l’évidence : il n’y a pas vraiment de hasard, seulement … des concours de circonstances.

Vous l’aurez compris, ils vont se rencontrer – mais ce n’est pas l’important. Ce qui compte vraiment, c’est qu’ils vont s’apprivoiser et apprendre à se comprendre… et là vous allez vous régaler !

C’est fin, c’est drôle, c’est extrêmement intelligent et terriblement authentique (je vous parie que vous allez vous retrouver dans une ou deux (voire beaucoup plus) de répliques – « (…) mes hauts sont plutôt moyens et mes bas sont bien en dessous du niveau de la mer. J’ai beau chercher, je ne trouve aucune bonne raison de le cacher » – qui vont devenir cultes !). C’est léger sans être bête, c’est romantique sans être mièvre, c’est touchant sans tomber dans le pathos. Marianne Levy maîtrise les mots et les émotions avec le même talent, et on en redemande.

PS : quelle couv! Mais quelle couv!!!

PSS : elle signe avec la TeamRomCom un recueil à paraître en novembre aux éditions Charleston, Y aura-t-il trop de neige à Noël?… A suivre!

Plus folles que ça tu meurs, Denise Bombardier, Flammarion

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Cinq femmes. Cinq amies. Elles approchent de la soixantaine, et si leur vie en général fut plutôt une réussite, l’amour, lui ne s’est pas véritablement installé. Elles dévoilent tout, sans tabous et sans complexes, de leurs vies et de leurs sexualités. Car non, à 60 ans, la vie sexuelle et l’amour ne s’arrêtent pas.

Agnès revit un coup de foudre, se sentant à nouveau jeune grâce au beau et galant Charles qui va lui faire revivre la fougue de ses 20 ans. Jeanine qui enchaine les croisières et les aventures d’une nuit, Claudine qui vit chaque coup de cœur comme si elle avait encore 20 ans. Pauline avec son franc-parler, et Marie qui s’abandonne au point de se perdre.

A travers le point de vue d’Agnès, qui nous raconte son coup de cœur, sa vie de famille, sa relation complexe avec sa fille, nous découvrons que la sexualité ne s’arrête pas à 6 ans. Elle peut au contraire s’exacerber et prendre des dimensions que l’on n’aurait jamais pu soupçonner. Lire la suite

« La malédiction de Gabrielle 2, A l’ombre du diable » – Andrea Japp (Flammarion) * un deuxième tome réussi

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1348. La peste noire sème la peur et la mort dans le royaume de France et dans toute l’Europe. Les Français meurent par centaines de milliers, abandonnant aux bêtes et aux pillards des quartiers, voire des villes entières. Des familles disparaissent, des enfants deviennent orphelins, des hommes veufs, des femmes chefs de familles. Aucun doute, la société française dans son ensemble se trouve bouleversée.

C’est dans ce contexte que nous retrouvons Gabrielle, héroïne de cette saga historique que nous avions laissé tout juste rescapée de la Peste, et en deuil de son premier enfant, mort avant même de naître. Mais plutôt que de se morfondre, la jeune femme décide de faire de ce coup du sort une force, et de tirer parti de la confusion ambiante. Faisant fi des valeurs que sa bonne éducation lui a inculquées depuis sa naissance, Gabrielle va apprendre à travestir la vérité, à manipuler les sentiments, les apparences et les hommes, et surtout, prendre en mains son destins. Lancée sur les routes avec sa fidèle Adeline, elle sillonne une France exsangue et traumatisée et joue de son statut de femme présumée enceinte. La jeune femme se révèle alors pleine de ressources : qu’il s’agisse de trouver nourriture, vêtement ou protection, Gabrielle relève tous les défis. Et si finalement cette Peste et ses conséquences s’avéraient pour elle être le tournant décisif de sa vie ?

Avec toute la rigueur historique que nous lui connaissons, Andrea Japp déroule un deuxième opus bien plus convaincant que le premier tome qui nous avait laissé un amer goût de déception. L’intrigue est plus dense et plus intéressante, les obstacles auxquels les deux femmes font face et les ressources qu’elles déploient pour les dépasser enrichissent un roman historique à la hauteur de ce qu’a l’habitude de nous offrir Andrea Japp. On aime toujours autant la façondont l’auteur mêle fiction et Histoire, nous donnant à voir tout à la fois les mœurs d’une époque, mais aussi les impitoyables jeux de pouvoir à la Cour, les superstitions qui motivaient les hommes, la géopolitique d’une Europe décimée et en proie à d’éternelles guerres, les avancées si lentes de la science, … On se passionne aussi et en parallèle pour un destin de femme forte, déterminée à atteindre ses objectifs et à braver des interdits que seuls ses jupons lui imposent. C’est – enfin ! – dans l’adversité de ce deuxième tome que le personnage de Gabrielle prend du corps et déploie ses ailes et son potentiel. De quoi nous laisser espérer un troisième tome extrêmement intéressant !

Une femme, Janine Boissard, Flammarion

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Janine Boissard est l’une des plus populaires romancières françaises, et j’avoue n’avoir jamais ouvert un seul de ces livres, qui ont pourtant été nombreux, et pour beaucoup adaptés en films ou séries télévisées.  L’esprit de famille, Une femme en blanc, Marie-tempête… ça vous parle ?

Après avoir écrit de nombreux romans, Janine Boissard se lance cette fois dans quelque chose de plus personnel, plus intime. Une autobiographie dans laquelle elle dévoile son enfance, ses difficultés à l’école, et son rêve ; devenir écrivain. Rêve qui quelques années plus tard, se réalisera.  Elle raconte sa jeunesse, son mariage, ses enfants, puis par la suite ses petits-enfants. Elle nous narre sa vie d’écrivain, les rencontres qui ont changé sa vie, ses succès, ses échecs. LA vie d’une femme avec ses hauts et ses bas, ses rêves, ses espoirs. Lire la suite

Le fléau de Dieu, Andrea H. Japp, Flammarion

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« 1347. La Peste noire frappe le port de Marseille. 1348. Paris. Gabrielle d’Aurillay, 20 ans, mariée depuis deux ans à Henri, enceinte, est convaincue d’avoir épousé un prince charmant, en dépit de la modicité de leurs moyens. Jusqu’au jour où, atterrée, elle découvre que son époux n’est pas qui elle croit. Joueur, trousseur de puterelles, escroc, il est aussi en possession d’un diptyque énigmatique. Que recèle ce tableau ? Que signifient les phrases écrites en hébreu qu’il dissimule ? Est-il porteur d’un lourd secret, d’un message occulte ? Geoffroy d’Aurillay, chanoine et cousin d’Henri, connaît cette oeuvre et met tout en branle pour s’en emparer. Quand la peste gagne Paris, le destin de tous bascule. Gabrielle doit enfin devenir la femme qu’elle ne rêvait pas d’être : celle qui décide et se prend en main. Au péril de sa vie comme de celle des siens. Y parviendra-t-elle ? Et si seul Dieu – ou le diable – connaissait la réponse ? »

Sweetie en avait parlé il y a quelques temps, et c’est également une déception pour ma part.

L’histoire, écrite en vieux français, n’est pas toujours évidente à suivre ; il m’a fallu relire plusieurs fois les phrases pour en comprendre le sens, ce qui coupe la lecture de manière constante et ne permet pas de s’immiscer dans l’histoire. Au contraire, confusion et incompréhension s’installent.

S’ajoute à cela une foule de notes de bas de page. Chaque page en possède et pas qu’une seule… Et elles accentuent malheureusement les coupures dans la lecture, en plus du texte déjà difficile à suivre. Ce qui ne pas permit d’apprécier l’histoire à sa juste valeur, qui pourtant m’avait paru intéressante.

Déception me concernant mais ce livre correspondra plutôt aux amateurs d’Histoire et surtout, amateurs de vieux français !

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« Les aventures de Guilhem d’Ussel, chevalier troubadour – L’évasion de Richard Cœur de Lion et autres aventures » de Jean d’Aillon (Flammarion) * un régal d’histoires et d’Histoire

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Quel plaisir de retrouver Guilhem d’Ussel dans ces nouvelles aventures à travers l’Europe moyenâgeuse. Avec le talent, l’intelligence et le courage que nous lui avons découvert notamment dans Marseille, 1198 et De taille et d’estoc, notre valeureux et repenti chevalier troubadour entreprend de se racheter de certaines actions et décisions malheureuses prises dans sa jeunesse en volant non seulement au secours des faibles, des femmes et des opprimés, mais aussi à celui de la justice.
Car au Moyen-âge comme aujourd’hui, les hommes et les femmes étaient enclins à persécuter leurs semblables au nom de leurs ambitions et de leurs intérêts, malmenant, tuant, torturant sans toujours de raison valable. Au cours de ses pérégrinations et de ses rencontres, le voici lancé dans une affaire visant à libérer Richard Cœur de Lion de sa prison dorée, dans une enquête cherchant à dénoncer les manigances d’une épouse ou d’une sœur, à dévoiler des complots redoutables, à percer le mystère de soi-disant miracles ou encore à rendre justice à un village opprimé. Page après page, Jean d’Aillon nous rappelle à quel point Guilhem nous est sympathique malgré ses défauts et ses errances passées et en fait un enquêteur hors pair bientôt sollicité par ses contemporains. Les faits historiques sélectionnés par l’auteur sont passionnants et constituent de parfaits décors aux aventures de notre chevalier troubadour ; les personnages et faits historiques se mêlent admirablement aux éléments nés de l’imagination de Jean d’Aillon, formant un ensemble cohérent et un roman historique de haut vol.
Jean d’Aillon nous donne à voir une nouvelle fois toute l’étendue de son talent, nous régalant d’Histoire et d’histoires, nous faisant rêver d’amour courtois et de joutes hardies, de preux chevaliers, de gredins diaboliques, et nous ouvrant les portes d’une époque résolument riche et complexe.